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Haydn à l’anglaise par Paul McCreesh

Concerts, La Scène, Musique d'ensemble

Paris. Théâtre des Champs-Élysées. 21-I-2012. Joseph Haydn (1732-1809) : Les Saisons, oratorio en deux parties sur un livret de Gottfried van Swieten d’après James Thomson. Christiane Karg, soprano ; Allan Clayton, ténor ; Andrew Foster-Williams, basse ; The Gabrieli Consort & Players, direction : Paul McCreesh.

Ayant eu l’occasion d’entendre des oratorios de Haendel lors de ses différents séjours en Angleterre, en compose deux avec succès en l’espace de quelques années : Die Schöpfung (La Création, 1796-1798) et Die Jahreszeiten (Les Saisons, 1799-1801). Ces deux œuvres de maturité du compositeur viennois reposent sur des livrets du baron Gottfried van Swieten, ce dernier partant de sources britanniques (le poète James Thomson pour la deuxième). Parues simultanément en trois langues dès 1801, Les Saisonssont connues dans leur version allemande. Mais dans le prolongement de ce qu’il avait fait pour La Création, a retravaillé le texte de la version anglaise, faible, et c’est sous cette forme qu’il proposait l’oratorio « profane » de Haydn, souvent enregistré mais somme toute assez rarement donné en concert. Autant le texte, hymne à la nature, à un monde rural idyllique et à son Créateur, peut sembler naïf, autant la musique de Haydn, aux accents populaires et champêtres, est remarquable d’invention (notamment dans l’utilisation des instruments à vent), de vitalité. L’œuvre fait intervenir un chœur, parfois en séparant les pupitres d’hommes et de femmes, et trois personnages, plus spectateurs que réellement acteurs : un fermier, Simon (basse), sa fille Hanne (soprano) et un jeune paysan, Lukas (ténor).

Devant une salle pleine seulement aux deux tiers (est-ce dû au prix élevé des places, à l’absence de star parmi les solistes ?), a enchanté le public à la tête de ses & Players, une formation qui fête ses trente ans en 2012. Le chef insuffle à ses musiciens une énergie qui convient particulièrement bien à ce répertoire. Même si l’orchestre n’est pas toujours parfait en ce qui concerne la mise en place et l’équilibre, il suscite l’adhésion. Le quant à lui, une trentaine de choristes, fait forte impression (brillant, éloquent), notamment dans les deux célèbres chœurs de la troisième partie (L’Automne) : de chasse et de vendanges. Le trio de solistes s’avère également de bonne tenue, avec une mention particulière pour le jeune ténor , tout à fait épatant (musicalité, style).

Crédit photographique : Paul McCreesh ©DR

 

 

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