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Haydn par Giuliano Carmignola, tout naturellement !

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Joseph Haydn (1732-1809) : Concertos pour violon et orchestre Hob VIIa : 1 en ut majeur ; Hob VIIa : 3 en la majeur : Hob VIIa : 4 en sol majeur. Giuliano Carmignola, violon. Orchestre des Champs-Élysées. Direction : Alessandro Moccia. 1 CD Archiv Produktion. 00289 477 8774 AH. Enregistré à la salle Gustav Mahler de Toblach en février 2011. Notice de présentation en anglais, allemand et français. Durée totale : 59’ 29’’.

 

S’il s’aventure de plus en plus en terres romantiques jusqu’à aborder Bruckner et  Malher, l’, fondé par Philippe Herreweghe, aime aussi à revenir vers son répertoire naturel, qu’il interprète avec une rare aisance. Ces concertos du jeune Haydn sont rarement joués et relativement peu enregistrés. C’est que ces pièces figuraient parmi les premières d’un vice maître de chapelle d’à peine 29 ans arrivant à la cour des Esterházy pour l’ordinaire de l’orchestre princier.

Dans les années 60 du XVIIIe siècle, on considérait la symphonie comme le genre prestigieux de la musique orchestrale, tandis que le concerto était relégué au rang « d’exercice pour compositeur et instrumentistes, ne visant pas plus loin qu’un vague plaisir de l’oreille ». Dès son arrivée à Esterhaza, Haydn composa plusieurs symphonies permettant aux membres de l’orchestre de faire valoir leur virtuosité, pour le plus grand plaisir du prince Paul Anton, qui appréciait particulièrement la musique instrumentale italienne et venait d’engager d’excellents musiciens pour sa musique de chambre.

Parmi eux figurait un jeune italien natif de Pessaro, Luigi Tomasini, âgé d’à peine 16 ans lors de son engagement. Haydn lui réserva un rôle de choix dans ses quatuors et le premier concerto pour violon en ut majeur lui est expressément dédié par une mention autographe du compositeur. Il sera d’ailleurs promu Konzertmeister en 1790. Si le virtuose italien interpréta sans doute les deux autres concertos, ainsi que d’autres, qui ne nous sont pas parvenus, leur dédicace paraît plus incertaine, puisque leur écriture encore ancrée dans la tradition concertante baroque semble appartenir à une période de création antérieure. Il est fort probable que Haydn les interpréta lui-même, car habile violoniste, il se produisait également comme soliste et officia longtemps comme Konzertmeister de son orchestre.

Ces trois concertos se basent sur les modèles italiens du baroque tardif avec des premiers mouvements en forme de ritournelle, faisant alterner les tutti d’orchestre et les passages solistes avec d’ingénieux développements. L’écriture valorisant le soliste, qui est accompagné des seules cordes et du clavecin, peut sembler conventionnelle pour Haydn, qui avait déjà évolué à l’époque vers un style nouveau dans ses symphonies et ses quatuors. Mais il surprend l’auditeur à travers de multiples détails inattendus comme dans le superbe adagio du premier concerto en ut, où il déploie une sérénade des plus touchantes à partir d’une simple gamme. Son génie est sans doute de produire des effets saisissants avec des moyens d’une simplicité extrême, d’où une difficulté certaine de mise en place et d’interprétation. L’élan et la gaieté des finals, propres à une grande partie de la musique de Haydn, avouent un penchant méridional du goût instrumental des Esterházy.

C’est donc tout naturellement que tire ces concertos dans un esprit de virtuosité vivaldienne. Sa technique domine ces pages avec exubérance dans les cadences tout en soulignant avec justesse l’expressivité intime des mouvements lents. Dirigé par son leader , l’ lui offre un somptueux tapis de cordes, riches d’accents généreux et de belles articulations. Ces pages peu fréquentées nous révèlent un Haydn ensoleillé et festif.

Ce disque lumineux propose un judicieux pendant sur instruments anciens à la lecture jubilatoire et juvénile d’Isabelle Faust dans un de ses premiers disques, sous la baguette de son maître Christoph Poppen avec l’Orchestre de Chambre de Munich (Pan Classic).

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Joseph Haydn (1732-1809) : Concertos pour violon et orchestre Hob VIIa : 1 en ut majeur ; Hob VIIa : 3 en la majeur : Hob VIIa : 4 en sol majeur. Giuliano Carmignola, violon. Orchestre des Champs-Élysées. Direction : Alessandro Moccia. 1 CD Archiv Produktion. 00289 477 8774 AH. Enregistré à la salle Gustav Mahler de Toblach en février 2011. Notice de présentation en anglais, allemand et français. Durée totale : 59’ 29’’.

 
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