Avec Barenboim et Pape : Wagner belcantiste ?

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Richard Wagner (1813-1883) : scènes et airs extraits de Die Walküre, Die Meistersinger von Nürnberg, Lohengrin, Parsifal, Tannhäuser. Avec : René Pape, basse ; Plácido Domingo, ténor. Chor der Staatsoper under den Linden (chef de chœur : Eberhard Friedrich). Staatskapelle Berlin, direction : Daniel Barenboim. 1 CD. Deutsche Grammophon 477 6617. Code-barre : 028947 766179. Enregistré au Funkhaus Berlin en juin 2010. Qualité d’enregistrement : DDD. Notice de présentation trilingue (anglais, allemand et français). Durée : 63’11’’.

 

Si est familier depuis bien longtemps du répertoire wagnérien, ce nouveau CD permettra de l’entendre dans des rôles qu’il connaît bien, qu’il n’a pas encore fréquentés, qu’il vient à peine d’aborder ou bien dans lesquels il ne se produira sans doute jamais intégralement. Ainsi, en dépit de la perfection du legato de la romance à l’étoile de Wolfram dans Tannhäuser, il est fort peu probable que notre somptueuse basse chantante se risque un jour à la scène dans ce rôle de baryton. Et si Hunding est sans doute la partie la plus « naturelle » de Pape, il est clair, en entendant des adieux de Wotan aussi superbement chantés, que nous tenons là un des grands titulaires du rôle, à côté de Bryn Terfel, pour les deux décennies à venir. Pape, qui n’a que très récemment abordé le rôle à la scène, chante en vrai belcantiste, même si la profondeur psychologique du personnage semble encore lui échapper. On en dira autant de son Hans Sachs, sans doute à venir prochainement, l’interprète n’ayant pour le moment tenu dans cet opéra que les rôles de Pogner et du veilleur de nuit. La courte intervention de ce dernier fait d’ailleurs partie du programme de ce CD. Parmi les rôles habituels de Pape, celui du roi Henri dans Lohengrin n’est pas véritablement marquant, et on trouvera d’ailleurs la totalité de cette incarnation dans une intégrale autrefois dirigée par le même .

De tous les personnages abordés ici, c’est manifestement Gurnemanz qui se révèle la plus grande réussite, l’opulence vocale du chanteur se trouvant en parfaite adéquation avec le portrait psychologique d’une figure que Pape a souvent très incarnée à la scène. Face au « chaste fol » de , d’une fraîcheur vocale tout en fait enviable, le beau chant triomphe et souligne à quel point l’écriture wagnérienne gagne à être confiée à de vrais chanteurs rompus à l’école italienne et/ou à la technique mozartienne. La direction lyrique et « légère » de Barenboim, qui fait tout depuis des lustres pour dépouiller l’orchestre wagnérien de sa pompe et de sa grandiloquence, était le choix le plus judicieux pour un dépoussiérage plus que bienvenu. À quand son Rienzi, à quand La défense d’aimer ? Avec de tels chanteurs, l’entreprise ne peut être que couronnée de succès.

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