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Les élèves de Carl Nielsen

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Dossier inédit que « La série des Danois » qui met en lumière des musiciens souvent méconnus du public français. Rédiger par notre spécialiste de la musique nord-européenne, cette série d’articles va de découverte en découverte. Pour accéder au dossier : La série des Danois

enseigna au Conservatoire royal de musique de Copenhague à partir de 1915. Il y restera jusqu’à sa mort survenue en 1931 quelques mois après en avoir été nommé directeur.

 

Le comportement amical et respectueux de envers ses élèves, tous déjà en possession d’un bagage musical de premier ordre, a été largement rapporté et souligné par les intéressés eux-mêmes ainsi que par d’autres observateurs et témoins.

Contrairement à beaucoup de ses collègues célèbres, Nielsen n’avait pas la prétention de détenir une quelconque vérité en matière artistique et notamment musicale. A ce titre, il se dispensait sans difficulté de dire le vrai et de condamner tout ce qui pouvait ne pas correspondre à sa propre manière d’écrire la musique.

S’il affichait une ambition sincère à cet égard c’était bien de favoriser les potentialités plus ou moins exprimées chez chacun de ses élèves ou disciples.

Carl Nielsen enseigna au Conservatoire royal de musique de Copenhague à partir de 1915. Il y restera jusqu’à sa mort survenue en 1931 quelques mois après en avoir été nommé directeur.

Il eut avant cet engagement officiel un certain nombre d’élèves privés, moins par passion pédagogique que par nécessité financière. Et ce, dès l’époque où il étudiait dans ce même conservatoire. La plupart étaient des élèves de violon. Avec le temps et surtout la renommée, il leur enseigna la théorie musicale et la composition.

En 1901 il organisa un concert consacré aux œuvres de quelques-uns de ses nombreux élèves dans la petite salle du Odd Fellow Palaæ. On put ainsi entendre des musiques de Paul Hellmuth, Svend Godske-Nielsen, Adolf Riis-Magnusen, Thorvald Aagaard et Emilius Bangert.

Il consacra beaucoup moins de temps à ses élèves lorsqu’il devint chef d’orchestre au Théâtre royal. Après 1914 il avait de nouveau plus de disponibilité et besoin de revenus. Début 1916, il fut engagé comme professeur de théorie, de formes musicales, d’instrumentation et d’ensemble au Conservatoire comme successeur d’Otto Malling, décédé.

Parallèlement il prenait des élèves privés comme Knut Jeppesen, Poul Schierbeck, Nancy Dalberg, Jorgen Bentzon, Johs. Andersen et Magnus Wöldike.

Nielsen entretint fréquemment des relations très cordiales, souvent amicales voire professionnelles avec plusieurs élèves et disciples. Divers témoignages confirment combien, à côté des nécessités pédagogiques évidentes, il sut se montrer bienveillant et encourageant mais justement critique aussi.

Nous possédons par exemple le témoignage écrit de Thorvald Nielsen à l’occasion du centenaire de la naissance de son homonyme célèbre sans lien de parenté avec lui. Il convient de signaler combien le maître déjà vieillissant se souvenait de la manière dont Niels Gade l’avait reçu en audition privée avant de l’accepter dans son conservatoire de musique de Copenhague sans condition de financement, luxe auquel le jeune homme ne pouvait nullement prétendre.

Le jeune Thorvald Nielsen, sur la chaude recommandation de Rolf Viggo de Neergaard (époux de Bodil, la fille du fameux compositeur Johan Peter Emilius Hartmann), montra au maître ses partitions à l’automne 1906. L’accueil fut chaleureux et empathique, très cordial en somme. Plus tard, il joua sous sa direction à l’Orchestre du Théâtre royal (1910) et devint membre du Quatuor à cordes Fini Henriques avant de fonder sa propre formation. Il ne fut pas véritablement un élève de Carl Nielsen mais un proche, voire un ami, défenseur de sa musique et attentif à l’évolution de sa carrière.

Principaux élèves danois de Carl Nielsen

Plusieurs élèves de Carl Nielsen connaîtront des difficultés matérielles et sans avoir beaucoup d’autres opportunités travailleront comme organistes. Demeurer dans l’ombre, ne pas briller sur le devant de la scène médiatique du temps impliquait la stagnation silencieuse presque anonyme et une rémunération fort modeste. Carl Nielsen avait parfaitement conscience de cet état de fait.

L’enseignement représentait la deuxième source principale de rémunération plus ou moins régulière mais accessible à la plupart de ces musiciens.

