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Amadis de Gaule de Johann Christian Bach : un opéra à la vivacité retrouvée

À emporter, CD, Opéra

Johann Christian Bach (1735-1782): Amadis de Gaule, tragédie lyrique en trois actes. Livret d’Alphonse-Marie-Denis Devisme d’après Philippe Quinault. Avec: Philippe Do, Amadis ; Katia Velletaz, Oriane ; Pierre-Yves Pruvot, Arcalaüs ; Hjördis Thébault : Arcabonne. Orchestre et ensemble vocal Solamente Naturali et Musica Florea. Direction: Didier Talpain. 1 Livre/2 CD Palazetto Bru Zane/Ediciones Singulares ES 1007. ISBN: 978 84 939 6860 1. Textes de présentation en anglais et en français. Livret en anglais et en français. Enregistré en novembre 2010. Durée : 67’10+64’19.

 

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Inspiré des romans de chevalerie, le livret d’Amadis de Gaule que Philippe Quinault composa pour Lully connut divers remaniements pour l’établissement du livret final retenu pour l’opéra que composa Jean-Chrétien Bach en 1779. L’œuvre n’eut pas le succès escompté lors de la création : elle fut jouée dans une période tourmentée de l’Académie Royale, et Jean-Chrétien Bach ne prend aucunement parti dans la bataille des gluckistes et des piccinistes. Cela se reflète musicalement où les mélismes italiens peuvent s’accommoder d’une prosodie française, et l’on obtient une partition hétéroclite, mais habile et marquée du sceau de l’intelligence. Toujours est-il que, bien n’ayant pas eu l’accueil favorable au XVIIIème siècle, les représentations se succèdent désormais, comme à Versailles, et, cette année, une parution discographique soutenue par le Centre de musique romantique française Bru Zane.

est un Amadis très plaisant, où chaque intonation est visible, et il rend justice à un héros auquel on peut avoir quelque peu du mal à se figurer. On retiendra également la belle prestation de Katia Velletaz, qui offre un contrepoint fort équilibré de la courtisée Oriane  à son amant. Enfin, le rôle d’Arcabonne, faisant appel à la magie et aux imprécations vénéneuses, est élégamment soutenu par .

La direction de est vive, fine et incisive ; par moments, l’attention a du mal à être constante, mais la bizarrerie de la construction de l’œuvre peut aussi expliquer cela en partie.

Enfin, signalons la grande qualité éditoriale des articles qui agrémentent les 2 CD, qui permettent de resituer, dans le contexte de l’époque et dans celui de la musicologie, ce en quoi l’écoute de cet opéra permet de saisir la jonction qu’il tente d’effectuer dans les errements et les derniers feux de la tragédie lyrique en France à la fin du XVIIIème siècle.

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