Festivals, La Scène, Musique de chambre et récital

Hôtel de Soubise : quartier général d’été des jeunes talents

Plus de détails

Paris, Hôtel de Soubise. 8-VII-2011. Gabriel Fauré (1845-1924) : Quatuor n° 1 en do mineur pour piano et cordes op. 15 ; Nicolas Bacri (né en 1961) : Sonate breve (Sonatina in omaggio a Mozart) op. 45 pour violon seul ; Johannes Brahms (1833-1897) : Quintette pour piano et cordes en fa mineur, op. 34. Régis Pasquier, violon ; Trio Jacob (Raphaël Jacob, violon ; Jérémy Pasquier, alto ; Sarah Jacob, violoncelle), Yedam Kim, piano.
14-VII-2011. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Sonate pour piano n° 11 en si bémol majeur op. 22 ; Johannes Brahms : Klavierstücke op.118 ; Nicolas Bacri : Sonate n° 2, op. 105 ; Franz Liszt (1811-1886) : Ballade n° 2 en si mineur. Guillaume Vincent, Piano.
21-VII-2011. Franz Liszt : Tristia ; Dimitri Chostakovitch (1906-1975) : Trio n° 2 en mi mineur, op. 67 ; Toru Takemitsu (1930-1996) : Between Tides ; Maurice Ravel (1875-1937) : Trio en la mineur. Trio Paul Klee (Jae-Won Lee, violon, Tristan Comut, violoncelle, François Lambert, piano).
27-VII-2011. Ludwig van Beethoven : Sonate pour violon et piano n° 1 en ré majeur op. 12 ; Robert Schumann (1810-1856) : Trois Romances op. 94 ; Jean Sibelius (1865-1957) : Six pièces op. 79 (extraits) : César Franck (1822-1890) : Sonate pour violon et piano en la majeur. Nikita Boriso-Glebsky, violon ; Miloš Popović, piano.

L’Hôtel de Soubise s’enorgueillissait autrefois du grand succès du Concert des Amateurs dirigé par Gossec mais également par le célèbre Chevalier de Saint-Georges. Pour son orchestre, l’un des plus importants en Europe à l’époque pré-révolutionnaire, celui-ci commanda à Haydn les six Symphonies que l’on appellera « parisiennes ». Aujourd’hui, depuis 11 ans, les amateurs s’y pressent pour écouter et soutenir de jeunes musiciens talentueux en début de carrière.

Le 8 juillet, au concert d’ouverture du festival, intitulé « concert de maître », le violoniste interprète en plein air avec ses jeunes élèves deux grandes œuvres, le Quintette en fa mineur de Brahms et le Premier Quatuor de Fauré, fortement influencé par le maître de Hambourg. Les interprétations, très vivaces, sont caractérisées par une homogénéité sonore, par un fort aspect dramatique et par un sens de contraste subtilement dosé. Entre les deux œuvres, une Sonate de , le compositeur invité du festival pour cette édition. Ecrit en 1995, l’œuvre est basée sur le thème du mouvement lent de la Sonate en mi mineur (K 304) de Mozart – d’où le sous-titre – pour évoluer dans une progression dissonante. Raphaël Jacob assure une prestation de la pièce, éloquente et convaincante.

Le 14 juillet, un concert gratuit à l’occasion de la fête national est donné, toujours en plein air, par le pianiste , 19 ans, élève de , de et de , entre autres. Le 1re prix au Concours de Leipzig (2008), le 3e grand prix au concours Long-Thibaud (2009) et lauréat de nombreux autres concours, il a été récemment nommé Révélation Classique par l’ADAMI (2010). Il a une très belle sonorité, apaisante, surtout dans des « Andante » de Brahms, mais son jeu laisse toutefois paraître une certaine rigidité structurelle (mouvement rapide chez Beethoven). En revanche, son exécution de la Deuxième Sonate de Bacri est magistrale, Il semble connaître l’œuvre littéralement sur le bout des doigts ! C’est un artiste dont on suivra volontiers le développement.

