Le Gergiev quotidien : Chostakovitch

À emporter, CD, Musique symphonique

Dimitri Chostakovitch (1906-1975) : Symphonies n°3 en mi bémol majeur, Op.20 et n°10 en mi mineur, Op.93. Orchestre du Théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg, direction : Valery Gergiev. 1 SACD Mariinski. Référence : MAR 0511. Code barre : 8 22231 85112 7. Enregistré en 2009 et 2010. Notice de présentation en : anglais, allemand, français et russe. Durée : 80’23.

 

Sans marquer de signes de fatigue, continue son intégrale des Symphonies de Chostakovitch au rythme d’un volume annuel. En terme éditorial, le principal intérêt de l’entreprise est d’associer des partitions mal aimées à des tubes. Ainsi, après un couplage des Symphonies « révolutionnaires » n°2 et n°11, il additionne les symphonies n°3 et n°10.

Mais à forcer de cumuler les disques, le pourtant énergique Gergiev risque de s’enliser et c’est ce qui arrive à ce volume perdu dans une morne plaine symphonique ! Peu considérée et ravalée au rang d’œuvre fade de propagande, la Symphonie n°3 souffre particulièrement d’une lecture rectiligne et à vue qui en fait une succession de cartes postales à la gloire du « Premier mai ». On est loin de l’acuité et de la rage du jeune Vassily Petrenko chez Naxos. Ce dernier lui faisait rendre sa sève avant-gardiste, expurgée de toute mise en valeur du printemps rouge.

Très attendue, la lecture de la Symphonie n°10, ne décolle pas non plus et reste très terre à terre en dépit de la plastique de l’orchestre. Là encore, Vassily Petrenko est allé beaucoup plus loin pour limiter la comparaison avec une version exactement contemporaine.

On tient donc un disque en mode « pilote automatique ». Au sein d’un coffret regroupant toutes symphonies, cette galette serait d’une neutralité presque helvétique, mais en disque isolé et, dans un contexte discographique très large, elle est incolore. On se retourne donc vers d’autres cieux musicaux  des témoignages historiques de Mravinsky (Melodya et Erato) aux disques interrogatifs mais intéressants de Mark Wigglesworth (Bis), l’apôtre d’un Chostakovitch dépassionné, sans oublier les versions de Vassily Petrenko, le chef russe qui ne cesse de monter.  On garde également toujours une oreille aux lectures de : Kitaenko (Capriccio), Haitink (Decca), Kondrashin (Melodya), Caetani (Arts) ou encore Karajan (DGG et Melodya) pour la seule Symphonie n°10.

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