Une soirée de Héros dirigée par Daniele Gatti

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Paris. Théâtre des Champs Élysées. 13-09-2012. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Leonore III, ouverture op. 72 ; Triple concerto pour violon, violoncelle et piano op. 56 ; Richard Strauss : Ein Heldenleben op. 40. Renaud Capuçon, violon. Yann Levionnois, violoncelle. David Kadouch, piano. Orchestre national de France, direction : Daniele Gatti

Un programme varié, des interprètes engagés et complices : une excellente manière de commencer la saison pour et l’ !

Le Triple concerto est superbe, les trois interprètes multiplient les oeillades complices, sont en un mot au diapason, sous le regard paternel de . Parmi eux, on décerne une mention spéciale au jeune violoncelliste – un jeune interprète a toujours droit aux faveurs du public – certes pas usurpée dans le cas présent, puisque c’est le violoncelle qui porte la partition. Non exempte de quelques fausses notes, sa prestation est animée et remarquable, idéalement secondée par les contrechants de . Seul est un peu en retrait : non qu’on lui en veuille ou qu’il soit coupable, Beethoven l’a voulu ainsi. Au titre des passages les plus marquants de l’oeuvre, on citera le mouvement central, une petite pépite, et le rondo, très ludique.

L’ouverture Léonore III donnée en début de concert n’avait malheureusement pas les mêmes qualités, et Daniele Gatti, jouant à fond la carte des contrastes, donnait à l’oeuvre un caractère certes épique mais quelque peu décousu.

Le Strauss enfin refermait la soirée de façon un peu étouffe-chrétien, mais pas inintéressante. Ein Heldenleben, « une vie de héros » (sans doute le titre le plus immodeste de son auteur), est indéniablement une oeuvre marquée par un ego surdimensionné, et au moins comparable à la taille de l’effectif requis. Comme toujours chez Strauss, la musique est animée d’un souffle épique renversant, mais le tout peine à reproduire le miracle des oeuvres antérieures : très (trop) descriptif, le discours s’enfonce dans des coups de manchette, des effets attendus, une rhétorique forcée. Certains passages ravivent l’intérêt de l’oeuvre néanmoins : « La Compagne du Héros, dans lequel le premier violon Luc Héry se fait remarquer par son beau lyrisme, ou « Les oeuvres de paix du Héros » qui est l’occasion d’un blind test ludique pour le mélomane connaissant son Strauss, où passent, dans un contrepoint touffu, divers thèmes d’oeuvres antérieures, tel le fameux thème de clarinette du Till l’espiègle.

Crédit photographique : © Gérard Proust

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