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La Traviata en ouverture à Montréal

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Montréal. Salle Wilfrid-Pelletier de la Place-des-Arts. 15-IX-2012. Giuseppe Verdi (1813-1901) : La Traviata, opéra en trois actes sur un livret de Francesco Maria Piave. Mise en scène: Michael Cavanagh ; décors : Tom Mays ; costumes : Gail Bakkom ; éclairages : Anne-Catherine Simard-Deraspe. Avec : Myrtò Papatanasiu, Violetta ; Roberto De Biaso, Alfredo ; Luca Grassi, Germont ; Aidan Ferguson, Flora ; Jean-Michel Richer, Gastone ; Karine Boucher, Annina ; Patrick Mallette, Baron Douphol ; Alexandre Sylvestre, Docteur Grenvil ; Tomislav Lavoie, Marquis d’Obigny ; David Menzies, Giuseppe ; Cairan Ryan, Un Commissaire. Chef de chœur : Claude Webster. Chœur de l’Opéra de Montréal. Orchestre Métropolitain. Direction : Fabrizio Maria Carminati

L’Opéra de Montréal ouvrait sa 33e saison, samedi 15 septembre 2012, avec La Traviata de , l’un des chefs-d’œuvre lyriques qui attirent toujours les foules. C’est la recette infaillible retenue par tous les directeurs de théâtre qui leur garantit invariablement une sécurité financière en période économique incertaine. On ne peut logiquement s’opposer à cette politique. Mais hélas, la richesse ne fait pas toujours le bonheur ! Cette production vue sous différents aspects, est loin d’être satisfaisante. Si les somptueux décors de en mettent plein la vue et campent l’époque 1900, il est vrai, admirablement mis en valeur sous les éclairages d’Anne-Catherine Simard-Deraspe et que tous les costumes qui défilent sur scène sont attrayants, – particulièrement le noir de Violetta et le rouge-flamme de Flora – le drame exige une profondeur, une intensité, une implication émotionnelle malheureusement absentes chez les deux protagonistes.

Une mise en scène ultra-traditionnelle, sans surprise, – malgré la transposition ci-haut mentionnée de l’action dans les Années folles – et un manque flagrant d’originalité. Une direction d’acteurs sans grande imagination, où l’on peut aisément prévoir tous les déplacements, où les gestes deviennent des stéréotypes, où des serviteurs restent sur scène quand ils devraient disparaître.

Enfin, une Violetta dont l’abattage déçoit. Certes, possède un joli timbre de soprano lyrique, chatoyant, mais ne dispose pas de moyens vocaux qui lui permettraient d’incarner un personnage de cette trempe. Elle a un physique qui l’avantage – grande et mince – mais elle ne réussit pas à nous faire partager la gamme d’émotions auxquelles on est en droit de s’attendre. Le fameux aria célébrissime E Strano – malgré les applaudissements nourris de la foule – ne réussit pas à séduire. L’extase amoureuse est bannie, les passions exacerbées aussi. Tout semble balisé et policé. On sent peu les émotions dans son jeu. Il faudra être patient et attendre le troisième acte pour enfin retrouver la soprano à son meilleur.

Tout au long de la soirée, le spectateur se sent souvent frustré par le jeu gauchi de la mise en scène et la non-implication des chanteurs-acteurs. Une Violetta toute en retenue et un Alfredo indifférent. Froide chez la première, manque de caractère chez le second. Rien de fusionnel dans ce couple. Le ténor campe un Alfredo sans beaucoup d’intensité. Le timbre n’irradie aucunement. Peut-on lui reprocher de posséder à sa palette que quelques couleurs sans beaucoup de nuances. Et surtout de ne pas vivre le drame dont il est le centre. Heureusement, l’excellent Germont père de possède une bonne voix de baryton et rend son personnage crédible. Belle sonorité aussi, du côté de Flora, interprétée par la mezzo . Tous les seconds rôles sont bien tenus.

Les chœurs, toujours bien préparés par sont dynamiques et donnent une couleur qui manque cruellement à la production. dirige d’une main de maître l’.

Le ballet vaut la peine d’être regardé. Mais ce spectacle est loin de satisfaire toutes les attentes. Il lui manque une âme.

Crédit photographique : et Roberto De Biasio © Yves Renaud

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Montréal. Salle Wilfrid-Pelletier de la Place-des-Arts. 15-IX-2012. Giuseppe Verdi (1813-1901) : La Traviata, opéra en trois actes sur un livret de Francesco Maria Piave. Mise en scène: Michael Cavanagh ; décors : Tom Mays ; costumes : Gail Bakkom ; éclairages : Anne-Catherine Simard-Deraspe. Avec : Myrtò Papatanasiu, Violetta ; Roberto De Biaso, Alfredo ; Luca Grassi, Germont ; Aidan Ferguson, Flora ; Jean-Michel Richer, Gastone ; Karine Boucher, Annina ; Patrick Mallette, Baron Douphol ; Alexandre Sylvestre, Docteur Grenvil ; Tomislav Lavoie, Marquis d’Obigny ; David Menzies, Giuseppe ; Cairan Ryan, Un Commissaire. Chef de chœur : Claude Webster. Chœur de l’Opéra de Montréal. Orchestre Métropolitain. Direction : Fabrizio Maria Carminati

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