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La Ribot étend sa collection de pièces distinguées

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Paris. 23/XI/11. Centre Georges Pompidou. Dans le cadre du Festival d’Automne. La Ribot : PARAdistinguidas. Direction et chorégraphie : La Ribot. Objets et décors : La Ribot, Victor Roy. Création lumières : Eric Wurtz. Costumes : Vivienne – Jean-Paul et Cie. Régisseur son : Clive Jenkins. Musique : Atom ™. Assistance plateau : Margaux Monetti. Avec la collaboration de Teresa Calonje. Avec Ruth Childs, Laetitia Dosch, Marie-Caroline Hominal, La Ribot, Anna Williams

Fer de lance de la danse espagnole dès le milieu des années 80, agrandit sa collection de pièces distinguées avec cette quatrième série baptisée PARAdistinguidas.

Le concept ? Chaque pièce distinguée appartient à un « propriétaire distingué » qui, au lieu de l’accrocher dans son salon, est invité gratuitement à la voir sur scène. A l’occasion du Festival d’Automne, élargit le projet en s’accompagnant de quatre interprètes féminines et de 18 figurants. En allant au delà du protocole précis régissant le Projet distingué depuis sa première série en 1990, renonce en partie à ce qui en faisait le charme – des solos interprétés par elle seule – pour lui donner une dimension plus politique.

Dans la première séquence, les 18 figurants lisent un texte traduit du japonais, qui parle d’huîtres et d’escargots. L’absurde est encore au rendez-vous avec la relecture de « Chairs », une pièce distinguée qui consiste à empiler autour du corps d’une danseuse un nombre conséquent de chaises pliantes – dépliées, bien sûr ! Dans « Benny’s pin-ups », elles sont quatre à couvrir leur nudité, dos au public mais face à une scène imaginaire, d’accessoires des plus hétéroclites. Un hommage plein d’humour aux accessoiristes et aux régisseurs plateau ?

Pendant qu’une danseuse entraîne sous les gradins une poignée de spectateurs pour commenter en voix off des scènes de films, les figurants sont mis à contribution pour débarrasser le plateau des accessoires qui l’encombrent. La danse peut alors prendre toute sa place, dans une transe énergique sur de la musique électronique signée Atom. Les figurants, peinant à suivre le rythme trépidant des danseuses professionnelles, sont vraiment très méritants ! Ceux qui se sont reposés ne savent pourtant pas ce qui les attend : une séquence de domination particulièrement sadique, avec des séries d’injonctions telles que les formulent les médecins ou les pédophiles : tousser, pleurer, rire, jouir… L’ultime pièce distinguée de la série, baptisée « La Revolucion » joue sur le registre de l’hystérie, chaque danseuse incarnant le rôle d’un metteur en scène survolté à la tête d’un petit lot de figurants. Quand des banderoles « Cuba Libre » ou « Viva la Revolucion » se retrouvent déployées au milieu des spectateurs du Centre Georges Pompidou, la protestation prend l’accent des « indignés » espagnols. Alors, distinguidas ou indignados ?

Crédit photographique : © Gilles Jobin

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Paris. 23/XI/11. Centre Georges Pompidou. Dans le cadre du Festival d’Automne. La Ribot : PARAdistinguidas. Direction et chorégraphie : La Ribot. Objets et décors : La Ribot, Victor Roy. Création lumières : Eric Wurtz. Costumes : Vivienne – Jean-Paul et Cie. Régisseur son : Clive Jenkins. Musique : Atom ™. Assistance plateau : Margaux Monetti. Avec la collaboration de Teresa Calonje. Avec Ruth Childs, Laetitia Dosch, Marie-Caroline Hominal, La Ribot, Anna Williams

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