La proximité d’une sommité de la trempe de Carl Nielsen exigeait probablement l’émergence d’un puissant tempérament pour qui ambitionnait de se distinguer au firmament des grands créateurs danois de son temps. Et ce d’autant plus qu’en dehors de Nielsen lui-même une palanquée de musiciens de premier ordre partageaient la vedette avec lui. En effet, il serait erroné d’imaginer qu’en dehors de Carl Nielsen et de sa musique il n’existait nul salut pour les autres créateurs. Plusieurs compositeurs défendaient encore, avec un succès plus limité certes mais aucunement insignifiant, l’esthétique de l’époque révolue de l’âge d’or de la musique danoise. Une autre catégorie occupait tout un pan de la vie culturelle danoise et principalement dans la capitale Copenhague, représentée par ceux que l’on pourrait, un peu globalement certes, qualifier de post-romantiques. Les différents musiciens évoqués dans cette série (« La Série des Danois ») constituent de très bons exemples du rôle qu’ils jouaient sans concession et souvent avec enthousiasme et talent au quotidien dans les programmations danoises.

Ainsi devient-il assez aisé de comprendre la difficulté que les élèves de Nielsen (et d’autres maîtres contemporains) pouvaient rencontrer à gagner la reconnaissance des oreilles peu enclines à consacrer quelque attention à des seconds couteaux.

Néanmoins, tous et chacun ont œuvré dans leur domaine de prédilection apportant leur modeste contribution à l’édifice musical du pays. Si la plupart ont complètement disparu du répertoire, il en est deux ou trois seulement à avoir laissé des partitions très intéressantes et parfois absolument personnelles.

En hommage à leur parcours nous retraçons brièvement les très grandes lignes de leurs diverses fonctions et de leur travail de créateurs dont la modestie relative n’efface aucunement la réalité.

▲ THORVALD AAGAAARD

Ce proche de Nielsen s’est manifesté comme compositeur de chansons dont certaines furent très appréciées. On en compte plus de 200.
Musicien originaire de Fionie (8 juin 1877- 22 mars 1937,) comme son ami Nielsen, professeur à l’école de la ville de Ryslinge, élève au Conservatoire de Copenhague, également organiste, il fut aussi et surtout le co-éditeur du célèbre livre de mélodies à l’intention des Hautes Ecoles Populaires (Folkehøjskolen Melodibog, 1922 et 1940). Aagaard, avec Carl Nielsen, Oluf Ring et Thomas Laub, se positionne comme l’un des rénovateurs de la musique populaire danoise. Parmi ses chansons les plus connues, citons par exemple : Spurven sidder stum bag Kvist ; Jeg ser de bøgelyse Øer

Il aura à sa manière contribué à porter la musique vocale chez les anonymes habitants de sa région natale.
Une statue commémorative à sa mémoire due à Søren West a été dressée dans le Square Aagaard situé à Ryslinge où il avait joué de l’orgue durant plusieurs années.

De nos jours son souvenir a quasiment disparu de la mémoire collective danoise ce qui ne préjuge en rien des qualités intrinsèques de son écriture musicale.

▲ HARALD AGERSNAP

Fils du peintre Hans Agersnap, né à Vending au Danemark le 2 mars 1889, Harald se dirige vers la musique et reçoit l’enseignement d’Otto Malling et de Carl Nielsen. Il travaille d’abord comme violoncelliste au sein de l’Orchestre royal et de l’Orchestre symphonique de Tivoli. Il occupe ensuite plusieurs postes de chef d’orchestre. Notamment on le retrouve chef de chœur (opéra) au Théâtre royal de Copenhague entre 1934 et 1966. Egalement pianiste. Il meurt à Ordrup (Danemark) le 16 janvier 1982 à l’âge de 92 ans.

Compositeur également, il laisse un certain nombre de partitions totalement oubliées parmi lesquelles on citera : deux quatuors à cordes (1943 et 1947), un opéra intitulé Karneval i maj, une musique de ballet (Nips, 1920), des musiques de scène (Aladdin, 1925 ; Gildet på Solhaug, 1924, Prinsessen og det halve kongerige, 1927 ; Og Pippa danser, 1930), Suite i danserytmer (quintette à vent, 1931), une Sonate pour alto et piano, une Sonatine inversa, pour violoncelle et piano, 1937 et des musiques pour orchestre comme Intrada festivo (1938), Agave, pour voix et orchestre, 1939, Pigen fra Kaas (1941) ainsi que Trois Pièces pour hautbois et orchestre de 1938.

▲ JOHANNES ANDERSEN

Né à Odense le 6 juin 1890 (et mort en 1980) Johannes Andersen est d’abord musicien militaire à Odense (1907-1913), il étudie ensuite le contrepoint avec Paul Hellmuth et la composition avec Carl Nielsen. Il est corniste au sein de l’Orchestre philharmonique de Copenhague et à l’Orchestre symphonique de la Radio d’Etat entre 1926 et 1960.

Compositeur il laisse des partitions jamais jouées de nos jours… et bien peu avant !

