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Paul Paray et Nikolaï Rimski-Korsakov

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Nikolaï Rimski-Korsakov (1844-1908) : La Grande Pâque Russe, ouverture op. 36 ; Antar, suite symphonique (Symphonie n°2) op. 9 ; Capriccio Espagnol, op. 34. Maurice Ravel (1875-1937) : Boléro. Detroit Symphony Orchestra, direction : Paul Paray. 1 CD-R Pristine Audio PASC338. Pas de code barre. Enregistré du 13 au 20 février et le 7 décembre 1953 à l’Orchestra Hall de Detroit. ADD [mono]. Notice unilingue (anglais) succincte. Durée : 69’12

 

Avant de nous quitter, la directrice artistique – productrice – ingénieur du son Wilma Cozart Fine (1927-2009) avait eu le temps de transférer en CD virtuellement tout le catalogue classique stéréo du légendaire  label américain Mercury auquel elle fut associée durant de nombreuses années. Les bandes stéréo étant une priorité évidente pour ces transferts, peu d’enregistrements mono furent hélas sauvegardés en CD : on peut citer parmi les rescapés les Tableaux d’une Exposition de Moussorgski, la Musique pour cordes, percussion et célesta de Bartók (avril 1951), Má Vlast (Ma Patrie) de Smetana (décembre 1952), le tout par Rafael Kubelík, historiquement de toute première importance ; , compositeur et chef d’orchestre, avait accompli à Detroit son beau cycle des symphonies de Schumann partie en mono, partie en stéréo, et comme il se devait, Cozart Fine avait évidemment mis en CD l’intégralité de l’ensemble.

Il restait toutefois de nombreuses gravures monophoniques qui appelaient impérativement leur restauration : des œuvres de compositeurs américains et notamment d’Howard Hanson dirigées par ce dernier ou Frederick Fennell, et de précieuses gravures d’Antal Doráti et de . C’est en très grande partie chose faite grâce à la ténacité d’Andrew Rose, le maître d’œuvre de Pristine Audio. Parmi les enregistrements mono du grand chef français, ceux consacrés à Rimski-Korsakov étaient attendus impatiemment : les voici enfin restituées en des transferts éblouissants, grâce à l’incomparable savoir-faire d’Andrew Rose. Son label Pristine Audio, installé au Sud-Ouest de la France et actif depuis 2001, propose un immense répertoire à la disposition des mélomanes, sous divers prix et possibilités : en fichiers payants téléchargeables mp3, flac, ou en CD-R avec ou sans leur plaquette, téléchargeable si nécessaire.

Chose rare chez un éditeur, et à souligner, la technique du transfert est également au choix : soit en pure monophonie (XR remastering, depuis 2007), soit avec une légère et subtile ambiance ajoutée, non destructive (Ambient Stereo XR, s’appliquant à tous les transferts XR). Nous avons choisi, pour cette chronique, le procédé XR remastering, mono sans ambiance ajoutée, et le résultat est vraiment sensationnel, quelles que soient les œuvres envisagées : ces transferts ont dû certainement être réalisés à partir de microsillons Mercury immaculés, car même au casque, aucun défaut inhérent à ce support n’est perceptible.

L’œuvre principale de ce CD est évidemment la Suite Symphonique ou Symphonie n°2 « Antar » op. 9, dont Scherchen (septembre 1953) et Paray (décembre 1953) réalisèrent les premières gravures microsillon. La réédition Rimski-Korsakov chez Decca Eloquence Australie a permis de remettre en circulation l’excellente gravure stéréo d’Ernest Ansermet, mais en même temps, cette parution nous faisait déplorer l’absence incompréhensible au catalogue de la version Paul Paray, qui à notre sens reste la meilleure, malgré les nombreux enregistrements qui lui ont succédé. L’audition actuelle à partir de ce transfert Pristine Audio confirme notre opinion : beauté instrumentale, moments d’extrême poésie, tempi vif-argent, nervosité de l’interprétation associée à la précision instrumentale du trait (plus encore qu’Ansermet !) sont les caractéristiques de cette interprétation toute française de cette musique russe « jusqu’à la moelle », à laquelle cette dualité convient idéalement. Il vient de suite à l’esprit les exécutions énergiques et bouillonnantes d’un Charles Munch, mais avec une rigueur supplémentaire.

Les autres partitions de ce CD bénéficient d’un traitement identique : La Grande Pâque Russe déborde de vitalité, après une introduction toute en méditation ; le Capriccio Espagnol est une véritable débauche sonore, toutefois constamment sous contrôle, et on remarquera le rubato unique et propre à Paul Paray dans le thème principal de la quatrième partie Scena e Canto Gitano : Stokowski en aurait bien fait tout autant ! Le Boléro de Ravel est l’un des plus rapides existants : 13 min 11 contre 16 min 24 dans l’interprétation inexorable de Ravel lui-même ; néanmoins aucune précipitation n’est perceptible dans la réalisation impeccable de Paray. Notons qu’ici, Andrew Rose s’est judicieusement permis de restaurer la dynamique originelle du Boléro dont la gravure était au départ relativement compressée.

Au total, à l’audition de cette magnifique production de Pristine Audio, qui nous restitue idéalement deux LPs mono Mercury, on espère qu’Andrew Rose n’en reste pas là : il existe à son catalogue, parmi une multitude de pierres précieuses Mercury, cette exceptionnelle Symphonie n°2 « Épique » de Borodine dans la vision grandiose d’Antal Doráti (Pristine Audio PASC145), et Andrew Rose n’est d’ailleurs plus très loin de la totalité de ces gravures mono légendaires Mercury, restituées en des transferts tout aussi adéquats. Et puis il y a encore Capitol, CBS, RCA-Victor…

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Nikolaï Rimski-Korsakov (1844-1908) : La Grande Pâque Russe, ouverture op. 36 ; Antar, suite symphonique (Symphonie n°2) op. 9 ; Capriccio Espagnol, op. 34. Maurice Ravel (1875-1937) : Boléro. Detroit Symphony Orchestra, direction : Paul Paray. 1 CD-R Pristine Audio PASC338. Pas de code barre. Enregistré du 13 au 20 février et le 7 décembre 1953 à l’Orchestra Hall de Detroit. ADD [mono]. Notice unilingue (anglais) succincte. Durée : 69’12

 
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