Concerts, La Scène, Musique de chambre et récital

Janine Jansen et Itamar Golan sous le signe du dynamisme et de la liberté

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Paris, Salle Pleyel, 12-V-2011. Claude Debussy (1862-1918) : Sonate pour violon et piano en sol mineur ; Franz Schubert (1797-1828) : Sonate pour violon et piano en la majeur « Grand Duo » D. 574 ; Olivier Messiaen (1908-1992) : Thème et variations ; Maurice Ravel (1875-1937) : Sonate pour violon et piano n° 2 en sol majeur. Janine Jansen, violon ; Itamar Golan, piano.

Dès la Sonate de Debussy, au début du concert, est profondément investie dans la musique, comme si elle jouait déjà depuis quelques heures sur scène. La fluidité musicale est plus qu’évidente, s’adaptant librement au rythme et à l’humeur de chaque page de la partition. Suit un Schubert très énergique dont le jeu évoque plus un grand concerto qu’une musique de chambre. Dans le «Scherzo», on perçoit un fascinant contraste entre les deux parties extrêmes et le trio médian. Le pianiste met considérablement en valeur le talent de la jeune violoniste, tout en montrant lui-même les excellentes capacités de chambriste qui ont fait sa réputation internationale.

La deuxième partie commence par une œuvre de jeunesse de Messiaen, composée en 1931. Le thème lent et languissant est suivi de cinq variations plus ou moins modales, dont certains passages annoncent des caractéristiques rythmiques propres aux œuvres plus tardives du compositeur. Ici aussi, la violoniste joue avec une liberté surprenante : chaque note est source d’un foisonnement si vivifiant que rien n’est jamais statique. Cela est encore plus vrai quand elle donne, à la dernière variation, essentiellement constituée de notes à valeur très longue, un mouvement et une intensité époustouflants, grâce à un son d’une incroyable richesse. Dans la Sonate de Ravel, elle fait montre de son grand sens stylistique, passant d’un caractère à un autre, avec, encore une fois, une liberté prodigieuse. Le dernier mouvement virtuose, «Perpetuum mobile», est absolument éblouissant.

Pour clore la soirée, Jansen et Golan proposent une œuvre du compositeur suisse Richard Dubugnon (né en 1968), écrite pour les deux musiciens. Dans la veine de Ravel et de Debussy, la pièce est également marquée par quelques souvenirs nostalgiques (valse, chanson…). C’est une bien agréable manière de clôturer ce programme presque entièrement français, qui nous a confortée dans notre sentiment que, de par sa conception de la musique très dynamique, sa présence et son aisance scéniques toujours étonnantes, ainsi que sa sonorité dense et chaude, Jansen se classe parmi les plus doués de la jeune génération de violonistes.

Crédit photographique : photo © Felix Brœde

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Paris, Salle Pleyel, 12-V-2011. Claude Debussy (1862-1918) : Sonate pour violon et piano en sol mineur ; Franz Schubert (1797-1828) : Sonate pour violon et piano en la majeur « Grand Duo » D. 574 ; Olivier Messiaen (1908-1992) : Thème et variations ; Maurice Ravel (1875-1937) : Sonate pour violon et piano n° 2 en sol majeur. Janine Jansen, violon ; Itamar Golan, piano.

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