Citons néanmoins, pour orchestre : Symphonie n° 1, 1918, donnée à Copenhague en 1920 ; Symphonie n° 2, 1946 ; 2 Suites pour orchestre ; Ouverture pour orchestre de chambre ; Prélude de fête, 1942, donné à la Radio en 1943 ; Concerto pour violon, 1947. Egalement, Cantate de Pâques (Påske Kanate), 1947 ; Jule Kantate, 1942 ; des œuvres pour cor et orchestre comme Höjsang, 1937 et encore un Quintette pour cuivres, donné à la Radio en 1939, un Quintette avec hautbois, Radio, 1945, un Quatuor à cordes en ré majeur, donné en 1925 à Copenhague. Des chansons pour voix avec piano (et parfois orchestre).

▲ EMILIUS BANGERT

Caspar Ferdinand Emilius Bangert (Copenhague, 19 août 1883 – Roskilde, 19 août 1962) fut influencé par la musique française sans pour autant abandonner le style scandinave. Organiste, compositeur, chantre à la cathédrale et professeur, Bangert était diplômé de Borgerdydskole (1902-1903), une des plus prestigieuses écoles privées de la capitale avant de devenir assistant dans l’assurance nationale incendie du bâtiment.

Elève privé en théorie et en composition de Carl Nielsen entre 1902 et 1907, il suivit aussi l’enseignement de Henrik Knudsen et d’Edgar Henrichsen pour l’orgue mais aussi à Paris celui de Eugène Gigout.

Il reçut son diplôme d’organiste en 1908. A partir de 1915 il joua comme organiste dans plusieurs églises, officiant notamment (à partir de 1946) à la cathédrale de Roskilde jusqu’en 1955.

Emilius Bangert fut l’un des plus grands organistes de son temps.

A son tour il enseigna l’orgue et la théorie à l’Académie royale danoise de musique à partir de 1925. Professeur en 1949-1955. Parmi ses élèves on peut relever les noms d’Hermann D. Koppel (théorie et composition), Leif Thybo (orgue) et Berhard Lewkowitch.

Il fut critique musical pour le journal de Copenhague La Capitale (Hovedstaden) en 1912. Une bourse Anckerske lui fut attribuée en 1913 et lui permit de réaliser, comme tant d’autres musiciens prometteurs avant lui, un voyage d’études en Allemagne et en Italie.

En 1908-1909 il dirigea l’Orchestre académique et fut fait chevalier dans l’ordre prestigieux du Dannebrog.

C’est lui qui incita Carl Nielsen à composer ses 29 Petits Préludes pour orgue ou harmonium, une de ses dernières œuvres. Emilius Bangert joua le premier en public la grande partition pour orgue, Commotio, peu après la mort de Carl Nielsen, lors du Festival d’orgue de Lubeck.

Il participa à plusieurs organisations musicales, fit partie du conseil d’administration des éditions DANA (1936), de la Société pour la publication de la musique danoise (1938) et devint président de la communauté des chantres et organistes pendant de nombreuses années.

Il aura stimulé la rénovation de l’orgue de la cathédrale de Roskilde (par Th. Frobenius & Co).

On ne se souvient guère des œuvres suivantes : Sonate pour violon en do mineur (1905), Quatuor à cordes en ré majeur (1906), Symphonie en do majeur (1907), une ouverture de concert Jeg Vaelger mig april (1913), Sonate pour violon en la majeur (1926). On lui doit également des chansons (1910) et des motets pour le service religieux (1929-1930).

Bangert devenu un véritable ami de Carl Nielsen a contribué à plusieurs de ses partitions (transcriptions, instrumentation, parfois composition elle-même). Il a notamment travaillé (instrumentation) sur deux œuvres : Willemoes (1908) et la Cantate pour l’exposition nationale de la ville d’Aarhus (1909).

La disparition de sa musique dans les programmations d’aujourd’hui ne doit pas faire oublier qu’il fut considéré comme un compositeur très prometteur. Ses fonctions d’organiste ont semble-t-il éteint son travail de composition.

On lui doit encore un livre sur l’orgue au Danemark de 1905 aux années 1950 et un autre consacré à Dietrich Buxtehude dont il a édité certaines œuvres pour piano.

▲ JORGEN BENTZON

Né à Copenhague le 14 février 1897 et mort à Hørsholm le 9 juillet 1951, Jørgen Bentzon fait ses études de droit tout en étudiant la composition auprès de Carl Nielsen de 1915 à 1919. Il a aussi pour maître le compositeur et organiste allemand Sigfrid Karg-Elert (1877-1933) à Leipzig (Conservatoire) où il se rend en 1920. De retour au pays en 1921, il devient magistrat à la cour suprême et se consacre principalement à la promotion de l’éducation musicale du pays.

