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Liszt par Le Guay… du grand art !

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Franz Liszt (1811-1886) : Après une Lecture de Dante : Fantasia quasi Sonata en ré mineur. Extrait des Années de pèlerinage, deuxième année : Italie, S 161 ; Sonate pour piano en si mineur, S 178 ; Ballade n° 2 en si mineur, S 171. Claire-Marie Le Guay, piano. 1 CD Accord 4764244. Enregistré à l’Espace de Projection de l’Ircam (Paris) en octobre 2010. Notice bilingue (français, anglais). Durée : 68’08’’

 

L’année Liszt s’annonce riche et prometteuse. Sa musique en a grand besoin car si le personnage jouit d’une renommée exceptionnelle et pérenne, son œuvre se tient trop discrètement dans l’ombre, marquée par quelque malédiction tenace dont l’origine demeure incertaine. Il est vrai que les amplitudes stylistiques du Hongrois ont de quoi surprendre davantage les auditeurs et amateurs mélomanes que les esthétiques nettement plus circonscrites d’un Chopin ou même d’un Schumann par exemple. Sans doute va-t-elle contribuer au succès des multiples commémorations programmées avec cet enregistrement de premier plan, de trois œuvres phares pour le piano du plus fameux pianiste, improvisateur, transcripteur, romantique… du XIXe siècle européen. Les Années de pèlerinage résultent selon les propres termes du compositeur «d’émotions profondes…, d’une communication inexplicable mais certaine.» Et de préciser : «J’ai essayé de rendre en musique quelques-unes de mes sensations les plus fortes, de mes plus vives perceptions». On sait qu’il en résulta nombre de pages inspirées et inoubliables.

Après une lecture de Dante, dont le titre est emprunté à un poème de Victor Hugo mais aussi à la fréquentation de la Divine Comédie, regorge de thèmes généreux, d’idées échevelées, de fulgurances qui aujourd’hui encore les rendent modernes et proches de nous. en restitue très habilement les obsessions, la fébrilité, les visions, les chants d’amour tout comme les moments théâtraux. Elle aborde la fameuse et monumentale Sonate en si mineur, composée en 1852-53 et dédiée à Robert Schumann, copieux plat de résistance, avec une solidité et une sensibilité en tout point remarquables, se classant ainsi dans le peloton de tête des interprètes les plus inspirés et inspirants de cette unique production de l’histoire du piano. La force et la détermination le partagent avec la délicatesse et la romance. La pianiste sort grandie de cette confrontation à l’issue a priori incertaine. Son disque se termine par la Ballade n° 2 (1853) dans la même tonalité que la Sonate. Moins connue, moins aboutie, moins célébrée, elle opte pour davantage de concentration et d’intériorisation sans renier la virtuosité. Son thème mélodique et lyrique s’oppose au vif motif rythmique et à la richesse harmonique de la partition. Là encore, Claire-Marie Le Guay joue merveilleusement. Sa maîtrise technique redoutable lui permet de pénétrer au cœur du monde lisztien si protéiforme et extravagant. Alors en route pour d’autres enregistrements de l’abbé Liszt ?

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Franz Liszt (1811-1886) : Après une Lecture de Dante : Fantasia quasi Sonata en ré mineur. Extrait des Années de pèlerinage, deuxième année : Italie, S 161 ; Sonate pour piano en si mineur, S 178 ; Ballade n° 2 en si mineur, S 171. Claire-Marie Le Guay, piano. 1 CD Accord 4764244. Enregistré à l’Espace de Projection de l’Ircam (Paris) en octobre 2010. Notice bilingue (français, anglais). Durée : 68’08’’

 
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