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Paris. Cité de la Musique. 7-IV-2012. Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Passion selon saint Jean BWV 245. Sibylla Rubens, soprano ; Andreas Scholl, alto ; Eric Stoklossa, Andreas Weller, ténors ; Dietrich Henschel, Yorck Felix Speer, basse ; Nederlands Kamerkoor (chef de chœur : Risto Joost), Le Concert Lorrain, direction : Christoph Prégardien.

Comme chaque année à pareille époque, les Passions (essentiellement de JS. Bach…) se multiplient dans les églises et salles de concert à l’approche de Pâques. En ce Samedi saint, la Cité de la Musique programmait donc une Passion selon saint Jean du Cantor de Leipzig dirigée par le ténor , ce dernier s’essayant à la direction comme avant lui un autre Evangéliste d’exception, Peter Schreier, mais aussi René Jacobs, ou plus récemment Paul Agnew et Nathalie Stutzmann. Prégardien, s’était déjà produit en tant qu’Evangéliste dans la même œuvre en 2008 avec (composé à très grande majorité d’instrumentistes allemands) associé au Chœur Arsys Bourgogne et sous la direction de Pierre Cao. Il proposait donc cette fois cette Passion en tant que chef au cours d’une grande tournée européenne au printemps 2012, avec pour l’occasion le Nederlands Kamerkoor, l’année coïncidant avec le soixante-quinzième anniversaire du chœur amstellodamois.

À la tête d’un orchestre d’une vingtaine de musiciens, d’un chœur à l’effectif similaire, aborde une œuvre dont il est très familier, c’est le moins qu’on puisse dire. L’approche du chef pourrait être qualifiée de « classique » et bien menée : une bonne caractérisation (même si le chœur d’ouverture aurait pu être plus théâtral…) de l’esprit des différents passages de cette œuvre où l’on passe du dramatisme de l’arrestation, puis la crucifixion du Christ à sa mise au tombeau dans un climat serein et apaisé.

C’est sans surprise le Nederlands Kamerkoor qui fait la plus forte impression, éloquent, équilibré, dans les différents chœurs et chorals. Pour le concert parisien clôturant cette tournée, le plateau vocal réunissait quelques valeurs sûres, réputées dans ce répertoire (sur le papier), et des chanteurs beaucoup moins connus. Le jeune Eric Stoklossa, sans égaler encore les très grands capables de nous faire vivre un véritable drame humain, incarne un Evangéliste de bonne tenue, expressif, à l’émission claire. Parmi les protagonistes du drame, les personnages de Jésus (Yorck Felix Speer) et de Pilate (Dietrich Henschel) sont tout à fait crédibles, mais on regrette que ce dernier, dans les fameux airs, arioso de basses, soit trop dans la sophistication, la retenue, qu’il ne susurre plus qu’il ne chante (« Betrachte, meine Seel, mit ängstlichem Vergnügen… » par exemple). et Sibylla Rubens délivrent des prestations correctes dans leurs airs respectifs, même si ce n’est pas leur faire injure que de dire que vocalement, leurs grandes années sont derrière eux. Dans les airs pour ténor, Andreas Weller, qui chante de tête, est investi mais la voix n’est pas toujours très juste et contrôlée.

Malgré les nuances sur l’ensemble de solistes, une Passion selon saint Jean qui tient globalement ses promesses.

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Paris. Cité de la Musique. 7-IV-2012. Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Passion selon saint Jean BWV 245. Sibylla Rubens, soprano ; Andreas Scholl, alto ; Eric Stoklossa, Andreas Weller, ténors ; Dietrich Henschel, Yorck Felix Speer, basse ; Nederlands Kamerkoor (chef de chœur : Risto Joost), Le Concert Lorrain, direction : Christoph Prégardien.

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