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Le Ballet de Flandres éblouissant dans Artifact

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Paris. 24/XI/11. Théâtre national de Chaillot. Dans le cadre du Festival d’Automne. Ballet Royal de Flandres : Artifact. Chorégraphie : William Forsythe (1984). Scénographie, lumières et costumes : William Forsythe. Conseil technique : Olaf Winter, Jurgen Koss et Urs Frey. Son : Bernard Klein. Mise en scène : Kathryn Bennetts, Glenn Tuggle et Stéphanie Arndt. Musiques : Eva Crossman-Hecht, Johann Sebastian Bach, William Forsythe (collage sonore). Avec les danseurs du Ballet Royal de Flandres, Margot Kazimirska, pianiste, Kate Strong, personnage en costume historique, Nicholas Champion, personnage avec un mégaphone

Remonté en 2009 par le Ballet Royal de Flandres, aujourd’hui dirigé par Kathryn Bennetts, ancienne danseuse du Ballet de Francfort, « Artifact » est l’une des pièces maîtresses de . Sa reprise, plus de vingt-cinq ans après sa création, n’en rend que plus saillant le talent du chorégraphe à écarteler les corps, déconstruire les codes du ballet classique et dynamiter la construction narrative du genre. Le ballet en est pourtant bien un, avec ses lignes géométriques, sa construction au cordeau, sa dramatisation crépusculaire. Purement abstrait, il n’utilise la danse que dans un unique objectif esthétique, un parangon de beauté absolument fascinant.

Deux personnages viennent régulièrement troubler cette contemplation béate : une femme « en costume historique » (sic) et un homme « avec un mégaphone » (re-sic) qui ont l’air tout droit sorti d’un film de Stephen Frears. Entre absurde et écriture automatique, ils vous invitent (en anglais) à réfléchir sur l’illusion, l’ombre et la lumière, le passé et le présent, la mémoire et l’oubli. Apparaissant et disparaissant au gré des jeux de lumières et des découpages scéniques, ils jettent littéralement dans l’ombre une ballerine grise incarnée par Eva Dewaele, fantôme qui indique régulièrement une mystérieuse gestuelle aux autres danseurs.

Pour être servi à sa juste valeur – celle d’un chef d’œuvre – « Artifact » mérite d’être dansé par des interprètes à la hauteur. Le Ballet Royal de Flandres est impeccable : vitesse, amplitude, virtuosité. Si quelques solistes manquent parfois de liant, laissant apparaître une technique trop mécanique, le corps de ballet impressionne par sa fraîcheur et sa ductilité. Cette souplesse est tout particulièrement sensible dans la sublime 2ème partie du ballet, interprétée en justaucorps jaunes et collants noirs sur une chaconne de Bach, et dans la 4ème et dernière partie, proprement éblouissante !

Crédit photographique : Photos © Johan Persson

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Paris. 24/XI/11. Théâtre national de Chaillot. Dans le cadre du Festival d’Automne. Ballet Royal de Flandres : Artifact. Chorégraphie : William Forsythe (1984). Scénographie, lumières et costumes : William Forsythe. Conseil technique : Olaf Winter, Jurgen Koss et Urs Frey. Son : Bernard Klein. Mise en scène : Kathryn Bennetts, Glenn Tuggle et Stéphanie Arndt. Musiques : Eva Crossman-Hecht, Johann Sebastian Bach, William Forsythe (collage sonore). Avec les danseurs du Ballet Royal de Flandres, Margot Kazimirska, pianiste, Kate Strong, personnage en costume historique, Nicholas Champion, personnage avec un mégaphone

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