Le 21 juillet, ravit le public avec un programme original. Tristia, transcription par le compositeur lui-même de La Vallée d’Obermann (extrait des Années de Pèlerinage), il nous donne une vision très différente d’un chef-d’œuvre de piano, montrant le génie de transcripteur qu’était Liszt. Vient un Chostakovitch merveilleusement joué, qui suggère une heureuse union musicale et un équilibre parfait entre les trois musiciens, explosant notamment dans le finale d’une énergie rare. Dans Takemitsu, œuvre méditative évoquant la mer, ils colorent à chaque fois d’une nuance différente des séquences répétées plusieurs fois telles des vagues, en évitant ainsi la routine qui pourrait s’installer très facilement. Néanmoins, dans Ravel, leur interprétation soignée jusqu’au moindre détail fait perdre quelque peu la spontanéité.

Le violoncelliste Tristan Comut est remarquable par sa largesse sonore et François Lambert par son naturel en tant que chambriste.

Le concert de duo du 27 juillet est un régal, surtout pour le merveilleux jeu de . Son interprétation de la Sonate en ré de Beethoven, dominée par un dynamisme juvénile, exprime parfaitement la « légèreté » mozartienne de la toute première période du compositeur. Possédant un son sobre et clair à la fois, il forme un duo idéal avec , respirant absolument le même air musical. Sans aucune prétention, ce jeune pianiste serbo-belge se distingue par sa capacité à avoir le même naturel dans des styles très différents. Leur Sonate de Franck est d’une intensité profonde, sans tomber dans une grandiloquence superficielle. Il serait intéressant de l’écouter en solo, d’autant qu’il a déjà un nombre important d’expériences avec des orchestres et en récital.

 

Outre le concert du soir, la répétition publique le jour même à 12h30 permet d’apercevoir comment les musiciens préparent leur concert. Que l’initiative de l’Association Jeunes Talents continue longtemps chaque été pour nous faire découvrir de nombreux jeunes musiciens.

Crédit photographique : © DR / © DR

Plus de détails

Paris, Hôtel de Soubise. 8-VII-2011. Gabriel Fauré (1845-1924) : Quatuor n° 1 en do mineur pour piano et cordes op. 15 ; Nicolas Bacri (né en 1961) : Sonate breve (Sonatina in omaggio a Mozart) op. 45 pour violon seul ; Johannes Brahms (1833-1897) : Quintette pour piano et cordes en fa mineur, op. 34. Régis Pasquier, violon ; Trio Jacob (Raphaël Jacob, violon ; Jérémy Pasquier, alto ; Sarah Jacob, violoncelle), Yedam Kim, piano.
14-VII-2011. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Sonate pour piano n° 11 en si bémol majeur op. 22 ; Johannes Brahms : Klavierstücke op.118 ; Nicolas Bacri : Sonate n° 2, op. 105 ; Franz Liszt (1811-1886) : Ballade n° 2 en si mineur. Guillaume Vincent, Piano.
21-VII-2011. Franz Liszt : Tristia ; Dimitri Chostakovitch (1906-1975) : Trio n° 2 en mi mineur, op. 67 ; Toru Takemitsu (1930-1996) : Between Tides ; Maurice Ravel (1875-1937) : Trio en la mineur. Trio Paul Klee (Jae-Won Lee, violon, Tristan Comut, violoncelle, François Lambert, piano).
27-VII-2011. Ludwig van Beethoven : Sonate pour violon et piano n° 1 en ré majeur op. 12 ; Robert Schumann (1810-1856) : Trois Romances op. 94 ; Jean Sibelius (1865-1957) : Six pièces op. 79 (extraits) : César Franck (1822-1890) : Sonate pour violon et piano en la majeur. Nikita Boriso-Glebsky, violon ; Miloš Popović, piano.

Mots-clefs de cet article

Banniere-ClefsResmu-ok

Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.