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Les Préraphaélites à Orsay, échos du Mouvement esthétique

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Paris, Auditorium du Musée d’Orsay. 16-VI-2011. Frank Bridge (1879-1941) : Fantaisie pour quatuor avec piano H. 94 ; 3 Idylles pour quatuor à cordes H. 67 ; Edward Elgar (1857-1934) : Salut d’amour pour violon et piano op. 12 ; Chanson de matin et Chanson de nuit op. 15 ; Ralph Vaughan Williams (1872-1958) : The house of life ; Five mystical songs. Christopher Maltman, baryton ; The Nash Ensemble of London : Ian Brown, piano ; David Alberman, Laura Samuel : violon ; Laurence Power : alto ; Paul Watkins : violoncelle

Pour clôturer le cycle consacré aux Préraphaélites, qui a offert notamment le plaisir, rarissime en France, d’une opérette de Gilbert et Sullivan, le Musée d’Orsay convoque Dante Gabriel Rossetti. Ce poète et peintre fut l’un des inspirateurs du « mouvement esthétique », qui fera l’objet d’une prochaine exposition. Le symbolisme de ses sonnets forme un intéressant contraste avec la piété robuste de Georges Herbert (1594-1633), tandis que le style dépouillé de Vaughan Williams s’adapte finalement aussi bien à l’un qu’à l’autre. On a parfois le sentiment que pourrait conduire sa voix avec une mobilité plus grande, ce qui éviterait certains passages moins bien timbrés ou moins souples. Mais la diction est excellente, le chant superbe, net, viril. Le chanteur comme le pianiste demeurent très sobres, sans laisser passer les rares occasions où le ton de ce cycle assez uniforme s’exalte. Les Five mystical songs sont donnés dans une version pour quatuor et piano, due au compositeur. On y gagne de poétiques échos du cycle On Wenlock edge, on y perd la pompe mystique propre à la version avec chœur et orchestre, plus courante. L’équilibre entre voix et parties instrumentales ne posant aucun problème, chacun peut donner libre cours à une éloquence chaleureuse.

Dans les pièces instrumentales de Bridge, de structure libre mais destinées à des formations traditionnelles (un quatuor avec piano et un quatuor à cordes), les musiciens du se défendent bien par rapport à des ensembles moins protéiformes. La récente intégration de la violoniste , longtemps membre du Quatuor Belcea, n’y est sans doute pas étrangère. La Fantaisie rappelle par certains traits le plus célèbre élève du compositeur, Britten, qui comptait d’ailleurs cette œuvre à son répertoire. Au gré d’une structure soulignée avec un parfait naturel par les musiciens, de tristes songeries alternent avec des passages plus consolants. Les Idylles, dont la deuxième inspira au jeune Britten de brillantes variations pour orchestre, ont plus de légèreté, mais les effusions sont généreuses et détaillées. Les pièces d’Elgar sont jolies, et Salut d’amour est même un des ses grands succès, mais elles demeurent vraiment insignifiantes. Qui plus est, y semble peu à l’aise, d’une raideur qui n’est pas vraiment préférable à la mièvrerie. D’Elgar, on aurait préféré entendre le beau Quintette avec piano, que l’Ensemble Nash a enregistré pour Hyperion. Néanmoins, encore une soirée remarquable au Musée d’Orsay.

 

Crédit photographique : © Sheila Rock

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Paris, Auditorium du Musée d’Orsay. 16-VI-2011. Frank Bridge (1879-1941) : Fantaisie pour quatuor avec piano H. 94 ; 3 Idylles pour quatuor à cordes H. 67 ; Edward Elgar (1857-1934) : Salut d’amour pour violon et piano op. 12 ; Chanson de matin et Chanson de nuit op. 15 ; Ralph Vaughan Williams (1872-1958) : The house of life ; Five mystical songs. Christopher Maltman, baryton ; The Nash Ensemble of London : Ian Brown, piano ; David Alberman, Laura Samuel : violon ; Laurence Power : alto ; Paul Watkins : violoncelle

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