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Gleb Ivanov sans clarté dans Schubert et Liszt

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Paris, Auditorium du Louvre, 23-V-2012. Franz Schubert (1797-1828) : Sonates pour piano en la majeur D. 664 ; en la mineur D. 784 ; Franz Liszt (1811-1986) : Venezia et Napoli, supplément aux « Années de Pèlerinage, deuxième année » S. 162. Die Lorelei, S. 532 ; Charles Gounod (1818-1893) / Franz Liszt : Valse de Faust S. 407. Gleb Ivanov, piano

Nous sommes allés au récital de , un pianiste russe collectionneur de prix (Classical Legacy de Moscou, Vladimir Horowitz à Kiev, Yong Concert Artist à New York, l’université Princeton…) avec l’espoir d’entendre un jeune prodige encore inconnu ou méconnu, comme souvent le cas à l’Auditorium du Louvre. Nous devons avouer que cette fois, nous avions été déçu.

Les deux Sonates de Schubert dans la première partie étaient ternes et très peu convaincantes. En jouant la petite Sonate en la majeur, Ivanov manque cruellement de clarté. Le rythme est irrégulier, certains passages trop « romantiques » — nous avons découvert par la suite qu’il traitait la partition de la même façon que celle de Liszt qu’il jouait dans la deuxième partie — tandis que cette pièce assez dépouillée à difficulté mozartienne prévaut un discours limpide. Le sentiment de brouillard continue dans la deuxième Sonate, notamment dans le finale. Avec une interprétation qui semblait juste suivre les notes. Sans cette notion de temps figé si particulier chez Schubert, le sentiment de frustration est fort.

Dans Liszt, la même impression hante. Depuis le début du concert, sa technique, certes aboutie, est loin d’être satisfaisante : il manque trop souvent des notes, parfois celles qui constituent la clé du morceau. Cependant, il a une sensibilité lyrique poussée, exprimée pleinement dans Die Lorelei. Un moment de beauté avant la Valse de Faust, dont le début et la fin sont inondés de sons « tape-à-l’oreille ». Pour une dernière fois, cet aspect superficiel augmente notre frustration. C’est d’autant plus dommage que dans la partie médiane, un beau lyrisme était de nouveau au rendez-vous. Mais peut-être sa jeunesse ne lui avait-elle pas encore donné suffisamment de temps pour lui permettre d’acquérir une profondeur ? Attendons donc son évolution.

Crédit photographique : © Christian Steiner

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Paris, Auditorium du Louvre, 23-V-2012. Franz Schubert (1797-1828) : Sonates pour piano en la majeur D. 664 ; en la mineur D. 784 ; Franz Liszt (1811-1986) : Venezia et Napoli, supplément aux « Années de Pèlerinage, deuxième année » S. 162. Die Lorelei, S. 532 ; Charles Gounod (1818-1893) / Franz Liszt : Valse de Faust S. 407. Gleb Ivanov, piano

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