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Il Giardino Armonico, Bach et l’Italie

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Paris. Cité de la Musique. XV-VI-2011. Arcangelo Corelli (1653-1713) : Concerto grosso n°4 en ré majeur op.6 ; Francesco Conti (1682-1732) : Cantate « Languet anima mea » BWV deest 1006 ; Giuseppe Torelli (1658-1709) : Concerto en ré mineur pour violon, cordes et basse continue ; Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Psaume 51 « Tilge, Höchster, meine Sünden » BWV 1083. Roberta Invernizzi, soprano ; Bernarda Fink, mezzo-soprano ; Il Giardino Armonico, direction : Giovanni Antonini

Dans le cadre de sa 5e Biennale d’art vocal, la Cité de la Musique recevait , qui accompagnait deux chanteuses dans du répertoire italien recopié, revu ou parodié par . C’est pourtant le célèbre ensemble milanais qui fit la plus forte impression lors de ce concert, notamment à travers les compléments de programme.

Corelli tout d’abord, et un concerto grosso da chiesa (d’église) tiré de l’opus 6. Dans une formation réduite, que ce soit du côté des cordes ou du continuo (treize instrumentistes en tout), les musiciens, en particulier les violonistes solistes et , rivalisent de virtuosité, d’aisance, capables également de subtiles nuances. On retrouve ces qualités dans le concerto pour violon de Torelli, connu dans l’histoire de la musique pour être le père du genre.

Entre ces deux pièces concertantes, les instrumentistes proposaient avec la soprano une rareté, la cantate « Languet anima mea » de Conti, que Bach fit connaître après l’avoir recopiée (1716), puis arrangée (en ajoutant hautbois et orgue…). Proposée dans sa version initiale, l’œuvre qui est tout sauf fade (amour pour le Christ…) pâtit du manque d’engagement de la soliste, malgré une voix au large ambitus.

La soprano était rejointe en seconde partie par dans le Stabat Mater de Pergolèse (que la mezzo-soprano avait déjà chanté dans cette même salle en 2010 à l’occasion du tricentenaire de la naissance du compositeur), ou plus exactement la version de Bach d’après ce Stabat Mater, sur le texte du Psaume 51, en langue allemande : « Tilge, Höchster, meine Sünden » (procédé de la parodie).

La partition de Bach, vraisemblablement datée des années 1744-1747, a été redécouverte au milieu du XXe siècle et diffère quelque peu de l’original, notamment le Amen final interprété successivement en mineur puis en majeur. Malgré la qualité des instrumentistes d’, on reste circonspect sur la prestation des chanteuses, trop souvent le nez dans la partition. Tout est très (trop) contrôlé, retenu, et les voix ont du mal à passer l’orchestre, fut-il réduit comme c’était le cas ici. On ressort plus impressionné que réellement touché.

Crédit photographique : © DR

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Paris. Cité de la Musique. XV-VI-2011. Arcangelo Corelli (1653-1713) : Concerto grosso n°4 en ré majeur op.6 ; Francesco Conti (1682-1732) : Cantate « Languet anima mea » BWV deest 1006 ; Giuseppe Torelli (1658-1709) : Concerto en ré mineur pour violon, cordes et basse continue ; Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Psaume 51 « Tilge, Höchster, meine Sünden » BWV 1083. Roberta Invernizzi, soprano ; Bernarda Fink, mezzo-soprano ; Il Giardino Armonico, direction : Giovanni Antonini

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