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Mélodies autour de Grieg et de Sibelius

Concerts, La Scène, Musique de chambre et récital

Paris, Auditorium du Musée d’Orsay, 15-III-2012. Edvard Grieg (1843-1907) : Quatre mélodies du Cœur, op. 5 ; Med en vandlilje (Avec un nénuphar), op. 25 n° 4 ; En svane (Un cygne), op. 25 n° 2 ; Killingdans (Danse des chevreaux) op. 67 n° 6 ; I Rosentiden (Au temps des roses) op. 48 n° 5 ; En Drøm (Un rêve) op. 48 n° 6 ; Gabriel Fauré (1845-1924) : Clair de lune, op. 46 n° 2 ; Leevi Madetoja (1887-1947) : Romance sans paroles, op. 36 n° 1 ; Claude Debussy (1862-1918) : Il pleure dans mon cœur comme il pleut sur la ville, FL 63 n° 2 ; Clair de lune, FL 45 ; Erkki Gustav Melartin (1875-1937) : La lune blanche, op. 19 n° 2 ; Reynaldo Hahn (1874-1947) : L’heure exquise ; Jean Sibelius (1865-1957) : Deux mélodies de Shakespeare, op. 60 ; Les trois sœurs aveugles, op. 46 n° 5 ; Svarta rosor (Roses noires), op ; 36 n° 1 ; Sen har jag ej frågat mera (Depuis lors, je n’ai plus posé de question), op. 17 n° 1 ; En slända (Une libellule), op. 17 n° 5 ; Luonnatar pour voix et piano (Chant I du Kalevala) op. 70. Karen Vourc’h, soprano ; Vanessa Wagner, piano

Dans le cadre du « Cycle la Finlande au temps de Sibelius et de
Gallen-Kallela », en lien avec l’exposition Gallen-Kallela actuellement visible au Musée d’Orsay jusqu’au 6 mai, et concoctent un programme de mélodies autour de Grieg et Sibelius. Non seulement l’élément géographique, en l’occurrence la Finlande et la Norvège, mais aussi le poète Paul Verlaine relient toutes ces partitions, au total 22, ou 23 en comptant La Chanson de Solveig de Grieg donnée en bis.

Le récital commence par une série de pièces de Grieg. La langue ne nous est pas familière, mais a le don de nous entraîner complètement dans l’univers de chaque musique, à travers l’expression et le ton qu’elle y donne.

De l’infinie tendresse de Jeg elsker dig (Je t’aime, de Quatre mélodies du Cœur, poème de Christian Andersen) et la douceur lyrique de En svane (Un cygne, poème de Henrik Ibsen) jusqu’à l’agitation pathétique de Min Tanke er et mægtigt Fjeld (Ma pensée est une haute montagne, de Quatre mélodies du Cœur) en passant par la mélancolie lasse de I Rosentiden (Au temps des roses, poème de Goethe « Wehmut », extrait de Erwin und Elmire), la cantatrice incarne à la perfection les sentiments exprimés, d’une manière on ne peut plus éloquente. Même remarque pour la deuxième partie du concert consacrée à Sibelius. Elle fait également preuve de son génie expressif dans la musique sautillant sur les onomatopées bondissantes de Killingdans (Danse des chevreaux, poème d’Arne Garborg) de Grieg, ainsi que les frémissements des ailes d’une libellule (En slända, poème d’Oscar Levertin) de Sibelius.

Entre ces deux parties, nous avons entendu trois poèmes de Paul Verlaine, Clair de Lune, Il pleure dans mon cœur et La lune blanche (ou L’heure exquise), mis en musique par cinq compositeurs finlandais et français. Outre Fauré, Debussy et Hahn que nous connaissons, le morceau de Madetoja est très debussyste et celui de Melartin, expressionniste. Notre soprano change totalement de registre d’expression dans la dernière pièce, extraite de Kalevala, véritable épopée musicale, avec un ton héroïque et dramatique avec des notes poignantes.

Après de telles interprétations, nous ne pouvions que nous incliner devant Karen Vourc’h, d’autant que sa voix, toujours très pure avec peu de vibrato, est d’une qualité très homogène, tant dans les tessitures médiane qu’aiguë, ce qui est extrêmement agréable à écouter.

Crédit photographique : Karen Vourc’h © Y. Petit

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