Plus de détails

George Enescu (1881-1955) : Aria dans le genre roumain, Sarabande  ; Eugène Ysaÿe (1858-1931) : Sonate op. 27 n°3 ; Jean Martinon (1910-1976) : Sonatine n°5 op. 32/1 ; Arthur Honneger (1892-1955) : Sonate  ; Igor Stravinsky (1882-1971) : Elégie, La Marseilleise ; Darius Milhaud (1892-1974) : Sonatine pastorale op. 383  ; André Jolivet (1905-1974) : Incantation « Pour que l’image devienne symbole » ; Yoshihisa Taïra (1937-2005) : Convergence III ; Iannis Xenakis (1922-2001) : Mikka. 1CD. Indesens. Référence : INDE 026. Code barre : 3760039839206. Enregistré à Paris (Eglise Evangélique Saint Marcel) en avril 2010. Notice bilingue (français, anglais). 68’20’’.

 

Musiciens français ou étrangers ayant travaillé à Paris, tous les compositeurs réunis sur le disque « Solo Migration » d’, deuxième violon solo de l’Orchestre de Paris, ont un lien étroit avec la culture de l’Hexagone. Un programme des plus inhabituels qui apporte un incontestable vent de fraîcheur sur les one man shows violonistiques trop souvent cantonnés au même répertoire.

La seule pièce véritablement connue de ce récital est la Sonate n°3 d’, plutôt réussie même si elle ne détrône pas les belles versions de Zimmermann (EMI), Korcia (Lyrinx) ou, dernièrement, Kolly d’Alba (Warner) -pour ne citer que les intégrales. On lui préférera les pièces moins souvent gravées comme, par exemple, la Sonatine de Martinon dont la première partie, très intense, laisse Chijiwa déployer des aigus incandescents et la seconde nous prouver toutes ses facultés d’articulation. La ligne claire de la Sonatine pastorale de Milhaud semble dessinée au fusain et l’Incantation d’, devant être entièrement jouée sur la corde grave du violon (sol), fait montre de magnifiques couleurs. Le virtuose navigue très intelligemment dans les méandres folkloristico-chromatiques des pièces d’Enescu proposées ici (deux premiers enregistrements mondiaux de partitions un peu en deçà de la fameuse Sonate n°3) et trouve le juste ton méditatif de l’Elégie de Stravinsky, dont la transcription de La Marseilleise n’est qu’anecdotique.

On découvre avec bonheur la Convergence III de Yoshiba Taïra, compositeur japonais naturalisé français disparu en 2005. Ecrite en 1976, la pièce exige un accord inhabituel de l’instrument (scordatura) –en l’occurrence sol bémol –mi bémol- lafa au lieu de sol-ré-la-mi. Cela apporte évidemment des couleurs singulières et une brillance supplémentaire à la sonorité. Les pizzicati au bord de la rupture et les effets qu’ décrit comme proches de « l’ambiance offerte par un joueur de flûte bambou « Shinobue » » achèvent de rendre cette page passionnante. Tout aussi surprenante, Mikka de Xenakis est une pièce interdisant tout vibrato et étant essentiellement composée de glissandi calculé par ordinateur ! Autant dire que son interprétation est un tour de force magistralement réussi par le Japonais qui, en jouant sur ces effets, va presque jusqu’à donner l’impression de tenir une guitare électrique entre les mains… Seule ombre au tableau, un prise de son un peu proche qui laisse parfois entendre le bruit des doigts frappant lourdement la touche de son instrument, construit par Omobono Stradivari (troisième fils d’Antonio) en 1740 (Allegro giocoso des Airs dans le genre roumain d’Enescu, Presto de la Sonate d’Honegger, etc. ). Cela n’entache toutefois pas la qualité de cette interprétation très réussie d’un programme aussi original que culotté.

Plus de détails

George Enescu (1881-1955) : Aria dans le genre roumain, Sarabande  ; Eugène Ysaÿe (1858-1931) : Sonate op. 27 n°3 ; Jean Martinon (1910-1976) : Sonatine n°5 op. 32/1 ; Arthur Honneger (1892-1955) : Sonate  ; Igor Stravinsky (1882-1971) : Elégie, La Marseilleise ; Darius Milhaud (1892-1974) : Sonatine pastorale op. 383  ; André Jolivet (1905-1974) : Incantation « Pour que l’image devienne symbole » ; Yoshihisa Taïra (1937-2005) : Convergence III ; Iannis Xenakis (1922-2001) : Mikka. 1CD. Indesens. Référence : INDE 026. Code barre : 3760039839206. Enregistré à Paris (Eglise Evangélique Saint Marcel) en avril 2010. Notice bilingue (français, anglais). 68’20’’.

 
Mots-clefs de cet article

Banniere-ClefsResmu-ok

Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.