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La musique de chambre de Georges Enesco

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Georges Enesco (1881-1955) : Suite pour piano n°2 en ré majeur op.10 ; Impromptu concertant pour violon et piano en sol bémol majeur ; Ballade pour violon et piano op.4 ; Konzertstück pour alto et piano ; Cantabile et Presto pour flûte et piano ; Nocturne et Saltarello pour violoncelle et piano ; Pastorale, Menuet triste et Nocturne pour violon et piano à quatre main* ; Légende pour trompette et piano ; Aubade pour trio à cordes ; Sérénade lointaine, trio pour piano, violon et violoncelle ; Tarentelle pour violon et piano. Tatiana Samouil, violon ; Gérard Caussé, alto ; Justus Grimm, violoncelle ; Vincent Lucas, flûte ; Frédéric Mellardi, trompette ; Claudia Bara, piano ; *Carmen-Elena Rotaru, piano. 1 CD Indésens INDE036. Code barre : 3760039839305. Enregistré en juin 2011 à l’église évangélique Saint Marcel (Paris). Notice bilingue intéressante (français, anglais) citant ses sources, détaillée sur chaque œuvre et chaque interprète, mais à la police de caractère difficile à lire. Durée totale : 76’03

 

Rien dans ce programme, hormis la Pavane issue de la suite n°2 pour piano, n’est réellement connu en ce qui concerne la musique de chambre du plus français des roumains de l’époque, . La Tarentelle finale est même totalement inédite et les interprètes la jouent grâce à une copie du manuscrit !

L’année 1895 inaugure son arrivée à Paris et la poursuite de ses études musicales. Massenet et Fauré figurent parmi ses professeurs, il fréquente les interprètes Alfred Cortot, Pablo Casals, Jacques Thibaud ainsi que d’autres figures musicales qui comptent à l’époque, Dukas, Ravel, Roger-Ducasse, Florent Schmitt ou Saint-Saëns. Dans cette activité intellectuelle et mondaine très vive, les influences stylistiques et les morceaux de circonstances auraient pu sabrer l’originalité de l’émigré volontaire. Mais il n’en fut rien, et cette production de jeunesse enregistrée ici en témoigne avec excellence.

Jamais nous n’avons l’impression d’une musique facile destinée à plaire ou d’une inspiration plombée par l’approche didactique de morceaux de concours : le konzertstücke avec alto,  le Cantabile et Presto avec flûte, la Légende avec trompette dépasse aisément par leur contenu la raison pour laquelle ils ont été écrits. Il en est de même des autres morceaux pour les salons parisiens, qui évitent la complaisance facile et la virtuosité creuse.

La qualité technique de ce disque nous donne l’impression d’assister comme les témoins d’autrefois à un concert privé. Fort heureusement, les interprètes, tous inspirés, n’ont pas été captés dans la nef de l’église Saint Marcel mais dans une pièce attenante, au faible volume associé à la chaleur du bois. On retrouve l’intimité qui sied à ce genre de prestation, et l’oreille saisit la respiration du flûtiste et le frottement des archets sur les cordes.

George Enescu ne sera jamais assez enregistré au regard de l’importance qualitative et de la profonde originalité de sa production dans l’histoire de la musique, et l’on ne saurait qu’encourager ce genre d’entreprise.

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