Fanny Fiat, danseuse et auto-entrepreneur

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Tous nos entretiens et portraits de danseurs et chorégraphes : Art de la Danse

 

Ancien sujet de l’Opéra de Paris, fait actuellement partie de la compagnie à Marseille. Avec son frère Laurent, peintre et plasticien, elle vient d’ouvrir Eléphant Paname, un espace artistique pluridisciplinaire de 500 m2 situé à deux pas de la place Vendôme. Rencontre avec une femme de caractère, passionnante et passionnée.

ResMusica : Comment passe-t-on du statut de danseuse exécutante à celui d’auto-entrepreneur ? Ce projet vous trottait-il depuis longtemps dans la tête ?
 : Ce projet, cela faisait quatre ans que mon frère et moi travaillions dessus. J’avais envie de faire quelque chose pour la danse. A la base, nous avions deux projets différenciés en tête : mon frère voulait ouvrir une galerie avec un espace café, un lieu d’art convivial ; quant à moi, j’avais en tête l’idée d’ouvrir des studios, car j’avais remarqué, en tant que danseuse, que la capitale en manquait cruellement. Nous avons décidé de regrouper nos projets, finalement complémentaires. Et l’idée d’un lieu dédié à la rencontre entre les arts et à la danse est née. Certes, il faut un brin d’audace et un zeste de folie pour monter un tel projet ! Mais nous sommes des passionnés et nous aimons à la folie ce que nous faisons.

RM : Comment avez-vous découvert l’Hôtel particulier de la rue Volney ? Est-ce que cela fut un coup de foudre ?
FF : Cela faisait un an que Laurent et moi visitions des appartements. Nous avons eu un coup de cœur immédiat pour l’Hôtel de la rue Volney, ce fut une évidence !

RM : N’est-ce pas difficile d’obtenir un financement des établissements bancaires lorsqu’on « vend » un projet purement artistique ?
FF : Bizarrement, non : les banques ont complètement adhéré à notre projet ! Mais ce n’est pas si étonnant car le centre, de par sa configuration et son emplacement privilégié, en plein cœur du deuxième arrondissement de Paris, constitue un excellent investissement.

RM : Combien de personnes permettent de faire tourner le centre ?
FF : L’équipe compte, en plus de mon frère et de moi-même, six personnes. Nous faisons aussi appel à des collaborateurs ponctuels, par exemple pour travailler sur la scénographie des expositions. Même si nous sommes entourés d’une bonne équipe, mon frère et moi gardons un œil sur tout : tout passe par nous. Et l’un de nous deux est toujours présent sur place. C’est passionnant de gérer tous les aspects du quotidien.

RM : Difficile de travailler en famille ?
FF : Laurent et moi nous entendons très bien ; nous sommes extrêmement complémentaires. Chacun fait une totale confiance à l’autre dans le domaine qui est le sien.

RM : Ressentez-vous une certaine pression quant à la viabilité du projet ?
FF : Certes, il faut que l’argent rentre. Mais nous avons confiance et espérons très fort que notre projet va vivre ! De manière plus pragmatique, ce qui rapportera le plus d’argent au centre seront les locations de studios. Nous avons déjà été contactés par un certain nombre de professeurs. Nous avons aussi prévu d’accueillir, de manière ponctuelle, des évènements en rapport avec l’Art. Eléphant Paname accueillera ainsi, en 2013, la Fashion Week pendant deux semaines. Certaines expositions seront payantes, mais d’autres seront éventuellement en entrée libre, par exemple si les artistes que nous exposons ont des œuvres à vendre. Bref, nous regorgeons d’idées et de projets !

RM : Comment définiriez-vous Eléphant Paname en quelques mots ?
FF : Le centre est une maison de vie et un havre d’artistes, un lieu de rencontres et de décloisonnement.

RM : Elitiste Eléphant Paname ?
FF : Qualitatif, c’est différent !

RM : Parlez-nous du restaurant qui ouvrira très prochainement au premier étage du centre ?
FF : Le restaurant sera ouvert 7 jours sur 7 et proposera une cuisine gastronomique, avec une très belle carte des vins, mais également une cuisine plus simple à des prix abordables.

RM : Parlons maintenant de Fanny la danseuse. Rétrospectivement, quel regard portez-vous sur vos années passées à l’Opéra ?
FF : J’en garde des souvenirs géniaux. L’Opéra constitue la meilleure formation au monde. Encore aujourd’hui, je me rends compte de l’impact formidable que ce sésame exerce sur les gens ! Ces années passées là-bas m’ont énormément apporté. C’était une grosse responsabilité de danser dans une compagnie d’une telle renommée. Peut-être que je n’aurais jamais ouvert le centre si je n’étais pas passée par la case Opéra.

RM : Quelle est votre actualité sur scène?
FF : Je danse avec la compagnie à Marseille. Nous préparons actuellement une commande de la ville pour l’événement Marseille, capitale européenne de la culture en 2013. Nous avons également d’autres projets sur scène. Même si je ne peux pas être en permanence présente à Marseille avec la troupe, je continue à m’entraîner ici, à Paris, avec Nicolas Joël, lui aussi membre de la compagnie et lui aussi ancien danseur de l’Opéra !

RM : Des regrets ?
FF : Non, ou peut-être deux rôles que j’aurais aimé danser : Kitri dans Don Quichotte et Myrtha dans Giselle. Des femmes de tête !

RM : Dans le futur, serez-vous tentée de privilégier le centre au détriment de votre carrière de danseuse ?
FF : Pour le moment, et malgré mon implication quotidienne dans le centre, je vais continuer à privilégier ma carrière de danseuse car une carrière est courte : à un moment, on ne peut plus aller en scène. Il faut en profiter tant que notre corps le peut. Eléphant Paname, dans mon idée, est au contraire ancré sur le long terme. J’aurai toute l’après-danse pour m’y consacrer encore davantage. Ces deux activités sont donc, dans mon esprit, complémentaires.

RM : Que peut-on souhaiter au centre ?
FF : Une longue vie ! Et surtout : que les artistes et le public se sentent chez eux. Mon rêve est, qu’un jour, des artistes me disent que l’inspiration leur est venue grâce à Eléphant Paname. Que le centre devienne un lieu d’inspiration porteur de beaux projets.

Crédits photographiques : Fanny Fiat aux côtés de son frère Laurent Fiat © Emmanuel Donny; Éléphant Panam – La salle du dôme © Emmanuel Donny; Éléphant Panam – 1er étage de l’exposition © Emmanuel Donny

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