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Nicolas Stavy, Liszt et la poésie

La Scène, Musique de chambre et récital

Paris, Auditorium du Musée d’Orsay. 03-XI-2011. Franz Liszt (1811-1886) : Bénédiction de Dieu dans la solitude, S. 173, n° 3 ; Sonnets de Pétrarque n° 123, n° 104, S. 158, n° 3, 2 ; Consolations, S. 172 (extraits) ; Du berceau à la tombe, poème symphonique ; Après une lecture du Dante, S. 161, n° 7. Nicolas Stavy, piano

Ce récital constitue la série «  et la paraphrase » et dans ce cadre, a choisi des « paraphrases » pianistiques d’œuvres poétiques de la génération romantique : Lamartine (Bénédiction de Dieu dans la solitude), Sainte-Beuve (Consolations), Victor Hugo (« Après une lecture du Dante » extrait des Voix intérieures), mais aussi Dante lui-même et Pétrarque, qui ont exercé tant d’influence sur le renouveau artistique du début du XIXe siècle.

Après sa formation à Paris auprès de Gérard Frémy et de Christian Ivaldi, Nicholas Stavy a poursuivi ses études à Genève. Comme en témoignent de nombreux prix à des concours internationaux (Prix spécial à Varsovie en 2000, 2e prix à Genève en 2001, 2e prix du Yong Concert Artists de New York en 2003…), il a une sensibilité propre à lui seul, inimitable, alliant délicatesse et puissance. Ce à quoi il faudrait ajouter une sonorité perlée, jamais agressive, notamment sur le piano Yamaha sur lequel il a joué ce soir-là. Dans ce récital, c’est en s’appuyant sur une lecture intense de la partition qu’il déploie ces qualités. Ainsi, il propose souvent un temps suspendu à la fin d’un passage, d’un paragraphe ou d’une section, ce qui « balaye » efficacement l’inondation sonore. Mais dans la première partie du concert, où le pianiste semblait assez tendu, cet effet créait une sorte de micro-rupture, certes parfois imperceptible, mais provoquant un certain contretemps avec le reste. En revanche, au début de la deuxième partie, la recherche de diverses sonorités orchestrales et leurs contrastes est plus qu’évidente dans Du berceau à la tombe (transcrit par Liszt lui-même) et il y réussit merveilleusement. Des sons épais, surtout dans les tessitures médiane et grave, qu’il montrait déjà dans la première partie, gagnent plus de profondeur. Il exploitera davantage cette profondeur sonore qu’il associe à une dimension héroïque, dans Après une lecture du Dante.

En bis, deux morceaux, de Chopin (Nocturne en ré bémol majeur) et de Schumann(Arabesque) où le temps suspendu joue sur l’apaisement.

Crédit photographique © Guy Vivian

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