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Christus de Liszt, le génie du christianisme

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Paris, Cathédrale Saint-Louis-des-Invalides. 22-X-2011. Franz Liszt (1811-1886) : Christus, oratorio sur des textes des saintes Écritures et de la liturgie catholique. Zita Váradi et Gabriella Sallay, sopranos ; Lúcia Megyesi-Schwartz, alto ; Alessandro Codeluppi, ténor ; Róbert Rezsnyák, baryton ; Krisztián Cser, basse ; Márton Levente Horváth et Philippe Brandeis, orgues ; Chœur de la Radio hongroise (chef de chœur : Csaba Somos) et Orchestre symphonique de la Radio hongroise, direction : Zoltán Peskó

L’anniversaire de naissance de Liszt fut, le 22 octobre dernier, célébré par des représentations simultanées de son oratorio Christus à Séoul, Vienne, Prague, Bayreuth, Vilnius, dans plusieurs villes de Hongrie et à Paris. Ce fut un événement mémorable. Dans la Cathédrale Saint-Louis-des-Invalides, tout au long des deux heures et demie, l’œuvre impressionnait par son ampleur et sa beauté. Christus se déroule comme un monumental triptyque : la première partie dépeint la Nativité, l’adoration des Bergers et l’arrivée des Rois mages. En seconde partie, des événements venant « après l’Épiphanie » : la fondation de l’Église, la marche sur les eaux et l’entrée dans Jérusalem. Enfin, la troisième partie illustre la Passion et la Résurrection.

Depuis sa retraite romaine, Liszt avait prévu que son œuvre ne connaîtrait pas les faveurs du public. Il convient d’avouer que Christus manque d’unité et de concision. Comme Berlioz, le compositeur recherche toujours le sublime, et ne l’atteint pas toujours. Mais sa personnalité et sa sincérité demeurent uniques, que ce soit par le choix des textes (mêlant évangiles et poèmes médiévaux) ou par la transfiguration de figures musicales qui vont du chant grégorien au chromatisme le plus novateur. Les deux litanies qui se répondent sont particulièrement remarquables, l’une caressante (Stabat Mater speciosa), l’autre dolente (Stabat Mater dolorosa). En fin de compte, Christus mérite une place parmi les plus beaux oratorios romantiques.

connaît l’œuvre sur le bout des doigts, puisqu’il l’a déjà interprétée à plusieurs reprises. Les belles qualités des forces de la Radio hongroise font merveille sous sa baguette. Du fond de l’édifice, on ressent l’écho, qui ne trouble cependant ni les couleurs rondes, ni la qualité de l’intonation. Les solistes sont sans reproche, notamment le baryton Róbert Rezsnyák, qui chante les deux solos les plus développés, celui des Béatitudes et la déchirante prière dans le Jardin. Il faut remercier l’Année Liszt et les Lisztomanias de Châteauroux de nous avoir rendu ce chef d’œuvre, en espérant avoir d’autres occasions de l’entendre.

Crédit photographique : © DR

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