Présences Oscar Strasnoy : versions de concert pour opéras de chambre

Festivals, La Scène, Opéra

Paris, Théâtre du Châtelet. 21-I-2012. Henry Purcell (1659-1695) / Oscar Strasnoy (né en 1971): Dido and Æneas (creation mondiale). Oscar Strasnoy : Un retour (El regreso), opéra de chambre en 13 scènes sur un livret d’Alberto Manguel. Ensemble Musicatreize : Job Thomé, Nestor Fabris, Æneas ; Mariana Rewerski, Dido, Martha ; Céline Boucard, soprano ; Mareike Schellenberger, mezzo-soprano ; Xavier de Lignerolles, ténor ; Patrice Balter, baryton ; Jean-Manuel Candenot, basse, Elise Deuve, soprano. Victoria Harmandjieva, Antoine Alerini, pianos ; Christian Hamouy, Jonathan Faralli, percussions ; Matthias Champon, trompette ; Thierry Comte, trombone. Chef de chant : Brigitte Clair. Direction : Roland Hayrabédian

était à la manœuvre pour une soirée consacrée à l’opéra de chambre vu par , avec une nouvelle instrumentation de Dido and Æneas de Purcell en création mondiale et Un retour, créé à Aix en juillet 2010, deux œuvres composées à l’instigation de l’ensemble dirigé par .

La nécessité de l’arrangement de l’opéra de Purcell pour pianos, percussions et trompettes n’est pas claire, hormis celle de permettre à de proposer un programme complet et équilibré avec deux opéras requérant le même effectif vocal et instrumental. L’annonce d’une « création mondiale  / » suscita des attentes sans doute excessives envers ce qui n’était qu’une simple instrumentation en forme d’hommage à l’actualité de la musique de Purcell.

Dès les premières mesures d’Un retour, on est frappé par la qualité de l’instrumentation, ample, riche d’influences et prometteuse de timbres évocateurs. Mais Un retour est d’abord un opéra, avec beaucoup de texte. La diction des chanteurs n’est guère intelligible même si certains s’en sortent beaucoup  mieux, tel et . Job Thomé dans les deux rôles principaux est peu en voix et le livret qui a été remis à l’entrée du concert est illisible alors que les lumières de la salle sont éteintes. C’est d’autant plus fâcheux qu’Oscar Strasnoy accorde un grand prix à la littérature et aux textes qu’il choisit. Sans le soutien d’une mise en scène ni de surtitrages qui permettraient de se raccrocher au fil narratif de l’œuvre lorsqu’elle celle-ci est musicalement plus statique, le public attend patiemment que des événements sonores viennent régulièrement soutenir son attention.

Ainsi le contraste ressort de manière plus crue entre la – réelle – qualité musicale et littéraire qui est proposée par Présences et l’inadéquation de sa mise en forme et de sa promotion. Les organisateurs ont pris soin que la manifestation reste gratuite pour les moins de 28 ans, mais les 18-27 ans brillent par leur absence. A croire que Paris ne compte aucune institution musicale, conservatoire ni cursus en musicologie ! Un beau programme sur papier glacé de 132 pages sans publicité est distribué gratuitement et sans restriction, et complété par la remise du livret des deux opéras le soir-même. Le multimédia, même dans sa forme la plus rudimentaire du surtitrage, est resté dans les oubliettes. La page Facebook de Présences affiche au terme de la manifestation un score franchement pathétique de 63 fans. Présences 2012 ou un rendez-vous manqué avec le jeune (et peut-être moins jeune) public d’aujourd’hui.

Crédit photographique : Oscar Strasnoy © Guy Vivien

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