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Robert Schumann (1810-1856) : Carnaval op. 9, Etudes symphoniques op. 13, Papillons op. 2. Michaël Levinas, piano. 1 CD SAPHIR LVC 1093. Code barre : 3760028690931. Enregistré en juillet 2009 au Grand Auditorium de la Bibliothèque Nationale de France. Notice de présentation en : Français et Anglais. Durée : 74’26mn.

 

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Dans son dernier disque, renoue avec le compositeur de ses débuts discographiques, nous entraînant dans l’imaginaire fantasque du jeune , un monde bercé par le chant de la nature et peuplé de figures allégoriques.

Son Carnaval ne manque pas de piquant. Tour à tour espiègle ou grave, il déroule pour nous un drame romantique au sens shakespearien ou hugolien du terme, dans la mesure où les pantomimes d’un Arlequin, la coquetterie d’une Colombine ou la paresse de Pierrot côtoient la tendresse d’Eusebius, les soupirs de Chopin et le rire méphistophélique de Paganini. Cette proximité permanente entre le grotesque et le sublime est parfaitement articulée et, malgré quelques pesanteurs (ne pas se laisser rebuter par le Préambule !), Levinas nous propose une version tout à fait honnête de ce «bestiaire» empruntant à la commedia dell’arte et à la scène musicale du temps de la Neue Zeitschrift für Musik fondée par Schumann.

Les Etudes symphoniques font naturellement appel à une fibre plus tragique et épique à la fois. Du Thème en forme de marche funèbre à l’Etude XII, ultime et triomphale variation, Levinas emprunte un parcours initiatique et semble lui-même en quête de rédemption. Le chemin parcouru est très convaincant dans l’ensemble, grâce à un jeu foudroyant de franchise (Etudes V, VI, VII et VIII). Dans un déchaînement harmonique, le pianiste soulève un immense espoir, affirmant avec force la revanche de la vie sur l’adversité (Etudes IV, IX, X, XII). Au terme de cette incroyable odyssée, Levinas laisse l’auditeur pantelant mais ravi.

Pour refermer cette incursion dans ce qu’il appelle le «piano-espace» de Schumann, Levinas nous régale des Papillons, douze courtes pièces encadrées par un thème enfantin et primesautier. Là encore, il touche juste la plupart du temps. Les passages aériens sont remarquablement bien rendus : loin de les transformer en lambeaux évanescents et translucides, Levinas préserve leur matière pour y apposer ses touches de couleurs. On regrette en revanche qu’il ne fasse pas preuve de la même souplesse dans les pièces plus telluriques, qui sentent davantage le minerai de fer que le foin des champs au-dessus desquels s’ébattent d’ordinaire les papillons.

Mais on retient d’abord de ces enregistrements une grande simplicité d’âme face à la difficulté technique, ainsi que l’envie de défendre et d’illustrer, plus qu’une musique, une poésie. Et c’est véritablement ainsi que Levinas joue Schumann : en poète.

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Robert Schumann (1810-1856) : Carnaval op. 9, Etudes symphoniques op. 13, Papillons op. 2. Michaël Levinas, piano. 1 CD SAPHIR LVC 1093. Code barre : 3760028690931. Enregistré en juillet 2009 au Grand Auditorium de la Bibliothèque Nationale de France. Notice de présentation en : Français et Anglais. Durée : 74’26mn.

 
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