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Raphaël Sévère, jeune étoile de la clarinette française

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Paris, Auditorium du Louvre, 27-IX-2012. Johannes Brahms (1833-1897) : Deuxième Sonate en mi bémol majeur op. 120-2 ; Claude Debussy (1862-1918) : Première Rhapsodie ; Karol Beffa (né en 1973) : Epitaphe ; Francis Poulenc (1899-1963) : Sonate. Raphaël Sévère, clarinette, Adam Laloum, piano

Raphael_Severe©Bertrand_BechardS’il existe encore ce qu’on peut appeler l’école française de la clarinette, est assurément l’un de ceux qui portent le flambeau de cette école. Né en 1994, le jeune musicien fait des études à Nantes puis à Paris ; lauréat du concours international de Tokyo, il y remporte également cinq prix spéciaux ; à moins de vingt ans, il a déjà entamé une carrière internationale en tant que soliste et chambriste.

Formant un duo idéal avec , dont le lyrisme n’est plus à démontrer, dévoile son grand talent au public parisien. Dans la Deuxième Sonate de Brahms, le dialogue entre les deux solistes est remarquablement harmonieux, le piano reprenant le timbre de la clarinette et vice versa, notamment lorsque le même motif est joué l’un après l’autre par les deux instruments. Excellent interprète du compositeur de Hambourg, met en avant le caractère poétique de l’œuvre plutôt que le côté germanique rugueux et austère. Ensuite, dans la Première Rhapsodie de Debussy, le timbre de la clarinette change nettement, il est plus rond et plus « enveloppé », sans qu’il ne néglige toutefois jamais l’éclat lumineux dans les aigus.

Epitaphe de , composé en 2010, joue avec les timbres, sur le fond de notes répétées dans un cadre rythmique et tonal aisément reconnaissable. Une pièce assez sobre mais qui permet pleinement au clarinettiste des expressions de nuances subtiles, pour lesquelles il excelle. Pour terminer le concert, la Sonate de Francis Poulenc, où les deux jeunes hommes exploitent encore et encore différents jeux de timbres, avec même une sorte d’espièglerie, par exemple sur des trilles exécutées de manière totalement différentes.

En bis, Raphaël Sévère interprète une pièce de Schumann en se servant de tout son corps. En effet, il sent la musique dans son être entier, donnant à sa musique une grande fraîcheur. Quant à Laloum, il comprend tout à fait cette sensibilité et le soutient au mieux. Un duo à suivre.

Crédit photographique : Raphaël Sévère © Bertrand Béchard

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Paris, Auditorium du Louvre, 27-IX-2012. Johannes Brahms (1833-1897) : Deuxième Sonate en mi bémol majeur op. 120-2 ; Claude Debussy (1862-1918) : Première Rhapsodie ; Karol Beffa (né en 1973) : Epitaphe ; Francis Poulenc (1899-1963) : Sonate. Raphaël Sévère, clarinette, Adam Laloum, piano

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