Concerts, La Scène, Musique symphonique

Nikolaj Znaider transfigure Bartók

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Bruxelles. Palais des Beaux-Arts. 3-V-2012. Béla Bartók (1881-1945) : Musique pour cordes, percussions et célesta, Sz 106 ; BB 114 ; Concerto pour violon et orchestre n°2, Sz 112 ; BB 117 ; Karol Szymanowski (1882-1937) : Symphonie n°3, Op.27 « Le Chant de la Nuit ». Nikolaj Znaider, violon ; Steve Davislim, ténor ; London Symphony Orchestra et Chorus, direction : Péter Eötvös.

Avec Paris et Bruxelles, le devait célébrer la musique de Szymanowski, sous la direction de Pierre Boulez. Suivant les conseils de son ophtalmologue, le sage de Montbrison a laissé la baguette à son ami . L’absence de Pierre Boulez n’aura pas découragé un public bruxellois venu applaudir un masse l’un de ses orchestres préférés.

Tissant des liens entre les univers de Szymanowski et , ce concert commençait timidement avec une lecture timorée de la redoutable Musique pour cordes, percussions et célesta de Bartók. Les tempi sont retenus et semble peiner à faire ressortir  tous les angles et toutes les souffrances de cette musique. Les mouvements lents restent survolés et les mouvements rapides manquent d’acuité. Les cordes du LSO font bonne figure mais écrasent trop des dynamiques qui manquent de netteté et qui sonnent de manière trop brouillonne.

Changement radical d’ambiance après l’entracte avec l’arrivée du violoniste , bien connu à Bruxelles depuis sa victoire au Reine Elisabeth 1997. Sa technique irréprochable, sa large palette de nuances, mais surtout la sonorité limpide et tranchante qu’il tire de son instruments sont des atouts maîtres d’une lecture inoubliable du Concerto pour violon n°2 de Bartók. Les moindres inflexions du discours et les plus infinis pianissimi retrouvent un sens et une logique sous cet archer exceptionnel. Péter Eötvös s’avère quant à lui, particulièrement affûté au pupitre du LSO en effectif complet. Sa vision est à la fois radiographique mais traite le matériau orchestral avec un éclat de joailler.

Rareté absolue des salles de concerts, la Symphonie n°3 de Szymanowski terminait en apothéose ce concert. Péter Eötvös semble tirer cette musique vers un Bartók de luxe, plus dans une optique sèche et moderniste que dans une lecture colorée ou fauviste. Le geste reste très contrôlé avec un beau sens des détails et des gradations. Le ténor , le chœur du LSO et les pupitres de la phalange britannique contribuent à la réussite de cette lecture, peut-être trop littérale, mais convaincante de ce chef d’œuvre, trop rareté fréquenté au concert.

On saura gré à Péter Eötvös d’avoir repris, en intégralité, le programme conçu par Pierre Boulez, même si la pâte du maître aurait été plus déterminante, en termes d’interprétations.

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Bruxelles. Palais des Beaux-Arts. 3-V-2012. Béla Bartók (1881-1945) : Musique pour cordes, percussions et célesta, Sz 106 ; BB 114 ; Concerto pour violon et orchestre n°2, Sz 112 ; BB 117 ; Karol Szymanowski (1882-1937) : Symphonie n°3, Op.27 « Le Chant de la Nuit ». Nikolaj Znaider, violon ; Steve Davislim, ténor ; London Symphony Orchestra et Chorus, direction : Péter Eötvös.

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