Vasily Petrenko, baguette d’avenir

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À seulement 35 ans, Vasily Petrenko est l’un des chefs que l’on s’arrache. Il a remis sur pieds l’Orchestre de Liverpool et enregistre une intégrale des symphonies de Chostakovitch (Naxos) qui enchante les commentateurs. Il vient de prendre la direction de l’orchestre philharmonique d’Oslo, avec lequel il est en tournée européenne dans les grandes salles d’Europe : Paris, mais aussi Berlin et Vienne.

 

« La musique de Chostakovitch mérite d’être encore plus reconnue et appréciée »

ResMusica : vous êtes désormais en charge de la direction de l’orchestre philharmonique d’Oslo, qu’est- ce qui vous a poussé à accepter ce poste ?
 : j’ai perçu beaucoup de potentiel chez les musiciens et l’alchimie autour de nos collaborations était très bonne. Je sens que l’avenir sera fructueux et riche ! En avant !

RM : Avec l’orchestre de Liverpool, vous avez travaillé le répertoire russe. Quelles œuvres souhaitez-vous mettre en avant avec l’orchestre d’Oslo ?  
VP : Avec le RLPO (Royal Liverpool Philharmonic Orchestra), je ne me suis pas exclusivement centré sur le répertoire russe, nous avons pratiqué des partitions anglaises, mais aussi allemandes. Ainsi en décembre, nous clôturons un cycle Mahler, qui a rencontré un grand succès critique et public. Mais nous avons également programmé de la musique scandinave, française et américaine. J’ai toujours défendu l’idée que nous devons jouer de la musique du monde entier. Je vais évidemment rechercher le même dosage à Oslo.

RM : Vous avez ressuscité  l’Orchestre de Liverpool. Ce dernier est rapidement devenu, sous votre direction, l’un des meilleurs d’Europe. Quels-sont les secrets pour redynamiser un orchestre ?
VP : C’est le fruit d’un travail quotidien très dur avec les musiciens de l’orchestre. Nous voulons, sans cesse, nous améliorer.

RM : Vous dirigez plus au concert qu’à l’opéra. Est-ce qu’il s’agit d’un hasard ou d’un choix délibéré ?
VP : En ce moment, je suis en effet plus symphonique que lyrique, mais c’est une situation passagère et je souhaite me produire, à l’avenir, plus régulièrement dans la fosse.

RM : Vous enregistrez  un cycle des symphonies de Chostakovitch (Naxos). Qu’est-ce qui vous a poussé à entreprendre cette aventure musicale ?
VP : Je suis originaire de Saint-Pétersbourg et Chostakovitch est une part considérable de l’héritage culturel de notre ville. À chaque fois que je dirige sa musique, je ressens quelque chose de très particulier, je me sens très proche de mes origines. Je pense que sa musique mérite d’être encore plus reconnue et appréciée et  j’espère que nos enregistrements pourront y contribuer.

RM : Comment définissez-vous l’art du chef d’orchestre au XXIe siècle ?
VP : Premièrement, il doit être un grand musicien. Mais il doit également être capable de galvaniser tous les musiciens d’un orchestre afin de les mener toujours plus haut au service de la musique.

RM : La crise actuelle touche sévèrement le Royaume-Uni et les coupes budgétaires y sont drastiques. Quelle est la situation à Liverpool ?
VP : Nous avons subi  des coupes budgétaires, mais avec l’aide de nos supporters financiers, nous pouvons heureusement garder les mêmes ambitions ! Je tiens à saluer l’exceptionnelle loyauté de leur engagement à nos côtés.

RM :  Comment voyez-vous l’avenir de la musique classique ?
VP : Je souhaite faire le maximum pour rendre ce futur aussi meilleur que possible.

RM : Liverpool, pour la majorité des gens, c’est le football, vous êtes aussi fan de ce sport. Êtes-vous un supporter de l’équipe de Liverpool ?
VP : Je suis supporter du Zenith de Saint-Pétersbourg. Pour être fan d’une équipe, vous devez en être proche et avoir grandi avec ! C’est le cas avec cette équipe russe que j’aime depuis 1982.

 au disque :

L’essentiel de la discographie du jeune chef est disponible chez Naxos, on recommande en particulier ces disques  :

Dimitri Chostakovitch (1906-1975) : Symphonies n°1 en fa mineur, Op. 10 ; symphonie n°3 en mi bémol majeur « Le premier mai », Op. 20. Royal Liverpool Philharmonic Choir and Orchestra, direction : Vasily Petrenko. 1 CD Naxos. Référence 8. 572396. Enregistré en 2009 et 2010. Notice de présentation en : anglais. Durée : 64’33. (Clef d’or ResMusica 2011)

Dimitri Chostakovitch (1906-1975) : Symphonie n°6 en si mineur, Op.54 et Symphonie n°12 en ré mineur, Op.112, « L’année 1917 ». Royal Liverpool Philharmonic Orchestra, direction : Vasily Petrenko. 1 CD Naxos. Référence 8.572658. Enregistré en 2009 et 2010. Notice de présentation en anglais : 69 :38 (lire notre chronique)

Crédit photographique : Mark McNulty

 

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