Doué pour la musique, la peinture, les langues, il commence à jouer du violoncelle dès l’âge de sept ans et parallèlement à ses études de droit il prend des leçons d’harmonie auprès de son cousin Christy Bentzon qui assure sa formation de base.

En compagnie de son ami le compositeur Finn Høffding il se rend en France en 1927. A Paris ils rencontrent un compositeur allemand Fritz Jöde et l’année suivante ils entrent en contact avec Paul Hindemith.

Ses premières compositions datent du temps de ses études. On note par exemple deux sonates pour piano porteuses d’un style dit post-romantique. En 1915 il devient l’élève de Carl Nielsen qui exercera une profonde influence sur son style.

On dit qu’il avait l’habitude de composer lors de ses pauses déjeuner ! Si son esthétique est d’abord très nettement influencée par Carl Nielsen, plus tard, durant les années 1920, il se rend à Leipzig et change sensiblement de style, se rapprochant d’une écriture le classant parmi les premiers modernistes danois. Il écrit surtout dans un caractère polyphonique.

Il fonde, en 1931, avec son collègue Finn Høffding, une école populaire de musique (Københavns Folke-Musikskole) à Copenhague inspirée par le modèle allemand. A son intention il compose un certain nombre de musiques fort appréciées tout en demeurant très impliqué dans le fonctionnement de l’établissement pour le reste de sa vie. Il produit pour les amateurs nombre de chœurs, partitions pour petites formations de chambre et pièces orchestrales. Des œuvres plus ambitieuses apparaissent également. Citons : Concerto de chambre n° 1, Trio symphonique, Concerto de chambre n° 2, Intermezzo espressivo, créés en 1929 et 1931.

A partir de 1933, en plus de ses engagements dans le domaine musical il tient un poste d’employé de bureau à la Cour suprême du pays.

Il participe à plusieurs administrations intervenant ainsi dans la conduite de la politique musicale du Danemark. On le retrouve notamment au sein de la société musicale Foreningen « Ny Musik » entre 1924 et 1930. Il en sera le président entre 1927 et 1930.

La liste de ses compositions semble étendue. Il aborde tous les genres. Sa première composition orchestrale , une Ouverture dramatique, date de 1922.

Bien que peu connue en général, sa musique survit discrètement avec ses Six Racconti (Histoires) pour divers instruments, composés entre 1935 et 1949, tous en un seul mouvement, montrant le caractère polyphonique recherché, basé sur le tempérament de chaque instrument. Le mot Racconto est emprunté à l’italien qui signifie histoire, conte, description, dont l’aspect proche de la conversation stimule l’imagination du compositeur. Le Quintette à vent de Carl Nielsen avec ses traits polyphoniques marqués inspira aussi cette partition.
Racconto n° 1, op. 25, 1935, pour flûte, saxophone alto, basson et contrebasse. 12’30, dédié au saxophoniste germano-américain Sigurd Rascher (qui enseigna à l’Académie royale de musique de Copenhague entre 1933-1938, puis au Conservatoire de Malmö, Suède, en 1934-1938, de nombreux compositeurs écrivirent des partitions à son intention), création à la Société Det Unge Tonekunstnerselskab le 25 octobre 1935 (avec Johan Bentzon, Sigurd M. Rascher, Kjell Roikjer, Willy Bugge-Jensen). Exécuté aussi au festival ISCM de Londres en 1938. Racconto n° 2, op. 30, 1936, pour flûte, violon, alto et violoncelle. 12’30. Racconto n° 3, op. 31, 1937, pour flûte, clarinette et basson. 9’40. Racconto n° 4, op. 45, 1944, pour violon, cor anglais et piano. 11’30. Racconto n° 5, op. 46, 1945, pour flûte, hautbois, clarinette, basson et cor français. 8’30. Même effectif que pour le Quintette à vent de Nielsen de 1922. Racconto n° 6, op. 49, 1948-1949, pour 2 violons, alto et violoncelle. 9’40, dédié à .

