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Si vous aimez la musique country ou le rock’n roll, ce dossier n’est pas fait pour vous. La « art music » des Etats-Unis, éclectique et audacieuse, a su s’imposer au siècle dernier comme un vivier de personnalités revendiquant un style musical affranchi des influences européennes. Pour accéder au dossier complet : Danse et Musique américaines

 

Le chef d’orchestre américain commence sa deuxième saison au poste de directeur musical de l’ et il sort son premier disque avec ses musiciens : la Symphonie fantastique de Berlioz. ResMusica rencontre ce chef charismatique, animé de mille projets.

« Je suis étonnamment optimiste »

ResMusica : Vous êtes l’un des chefs les plus demandés. Qu’est-ce qui vous a convaincu d’accepter la direction musicale de l’?
 : J’avais été invité à diriger l’orchestre à plusieurs reprises et j’ai toujours aimé travailler avec lui. À l’époque, j’étais aussi à la recherche d’une base européenne en complément de mon travail aux États-Unis. La ville de Lyon a été une combinaison parfaite.

RM : Vous avez l’expérience de nombreux orchestres à travers le monde. Quel est votre point de vue la spécificité de l’ONL? Comment le différencier des autres orchestres?
LS : L’orchestre possède un son à la fois merveilleux et identifiable. Les bois sont excellents dans leurs individualités et dans leur ensemble. Les cuivres possèdent une sonorité très concentrée. Les percussions sont de première classe et les cordes s’avèrent riches et moelleuses. Ces caractéristiques sont à la fois en françaises et lyonnaises.

RM : Comment pensez-vous développer les thèmes des saisons de l’orchestre? Quels sont vos projets concernant spécifiquement le répertoire de l’ONL?
LS : Pour les deux premières saisons, nous avons travaillé beaucoup de répertoires de différents styles et époques. Cela permet à l’orchestre de s’habituer à moi et je peux ainsi savoir comment il évolue à travers eux. À l’avenir, nous allons certainement mettre l’accent sur la musique française, et particulièrement  sur des compositeurs insuffisamment joués de nos jours.

RM : Votre premier album avec l’orchestre est consacré à la Symphonie fantastique de Berlioz. Pourquoi choisir cette pièce emblématique du répertoire français, enregistrée par les grands chefs d’orchestre du passé et avec succès revisitée par des chefs plus jeunes? Quelles sont les prochaines étapes après l’enregistrement de cette Fantastique?
LS : La Fantastique est le moyen idéal pour présenter les bases de notre travail. Naxos voulait enregistrer une pièce emblématique au potentiel commercial mondial. Notre prochain projet est articulé autour de Ravel. Nous avons l’intention d’enregistrer la plupart de ses partitions orchestrales.

RM : On connait votre passion pour l’exploration des répertoires rares. Vous avez ainsi enregistré Dukas avec l’Orchestre National de France. Comment avez-vous découvert ce compositeur?
LS : Mon professeur de direction fut Jean Morel, un frenchman délicieux  et probablement l’un des pédagogues majeurs de la direction d’orchestre aux Etats-Unis.  Il m’a appris non seulement le répertoire classique, mais aussi les nombreuses raretés de la musique française.  C’est grâce à lui que j’ai découvert non seulement Dukas mais aussi Caplet, Roger Ducasse, Pierné et Rabaud. Ces compositeurs, et bien d’autres, feront partie, à l’avenir, du répertoire ONL.

RM : Vous avez effectué de nombreuses premières mondiales de compositeurs américains. Dans ce pays, les compositeurs sont moins focalisés qu’en France sur le concept d’avant-garde, et les esthétiques sont plus ouvertes. Avez-vous l’intention d’introduire certaines de ces œuvres au public à Lyon?
LS : Nous allons jouer une grande variété de compositeurs de styles très différents. En début de saison dernière, nous avons eu un festival consacré aux compositeurs américains, en se concentrant principalement sur l’influence du jazz. Dans un avenir proche, nous nous pencherons sur quelques-uns des développements intéressants dans la composition des cours du XXIème siècle, non seulement en Amérique et en France, mais aussi partout dans le monde.

RM : Vous venez de publier un livre sur l’art de diriger (dont le titre est Conducting business). Les chefs d’orchestre, généralement, théorisent assez peu au sujet de leur art. Quel est votre objectif à travers ce livre? Qu’est-ce qui vous a incité à se lancer dans l’aventure de son écriture?
LS : Ce livre est le fruit de la convergence de plusieurs aspects. Dans sa première partie, il se veut autobiographique et informatif. Mais j’étais aussi intéressé de présenter comment un chef d’orchestre travaille en terme de méthodologie, à l’opéra, en tant que directeur musical, ou même lors d’un enregistrement. Jusqu’à présent, la réception critique est très positive et les ventes sont bonnes. J’espère qu’une version française pourra voir rapidement le jour.

RM : Vous avez enregistré de nombreux disques. Dans votre discographie, je repère un album au programme hors normes qui propose « Le Chaos » de la Création de Haydn, Le Sacre du Printemps de Stravinsky et le premier enregistrement d’un ballet de Ginastera. Quel en était le sens ?
LS : Ginastera est l’un de mes compositeurs préférés. À Saint-Louis, nous avons donné la première mondiale de ce ballet, sa dernière pièce : Popol Vuh. L’histoire relate la création du monde à travers les légendes mayas. Haydn évoque le même sujet, mais à travers un point de vue biblique. Quant à  Stravinsky ; il a écrit son Sacre du printemps en s’inspirant des rituels de la Russie païenne des origines. Ainsi, toutes les pièces ont un lien avec la terre.

RM : Comment-vous l’avenir de la musique classique? Êtes-vous plus confiant ou pessimiste quant à l’avenir de cet art élitiste dans un monde globalisé? 
LS : Je suis étonnamment optimiste. Le monde de la musique classique a connu un changement radical au cours des 10 dernières années. La crise économique a eu un impact négatif sur les finances des institutions. La diminution de la place des arts dans les écoles publiques a aggravé la situation, coupant une partie du public potentiel de l’accès au classique. Mais grâce à Internet, il est maintenant possible d’écouter et d’entendre plus de musique que jamais. Si nous commençons à utiliser cet outil pour l’éducation, là je crois que des nouveaux auditoires se développeront.

Crédits photographiques : Bruno Amsellem et Donald Dietz

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