La Scène, Musique de chambre et récital

Guillaume Coppola sort des sentiers battus

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Paris, Athénée Théâtre Louis-Jouvet, 22-X 2012. Claude Debussy (1862-1918) : extraits des Préludes – La Puerta del vino, Bruyère, Brouillards, La terrasse des audiences du claire de lune, Feux d’artifice ; Frédéric Chopin (1810-1849) : Polonaise op. 26-1, Impromptu op. 36, Fantaisie-Impromptu op. 66 ; Enrique Granados (1867-1916) : Extraits des Danses Espagnoles – Galante, Oriental, Andaluza, Bolero ; Allegro de concert. Guillaume Coppola, piano.

Remarqué pour ses interprétations de Liszt, aurait pu suivre un parcours « classique » en proposant de grandes œuvres de Chopin ou de Schumann. C’est ce qu’il fait en partie dans ce récital, mais il suit un choix personnel assez inattendu avec Granados, ce qui le fait sortir des sentiers battus.

Le récital, qui débute avec le portrait de Monsieur Cloche, alter-ego de Debussy, lu par François Castang, est construit sur un lien musical significatif, une sorte d’hommage à Debussy : avec Chopin, son compositeur favori, et la musique de Granados, exprimant son admiration pour l’Espagne. Entre chaque partie, des extraits de Monsieur Cloche pour illustrer les morceaux joués.

Dans la première partie, consacrée à des extraits des Préludes de Debussy, notre pianiste, dans l’ensemble, retient le tempo : il a certes choisi des pièces à caractère posé, ce qui confère à son interprétation une sensation de prudence. Si ses Feux d’artifice ne brillent pas de tous leurs éclats, c’est en grande partie du fait de la sonorité du piano, un Steingaeber, facture rarement utilisée en concert, qui a une texture sonore « crémeuse ». Le son est extrêmement doux et rond, très homogène, à part dans les aigus qui sont assez voyants. Pour les oreilles modernes, trop habituées à des sonorités très claires, voire agressives, ce piano suggère une remise en question de notre écoute, car les trois pièces de Chopin qui sont jouées ensuite sur cet instrument sonnent si différemment que nous sommes assez intrigués ; ainsi, la Première Polonaise perd quelque peu de sa virilité.

Viennent enfin des Granados, clous de la soirée. L’exécution est fine et délicate, on croirait écouter un excellent pianiste (peut-être Chopin ?) dans un salon raffiné. Pas de rythme ensoleillé ni d’éblouissement violent – est-ce aussi à cause de l’instrument ? – mais un sommet de bon goût. Attention toutefois, réserve le meilleur pour la fin, Allegro de concert, où sa musicalité virtuose explose jusqu’au vertige. En bis, deux Danses espagnoles qui font prolonger le plaisir de beaux phrasés.

Crédit photographique : © DR

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Paris, Athénée Théâtre Louis-Jouvet, 22-X 2012. Claude Debussy (1862-1918) : extraits des Préludes – La Puerta del vino, Bruyère, Brouillards, La terrasse des audiences du claire de lune, Feux d’artifice ; Frédéric Chopin (1810-1849) : Polonaise op. 26-1, Impromptu op. 36, Fantaisie-Impromptu op. 66 ; Enrique Granados (1867-1916) : Extraits des Danses Espagnoles – Galante, Oriental, Andaluza, Bolero ; Allegro de concert. Guillaume Coppola, piano.

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