On lui doit aussi des musiques de chambre pour des effectifs variés, dont 5 quatuors à cordes. Les deux premiers datent du début des années 1920. Le Trio pour flûte, clarinette et basson, 1924, débute les traits polyphoniques de sa musique à venir, il sera exécuté avec succès aux Journées de l’ISCM à Francfort sur le Main en 1927 ; Dialogues pour hautbois et clarinette, 1927 ; Divertimento en un mouvement, pour violon, alto et violoncelle, op. 2, printemps 1921, 10’, créé lors d’un concert d’élèves à l’Académie royale de musique de Copenhague le 3 juin 1921. Il porte l’influence de Carl Nielsen ; Sonatina, pour flûte, clarinette et basson, op. 7, 1924, 16’, 3 mouvements : Allegro, Adagio et Rondo : Allegro. Création : à la société Dansk Koncert-Forening, 25 février 1925, dédiée au Quintette à vent danois (connu comme Quintette à vent de 1921). Lors de la création trois des musiciens historiques de ce quintette jouèrent : Holger Gibert-Jespersen (flûte), Aage Oxenvad (clarinette), Knud Lassen (basson), tous travaillantt à cette époque à l’Orchestre royal danois. On les retrouve en 1927 défendant la même œuvre lors des journées de l’ISCM à Francfort. C’est l’œuvre qui consacra sa percée au plan international ; Variazioni interrotti, pour clarinette, basson, violon, alto, violoncelle, op. 12, 1925-26, 13’, dédiée à Poul Schierbeck, créée le 16 mars 1927 par Aage Oxenvald, Knud Lassen, Gerhard Rafn, Axel Jørgensen et Paulus Bache ; Intermezzo, pour violon et clarinette, op. 24, 1933-34, 6’, dédié au compositeur et pédagogue allemand Ernst-Lothar von Knorr (que Bentzon avait rencontré à Heidelberg en 1927 lors des manifestations de l’ISCM à Francfort), création le 26 octobre 1934 à la Société Det Unge Tonekunstnerselskab avec Gerhard Rafn (violon) et Aage Oxenvald (clarinette) ; Mikrofoni n° 1, pour baryton, flûte, violoncelle et piano, op. 44, 16’, 3 mouvements : Nocturne, Intermezzo, Hymn. Les quelques vers mis en musique sont probablement de Bentzon, partition dédiée à sa femme, Karen Bentzon.

Deux symphonies (n° 1, Pièces de caractère symphonique ou « Dickens », 1941, réception mitigée ; n° 2, 1947, création en 1948, considérée comme une synthèse de l’art musical de Bentzon), des partitions pour orchestre (Ouverture dramatique ; Trio symphonique, Variations pour petit orchestre, 1935-1936 ; Photomontage, 1934 ; Sinfonia seria ; Sinfonia bouffe …), un concerto pour piano…

Il existe encore des pièces chorales dont trois « fables » sur des textes de La Fontaine qui connurent un certain succès.

Un unique opéra Saturnalia, 1942-1944, créé au Théâtre royal le 15 décembre 1944 sur un livret du compositeur d’après L’Ane d’or d’Apulée de Madaure (ca. 124-ca. 180). Comptes rendus plutôt positifs après la première malgré le reproche d’un manque de dramatisme. L’opéra sombre dans l’oubli mais la suite qu’il tire de l’opéra constitue une de ses musiques les plus souvent jouées.

On relève en tout une cinquantaine d’opus.

▲ HANS BORG

Cet avocat (1873-1952) à l’abri des difficultés financières étudia la composition avec Carl Nielsen après avoir achevé ses études de Droit (1900). Il laisse Six Bagatelles pour piano forte qui furent jouées lors d’un concert de musique des élèves de Carl Nielsen le 6 mars 1907.

▲ NANCY DALBERG

Née en 1881 (6 juillet), elle est une élève du fameux chef d’orchestre norvégien Johan Svendsen (1840-1911) qui était en poste à Copenhague face à l’Orchestre du Théâtre royal de la capitale. L’influence de Carl Nielsen est également indéniable sur elle.

Elle est la fille du riche chimiste et industriel Christian A. Hansen, l’inventeur du « Osteløbe », une sorte de présure, découverte qui le rendit très riche. Il acheta « Mellerup » au sud de la Fionie en 1882, une propriété où s’installa la famille et devint Conseiller d’Etat.

Native de l’île de Fionie Nancy commence par étudier très tôt le piano mais son père s’oppose à ce qu’elle aille étudier au Conservatoire royal de Copenhague. Sa formation initiale reste donc essentiellement privée.

Agée de tout juste 20 ans (1901) elle se marie avec un officier et ingénieur (Royal Enginners), nommé Erik Dalberg (1875-1945) dont les intérêts artistiques marquent la jeune femme. Il était un habile peintre amateur et auteur de poésies également. Le couple s’établit à Copenhague et passe durant de nombreuses années ses vacances à Mellerup où la mère de Nancy, nommée Agnes Mathilde Hedemann aimait réunir autour d’elle sa famille et ses amis. Ils n’eurent pas d’enfant. Les gens aisés s’intéressaient vivement à la musique dans ce sud de la Fionie. La jeune Nancy Dalberg rencontra ainsi la compositrice Hilda Sehested alors âgée d’une vingtaine d’années dans la propriété voisine de Broholm.

Une fois mariée Nancy poursuivit ses études de piano avec Ove Christensen et donna même un concert de charité privé dans la salle Hornung & Møller en 1907. Elle joua des œuvres du répertoire classico-romantique de Mozart, Beethoven et Chopin.

Une chute la blessant au bras, elle abandonna son instrument durant plusieurs années et perdit l’espoir de devenir pianiste concertiste.

