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Salzbourg, l’effet Dudamel continue !

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Salzbourg. Grande salle du Festival. 3-VIII-2011. Gustav Mahler (1860-1911) : Symphonie nº 2 en ut mineur « Résurrection ». Miah Persson, soprano ; Anna Larsson, alto ; Wiener Singverein ; Orquesta Sinfónica Simón Bolívar ; direction : Gustavo Dudamel.

Ils peuvent être fiers de leur orchestre, ces Vénézuéliens qui ont lancé la standing ovation dès la fin de son concert salzbourgeois : rarement orchestre sud-américain aura reçu un tel accueil en Europe, qui plus est dans un des temples de ce répertoire viennois qu’il avait choisi de présenter. Est-ce à dire qu’ils auront conquis ce triomphe par leurs seules qualités musicales ? Rarement le premier mouvement aura paru aussi long : après une attaque des cordes qui laissait beaucoup à désirer, à la fois pour ses sonorités mal dégrossies et pour des décalages difficiles à ignorer, parvient sans peine à entraîner son orchestre dans les moments d’envolée dynamique et rythmique, mais les passages plus lents, ceux qui portent toute la force cosmique de cette œuvre surhumaine, souffrent d’un cruel manque de tension. Le problème n’est pas la lenteur de certains tempos, mais l’indifférence expressive qui s’en dégage ; on ne peut écarter entièrement le soupçon que ces alanguissements ont pour seule fonction de préparer les explosions telluriques qui suivent.

Les choses ne s’améliorent vraiment qu’avec le troisième mouvement, dans les sonorités joueuses du Prêche de saint Antoine aux poissons, où orchestre et chef parviennent à une réelle fluidité. Par la suite, l’indéniable engagement des musiciens parvient bien mieux à masquer les faiblesses marquées de la conception d’ensemble. Bien des réserves restent d’actualité, notamment en matière de recherche d’effets pas toujours très délicats, mais on cesse du moins de se dire, dès ce moment, que tout ceci n’est qu’une mondanité comme le Festival de Salzbourg ne peut s’en passer : le triomphe reste disproportionné, sans doute, mais il va du moins à des musiciens attachants qui, s’ils ne peuvent pas rivaliser avec les meilleurs chefs et orchestres dans ce répertoire, sont tout de même bien autre chose que de simples créatures médiatiques.

C’est cependant qui offre le plus beau moment du concert : l’humilité habitée de son Urlicht regorge de cette lumière éternelle qui aura fait si cruellement défaut au début du concert.

Crédit photographique : Magdalena Lepka

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Salzbourg. Grande salle du Festival. 3-VIII-2011. Gustav Mahler (1860-1911) : Symphonie nº 2 en ut mineur « Résurrection ». Miah Persson, soprano ; Anna Larsson, alto ; Wiener Singverein ; Orquesta Sinfónica Simón Bolívar ; direction : Gustavo Dudamel.

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