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Marc Minkowski étincelle les symphonies de Schubert

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Franz Schubert (1797-1828) : intégrale des symphonies. Les Musiciens du Louvre Grenoble ; Marc Minkowski, direction. 4 CD Naïve V 5299. Code barre : 8 22186 05299 0. Enregistré en mars 2012 au Konzerthaus de Vienne. Livret en français, anglais et allemand. Durée totale : 4 heures 4 minutes

 

Voici un nouvel album enregistré par et ses Grenoble. La réalisation s’inscrit dans la continuation de l’exploration de la symphonie viennoise que le chef d’orchestre français a lancée en juin 2009 par une intégrale en concert, enregistrée en direct, des douze symphonies londoniennes de Joseph Haydn. Comme il sied à un tel projet, les représentations ont eu lieu au Konzerthaus de Vienne, au cœur de l’Autriche, dans la ville où la première École viennoise avait pris forme autour de Haydn, Mozart et du jeune Beethoven. On ajoute parfois à cette trinité dont les symphonies, composées entre 1813 et 1828, constituent un lien entre l’époque classique et le romantisme naissant.

Trois ans après l’enregistrement des symphonies de Haydn, a présenté et a gravé sur disque – de nouveau en public – l’intégrale des symphonies de Schubert au même Konzerthaus de Vienne. Comme le chef d’orchestre l’a proclamé dans une interview au journal « Le Soir » du 29 août 2012, « cela se passait à Vienne où le directeur du Konzerthaus était ravi de notre travail sur les Londoniennes de Josef Haydn […]. Il voulait poursuivre la collaboration. Beethoven me semblait un peu prématuré ; Schubert s’est naturellement imposé. Dans un certain sens, il représente une continuité dans l’évolution de la symphonie viennoise par delà les coups de boutoir de Beethoven ».

Le coffret de l’intégrale des symphonies de Schubert comprend quatre disques. Le premier contient les 3ème, 1ère et 2ème symphonies (nous les citons en nous appuyant sur l’ordre de chaque CD). Le second inclut les 5ème et 4ème (dite « tragique ») symphonies. Le suivant renferme les 7ème (8ème, dite « inachevée ») et 6ème (dite « la petite en ut majeur ») symphonies. Le dernier comporte à son tour la 8ème (9ème) symphonie qu’on appelle « la grande en ut majeur ».

Rappelons que la Grande symphonie a été autrefois la Septième puisqu’elle est l’ultime symphonie accomplie du cycle. On lui a aussi accordé le numéro 9, en supposant découvrir un jour la mystérieuse symphonie dite « de Gmunden-Gastein ». Étant donné qu’elle n’a jamais été retrouvée, on a attribué à toutes les symphonies constituées de mouvements entièrement composés – des chiffres qui correspondent à la numérotation chronologique. Par conséquent, la Grande symphonie a reçu le numéro 8 et la Symphonie inachevée le numéro 7.

Les symphonies de Schubert sous la baguette de Marc Minkowski sont d’une transparence extraordinaire. Le chef d’orchestre leur donne une vitalité rythmique, des respirations et une virtuosité parfaite. Sa direction est vigoureuse et électrisante. Son geste est d’une souplesse inhabituelle et ses phrasés se caractérisent par la musicalité et par la finesse.

Malgré le fait que ces œuvres aient été enregistrées en public, l’intonation des instruments est irréprochable. Les cordes se distinguent par la variété des teintes ; les vents n’en sont pas moins bons : on admire les timbres idéaux des bois et ceux des cuivres. Pour ce qui est de la Symphonie inachevée, Minkowski a décidé de doubler les bois et les cors. L’interprétation qu’il nous propose, se place parmi les plus rares et les plus nobles de cette partition angoissée qui soient parvenues à son sens dramatique. En ce qui concerne les bois, nous sommes également éblouis par la légèreté de la flûte dans le 1er mouvement de la Symphonie n° 2, ainsi que par l’élasticité des trilles du hautbois dans le 2nd mouvement de la Grande symphonie. Cette dernière devient majestueuse à cause des phrasés amples et généreux. Dans la 6ème symphonie par contre, Minkowski est enthousiasmant par sa virtuosité et son sens de l’humour. D’ailleurs, de même que dans la 2ème symphonie – une œuvre très difficile interprétativement – il montre une vision imprégnée de l’énergie juvénile dont la source paraît inépuisable, en dépit de l’âge du musicien ayant fêté le 4 octobre ses cinquante ans.

Sachant que les symphonies de Schubert sont d’habitude enregistrées sur des instruments contemporains, il semble que – pour les exécutions sur des instruments anciens – l’intégrale de Marc Minkowski dirigeant Les Grenoble soit la version de référence moderne pour longtemps. D’autant plus que la prise de son est ici en tout point formidable. Mentionnons à la fin que le label Naïve a réalisé deux éditions de l’album : une édition simple et une édition « de luxe collector », complétée par un DVD avec la Grande symphonie en version vidéo.

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Franz Schubert (1797-1828) : intégrale des symphonies. Les Musiciens du Louvre Grenoble ; Marc Minkowski, direction. 4 CD Naïve V 5299. Code barre : 8 22186 05299 0. Enregistré en mars 2012 au Konzerthaus de Vienne. Livret en français, anglais et allemand. Durée totale : 4 heures 4 minutes

 
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