En 1909 elle entame des études de théorie musicale et de composition avec le compositeur et chef d’orchestre norvégien en poste au Théâtre royal de Copenhague Johan Svendsen. Lorsque celui-ci meurt en 1911, elle poursuit quelques temps sa formation auprès du violoniste, critique et compositeur Fini Henriques, un proche de Carl Nielsen. C’est avec ce dernier qu’elle prend des leçons à partir de 1913 et qu’elle se familiarise avec la pratique de l’instrumentation. Avec le temps elle l’aide même à instrumenter certaines de ses propres partitions lorsque le temps lui manquait pour mener ses tâches à bien. On a pu déterminer son apport dans la cantate Printemps en Fionie réalisée au cours de l’été à Mellerup. Elle participe aussi à l’orchestration de la musique d’Aladdin sous la conduite du compositeur.

Le premier concert consacré à sa musique est organisé le 8 novembre 1915 dans la petite salle du Odd Fellow Palae du centre de Copenhague. On y donna la création du Scherzo pour orchestre à cordes, op. 6, composé au cours des mois précédents. Les musiciens appartenaient à l’Orchestre royal danois et étaient dirigés par Carl Nielsen. C’est lui encore qui dirige la première publique du Capriccio pour orchestre le 14 mars 1918 et au même concert propose la création de son unique symphonie. Le public apprécia davantage le Capriccio que la Symphonie. D’ailleurs, il fut aussi dirigé par le chef Frederik Schnedler-Petersen dans les Jardins du Tivoli au cours de l’été 1919.

Elle voyage en Espagne avec Carl Nielsen et l’industriel et protecteur des arts Michaelsen en 1923.

Elle décède en 1949 (28 septembre) à l’âge de 68 ans.

Brillante pianiste, elle laisse un catalogue peu important constitué essentiellement entre 1914 et 1935. D’une manière générale sa musique montre deux sources d’influences principales : Johan Svendsen et Carl Nielsen. D’autres sources scandinaves et centro-européennes sont aussi discernables. Pour autant son langage musical bien que non novateur offre quand même de nombreux caractères personnels.

Elle est la première danoise à écrire une symphonie : Symphonie en ré mineur, 1917. Sa création souleva l’adhésion critique même si, et l’on n’en sera pas très étonné, le fait qu’elle soit une femme ne manqua pas de provoquer une touche de condescendance.

On rappellera aussi de petites partitions pour orchestre dont le Capriccio pour orchestre en si mineur en un mouvement (vers 1918, Allegro energico, 8’), le Scherzo pour orchestre à cordes, op. 6 (1914, Allegro vivo, 11’) ainsi que les
Deux Pièces orchestrales, op. 9, 1918, en réalité destinées à l’origine aux mouvements 2 et 3 de sa Symphonie en do mineur.

On en retiendra trois quatuors à cordes où elle donne le meilleur d’elle-même et quelques autres œuvres de musique de chambre.

Quatuor à cordes n° 1 en ré mineur, sans numéro d’opus, créé d’abord en privé à son domicile en décembre 1914. Elle remercia chaleureusement Carl Nielsen pour son aide dans l’organisation de cette soirée mémorable. Il joua sa partie de violon après une seule répétition. La création en public eut lieu lors d’un concert en novembre 1915. Lors de ce premier concert public de ses œuvres elle présenta donc ce quatuor mais aussi le Scherzo pour cordes, l’Andante serioso et la Fantaisie pour violoncelle et piano ainsi qu’un choix de chansons.

Quatuor à cordes n° 2 en sol mineur, op. 14, vers 1922, 25’, en quatre mouvements notés Moderato-Allegro vivo ; Allegro scherzando ; Andante con moto e cantabile ; Allegro molto e con spirito. Dédié au Quatuor Breuning-Bache qui donne la première en 1922 et l’inclut ensuite à son répertoire. On le rejoua à plusieurs reprises de son vivant à la Radio danoise mais aussi à l’étranger (Oslo, Hambourg, Prague).

Son Quatuor à cordes n° 3, op. 14,1927, dédié à Carl Nielsen, a été défendu par plusieurs formations scandinaves dont le fameux Quatuor Breuning-Bache déjà cité.

Un Quatuor n° 4 a été commencé en 1942 mais est demeuré inachevé.

La Pièce fantaisie pour violon et piano (Agitato ma marcato, 1921, 6’) fut interprétée pour la première fois par Gunna Breuning-Storm (violon) et Agnete Tobiesen lors d’un concert consacré à la musique de Dalberg le 13 janvier 1922 et sombra ensuite dans l’oubli.

