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32e édition du Festival d’Ambronay

Festivals, La Scène, Musique d'ensemble

Concerts du premier week-end du Festival d’Ambronay 2011

La 32e édition du Festival d’Ambronay intitulée Passion Bach (du 9 septembre au 2 octobre) coïncidait avec la clôture d’importants travaux de rénovation de l’abbaye qui vont permettre au Centre culturel de rencontre d’accueillir, outre des résidences d’artistes, actions culturelles, des séminaires d’entreprises, une opération permise grâce aux apports de l’Etat et des collectivités territoriales au premier rang desquels le Conseil général de l’Ain. Dans ce cadre exceptionnel, le Festival programmait à l’abbatiale lors du premier week-end de concerts , artiste actuellement en résidence à Ambronay, à la tête de son , de l’orchestre et de quelques solistes dans trois cantates profanes relativement rares du Cantor de Leipzig. Sous-titrées dramma per musica (drame en musique), ces cantates sur des livrets de Picander inspirés par la mythologie tirent vers l’opéra et la direction animée de , jouant sur les contrastes, va dans ce sens. Le concert débutait donc en fanfare avec la Cantate BWV 205 (Eole apaisé) et son « chœur des vents » évoquant le déchaînement des éléments. Malgré quelques problèmes de justesse des cuivres, de mise en place générale, l’ensemble orchestre/chœur a beaucoup d’allure. Dans les récitatifs et airs se distinguent surtout la basse en Eole, remarquable d’aisance, d’expressivité, de musicalité et la délicieuse soprano , dans le rôle de Pallas. Celle-çi pâtit malheureusement dans son aria d’un violon solo (Patrick Cohën-Akenine) bien approximatif. Dans la Cantate BWV 213 « Lasst uns sorgen, lasst uns wachen » (Hercule à la croisée des chemins), dont Bach réutilisera les chœurs et arias dans l’Oratorio de Noël, c’est l’alto et le ténor qui sont particulièrement sollicités. Le contre-ténor Clint van der Linde, une voix puissante, se détache du lot et impressionne en particulier dans l’aria « Treues Echo dieser Orten » où  un deuxième alto (en coulisse) et le hautbois solo (Patrick Beaugiraud, remarquable) lui répondent en écho. Les différents solistes de ces deux cantates se retrouvaient après l’entracte dans la BWV 201 « Geschwinde, ihr wirbelnden Winde ». Plus relâchés, tous font preuve de talents de comédiens, outre leurs qualités vocales respectives pour représenter ce concours de chant mettant aux prises Phébus (basse au chant élégant, synonyme de culture) et Pan (basse au chant plus populaire symbolisant la nature). L’enthousiasme, l’énergie (mais aussi le raffinement) qu’insuffle Leonardo García Alarcón aux musiciens donne un résultat probant (en particulier du côté du ) dans un répertoire dans lequel on ne l’attendait pas forcément mais qui lui convient bien. Le disque de ce programme devrait d’ailleurs paraître en 2012. En petit clin d’œil, il offre en bis au public ravi une version débridée (avec chœur…) de l’aria pour soprano « Unser trefflicher, lieber Kammerherr » basée sur le thème des Folies d’Espagne et tirée de la Cantate BWV 212.

Le lendemain matin, toujours dans l’abbatiale, le Festival recevait , également dans JS. Bach, son répertoire de prédilection. Un Bach plus cérébral que la veille mais un récital de toute beauté sous les doigts experts du claveciniste français. Il proposait un programme varié composé d’un choral « Wer nun den lieben Gott lässt wälten », de quelques préludes tirés du Petit Livre pour Wilhelm Friedemann Bach, de deux Préludes et fugues BWV 899 et BWV 902a, de la Suite anglaise n°2 BWV 807 et d’extraits du deuxième livre du Clavierbien tempéré. Hantaï aborde ce répertoire avec beaucoup d’autorité, des qualités digitales évidentes, de l’imagination dans l’ornementation, une lisibilité dans les pièces fuguées. Acclamé comme il se doit, il gratifie le public, nombreux, de quelques bis, notamment le magnifique prélude n°18 en sol dièse mineur tiré du deuxième livre du Clavier bien tempéré.

Crédit photographique : Leonardo García Alarcón © Jean-Baptiste Millot

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