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Leif Segerstam, le recordman de la symphonie

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Leif Segerstam (né en 1944) : Symphonie n° 81 “After Eighty…“ ; Symphonie n° 162 „Doubling the Number for Bergen!“ ; Symphonie n° 181 “Names itself when played…”. Orchestre philharmonique de Bergen (sans chef d’orchestre). 1 CD Ondine. Réf. ODE 1172-2. Enregistrement ralisé salle Grieg, Bergen, Norvège, les 9 octobre 2003 (n° 81), 28 février 2008 (n° 181) et 13 novembre 2008 (n° 162). DDD. Notice bilingue : anglais, finnois. Durée : 71’29

 

Le Finlandais , formidable musicien, a souvent déclaré que sa méthode de composition orchestrale relevait de la « libre pulsation », signifiant par là le « tronçonnage » itératif de parties multiples séparées d’un tout relativement homogène. Cette facilité dans la démarche créatrice a élevé beaucoup d’interrogations et de doutes. Une exécution de sa Symphonie n° 48 au Théâtre des Champs Elysées en 2001, en sa présence mais sans direction, n’avait pas manqué de provoquer l’incrédulité voire même une certaine impatience. Segerstam allait-il se complaire indéfiniment au sein d’un nombre très impressionnant de symphonies bâties sans grande originalité sur le même patron inamovible ? Après plusieurs critiques défavorables voilà que surgit, on ne s’y attendait plus, un enregistrement plus consistant et promis à une longévité plus honorable dans l’esprit et la mémoire de l’auditeur. L’étonnement surgit dès le début de l’écoute de la Symphonie n° 81 (2002).

A l’instar des deux autres, cette exécution se déroule en l’absence de chef d’orchestre et revient à un des grands jours. A dire vrai, l’absence de direction ne paraît pas perceptible. La logique du déroulement orchestral, la qualité du tissu sonore lui-même et la consistance des idées rendent hommage au compositeur si souvent installé dans une dynamique du grand nombre lorsque l’on prend conscience que les deux autres partitions portent respectivement les numéros 162 (2006) et 181 (2007) ! Ces choix pourraient faire penser que Segerstam n’est qu’un créateur sans bagage, sans personnalité, sans envergure. Or, il n’en est absolument rien ! Ecoutez et réécoutez les dix premières minutes de la Symphonie n° 81 et vous en serez convaincus. Dommage qu’il n’exerce presque jamais d’autocensure bénéfique. Une autocritique défaillante l’a trop souvent empêché de lancer aux auditeurs bienveillants une sélection du meilleur de sa bouillonnante personnalité créatrice.

 

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Leif Segerstam (né en 1944) : Symphonie n° 81 “After Eighty…“ ; Symphonie n° 162 „Doubling the Number for Bergen!“ ; Symphonie n° 181 “Names itself when played…”. Orchestre philharmonique de Bergen (sans chef d’orchestre). 1 CD Ondine. Réf. ODE 1172-2. Enregistrement ralisé salle Grieg, Bergen, Norvège, les 9 octobre 2003 (n° 81), 28 février 2008 (n° 181) et 13 novembre 2008 (n° 162). DDD. Notice bilingue : anglais, finnois. Durée : 71’29

 
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