Andante serioso pour violoncelle et piano (1915) ; Deux pièces fantaisie pour violon et piano, 1921, dont la seconde intitulée Scherzo grazioso, op. 8, fut publiée en 1927. Dédicacée au violoniste Emil Telmanyi, gendre de Nielsen, qui la joua souvent au domicile des Dalberg mais aussi en concerts publics ; Musique arabe du Sahara, pour hautbois, alto et tambour, 1928, est un arrangement de thèmes arabes que Nancy Dalberg avait écrit lorsqu’elle séjournait avec son mari en Afrique du Nord au cours de l’hiver 1922-1923.

On lui doit également une quarantaine de chansons, quelques duos aussi, bien défendus par des interprètes de l’importance de Anders Brems, Else Ammentorp, Ingeborg Steffensen. Elle s’appuie sur des textes de poètes contemporains comme Mads Nielsen, Thor Lange, Hans Harvig Seedorff mais aussi du 19e siècle.

Les normes sociales machistes du temps ont freiné, comme pour Hilda Sehested, la carrière de Nancy Dalberg, elle aussi protégée par une sécurité matérielle confortable et pouvant organiser des concerts de sa musique où en dépit de critiques parfois rudes l’on pouvait apprécier leur capacité de compositrices. Néanmoins pour les conventions sociales d’alors, féminité et composition, ne faisaient pas bon ménage.

▲ LUDWIG DOLLERIS

Né le 4 mai 1886 à Vejle, il fut l’élève de V. Rosenberg, K. Kromen, Carl Nielsen, A. Hammerich, Maris Kromen et O. Krause. On lui doit un écrit intitulé : Carl Nielsen : A Musical Biography, Odense, Danemark, 1949 et quelques compositions, parmi lesquelles 3 quatuors à cordes, une Valse symphonique pour piano, une Suite danoise pour voix et piano, 1944, des cycles de chansons.
SVEND GODSKE-NIELSEN

Avocat et homme de loi dans le service public (1867-1935), il officia en tant que sous-secrétaire (bureau des Archives d’Etat ; fonctionnaire au ministère des finances, 1892-1931) tout au long de sa vie. Sven Godske-Nielsen fut par ailleurs un élève (en composition entre 1893 et 1900) et un ami de Carl Nielsen qu’il fréquenta régulièrement à partir de 1892.

Il existe une intéressante correspondance avec Carl Nielsen notamment autour de la Symphonie n° 3 et d’Helios. Il rapporte dans ses mémoires (Quelques souvenirs de Carl Nielsen, 1935) qu’un soir son ami passa chez lui comme souvent et lui annonça qu’il avait posé les premières notes de sa cantate Le Sommeil.

En tant que compositeur on lui doit de la musique de chambre (dont un quatuor à cordes en 1930) et des chansons.
PAUL HELLMUTH

Paul Hellmuth (1879-1919) travaille comme organiste de l’église saint Thomas de Frederiksberg (Copenhague) tout en étant assistant du fameux Thomas Laub à l’église Holmens. Hellmuth bénéficiait d’une très bonne réputation de pédagogue comme l’ont souligné Poul Schierbeck et Carl Nielsen, ce dernier n’hésitant pas à lui adresser de nouveaux élèves. Il aurait avancé que Hellmuth était un bien meilleur pédagogue que lui-même.
Hellmuth était aussi compositeur, chef de chœur et chef d’orchestre. Cet ancien élève de Thomas Laub fut l’un des réformateurs de la chanson danoise.

Lorsqu’en 1912 Nielsen commence à élaborer ses hymnes, il n’hésite pas à le consulter à propos de l’harmonisation de ses chants.

Il eut lui-même également pour élève le fameux musicologue Knud Jeppesen.

La catalogue d’Hellmuth semble des plus modestes. Dominent sûrement des chansons de très belles factures et très maîtrisées. Il laisse aussi un quintette à vent.

▲ KNUD JEPPESEN

Personnage très en vue de la vie musicale danoise, Knud Jeppesen (Copenhague, 15 août 1892- Risskov, 14 juin 1974), compte parmi ses formateurs deux grandes personnalités, à savoir Carl Nielsen et Thomas Laub. Diplômé d’une maîtrise des arts de l’Université de Copenhague en 1918, il y étudie aussi la musicologie sous la direction d’Angul Hammerich (frère du compositeur Asger Hammerich). Il passe son examen d’organiste au Conservatoire royal de musique de Copenhague en 1916. Lorsque Hammerich se retire, personne n’a la capacité de juger ses travaux universitaire, si bien qu’il alla passer ses examens en Autriche, sous l’autorité de Guido Adler et R. Lach. Sa thèse de doctorat soutenue à l’université de Vienne (1922) s’intitule : Le style de Palestrina avec des références précises sur le traitement des dissonances. Le manuel « Contrepoint » est son ouvrage le plus connu traitant de la polyphonie vocale classique (traduit en plusieurs langues). Ses recherches réputées, centrées autour de Palestrina, ont révolutionné l’approche de ce compositeur et de la musique des 14e et 15e siècles.

