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Supplément d’âme de Jean-Philippe Viret

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Supplément d’âme: Jean-Philippe Viret, contrebasse, composition; Sébastien Surel, violon; David Gaillard, alto; Eric-Maria Couturier, violoncelle. CD Mélisse Mel 666012; enregistré à Audiolane/France en février 2012; texte français; 43’06.

 

L’idée d’ajouter sa contrebasse aux trois autres cordes du quatuor – supplément d’âme! – est de , les sept compositions de cet album aussi : Elles sont extraites pour la plupart de bandes-son de films (Esthétique ou pathétique, Justice, Le rêve usurpé, Pierre Daura), mais pas seulement; elles puisent aussi au répertoire baroque (Les Barricades mystérieuses) le vieux procédé de la basse obstinée sur laquelle les instruments, en pizzicato d’abord (clavecin oblige), feront naître autant d’arabesques libres et non dénuées de poésie.

Introduit par une superbe phrase du violon – lumineux ) qui lance le mouvement, Esthétique et pathétique, une des plus belles réussites du CD, laisse apprécier les couleurs du quatuor dans l’éventail varié des solos évoluant sur une base rythmique qui modifie elle aussi ses textures. C’est sur un principe similaire (rythme obsédé au violoncelle) que débute Coalescence dont le lent processus d’amplification sonore, entretenu par les trois autres cordes dans le feu de l’improvisation, va peu à peu céder la place à une écriture polyphonique, renouvelant de façon radicale le geste instrumental. Justice comme Rêve usurpé sont écrits dans une veine plus mélodique et sensuellement modale (Justice) voire contrapuntique, à la manière un rien ascétique de Ravel dans Un rêve usurpé; mais l’archet de l’alto change de régime sous l’impulsion jazzy de la contrebasse; on louvoiera d’ailleurs ainsi tout du long, entre libre improvisation et rigueur de l’écriture, haut et bas voltage. Si, pour Pierre Daura, adopte la stricte écriture de choral dans des allures cette fois presque néo-classiques, il réinstaure dans Sablier une rythmique répétitive et une allure très pulsée où sont ménagées des ruptures qui modifient d’autant les sonorités (percussion sur la caisse, distorsion du son) dans un contexte instrumental des plus coloré.

Si Jean-Philippe Viret compositeur joue de façon parfois un peu risquée avec l’hybridation des styles, la synergie des quatre archets est épatante et le mariage avec la contrebasse des plus heureux.

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Supplément d’âme: Jean-Philippe Viret, contrebasse, composition; Sébastien Surel, violon; David Gaillard, alto; Eric-Maria Couturier, violoncelle. CD Mélisse Mel 666012; enregistré à Audiolane/France en février 2012; texte français; 43’06.

 
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