Professeur à l’Académie royale de musique du Danemark (1920-1946), il devient également organiste à l’église St Stephens (1917-1932) et en 1947 à l’église Holmenskirke de Copenhague. Il devient un des dirigeants du Conservatoire.

Knud Jeppesen sera le premier professeur de musicologie de l’Université d’Aarhus en 1946. Il y aura enseigné de 1946 à 1957.

Jeppesen, bientôt considéré comme un des rares spécialistes des chefs-d’œuvre de la polyphonie de la Renaissance, est le premier à réaliser le catalogue thématique complet de l’œuvre de Palestrina en 1962. En 1949, en Italie, il découvre les dix premières messes encore inconnues de Palestrina qu’il édite six ans plus tard sous le titre La Messe di Mantova.

Il devient un proche de Carl Nielsen dans la période s’étendant de 1916 à 1931 écrivant un certain nombre d’articles importants sur le créateur danois le plus conséquent de l’époque. Nielsen l’encourage à la composition mais une exécution ratée de ses œuvres lors d’une soirée l’éloigna de la création pendant de longues années, n’y revenant qu’une quinzaine d’année, plus tard avec des compositions chorales.

Jeppesen vit en Italie après sa retraite en 1957 où la curiosité l’amène à s’intéresser à la frottola (forme poético-musicale en Italie à la fin du 15e siècle et au début du 16e) aboutissant à l’importante étude La frottola (1968-1970). Il demeure membre actif de la Société internationale de musicologie (depuis 1927) dont il sera le président de 1949 à 1952. Il en dirige la revue, Acta musicologica, entre 1931 et 1954.

Knud Jeppesen compose également, selon des traits faits de précision, de contrepoint maîtrisé et de respect des formes classiques. Sa musique porte les marques de sa formation (contrepoint), du style romantique viennois tardif dont le travail de Gustav Mahler (qu’il aborde grâce à Adler).

Son catalogue renferme des œuvres chorales, des motets, des cantates, des chansons solistes et des musiques orchestrales. Un opéra en 3 actes baptisé Rosaura, 1946, fut donné à Copenhague au Théâtre royal le 20 septembre 1950. Une de ses partitions essentielles semble n’avoir jamais été jouée : Un Te Deum danois [A Danish Te Deum/Te Deum Danicum], pour 2 chœurs, orgue et orchestre, 1942/1945, prévu pour l’inauguration de la salle de concert de la Radio danoise.

Parmi ses autres compositions, oubliées, on relève : Nordisk Festmarch, pour 3 violons, violoncelle, harmonium (ou piano), 1906 ; Staka, poème symphonique avec ténor et piano, 1911 ; Foraar, pour solistes et orchestre, 1912, texte de Johannes Jørgensen ; Quatuor à cordes en fa majeur, 1915 ; Sonate pour violon, 1919 ; Sonatine en do majeur pour piano, 1930 ; une symphonie « Sjællandsfar », 1938-1939 ; Concerto pour cor et orchestre, 1941 ; Petit Trio d’été (Lille Sommertrio) pour flûte, violoncelle et piano, 1957 ; La Primavera, Petit Trio en ré majeur pour flûte, cor et piano ; des pièces pour orgue (Praeludium et Fugue en mi bémol, 1942 ; 50 Préludes de choral, 1957, des chansons profanes).

Il offre de nombreuses contributions à l’hymnologie danoise.

Egalement à son actif, on l’a évoqué, de nombreuses publications musicologiques.

Musicologue, compositeur et historien de la musique son renom repose de nos jours principalement sur son intérêt pour et autour de la musique de Palestrina.

HERMAN KOPPEL

Né en 1908 et décédé quatre-vingt-dix ans plus tard, Herman David Koppel s’est imposé comme l’une des plus importantes personnalités du monde musical danois du 20e siècle.
Les parents juifs d’Herman D. Koppel s’installèrent au Danemark en 1907 en provenance d’un village de Pologne nommé Blaszki. Rappelons qu’à cette époque de nombreux danois partaient vivre à l’étranger (dont plusieurs frères et sœurs de Carl Nielsen par exemple) tandis que d’autres populations venaient au Danemark (souvent de pauvres juifs en provenance de l’Europe de l’Est). A la naissance de Herman David, l’aîné de la fratrie, la famille possède déjà un piano ce qui lui permet de commencer à jouer dès l’âge de cinq ans. A 17 ans il entre à l’Académie royale de musique de Copenhague. Ses tests d’admission se déroulèrent devant un comité en présence de Carl Nielsen. A partir de 1929 le jeune homme (seulement âgé de 21 ans) tisse des liens avec le plus grand compositeur vivant du pays. Ainsi va-t-il jouer pour lui tous ses opus dévolus au piano. De son côté Nielsen regardera plusieurs des premières compositions du jeune prodige. On imagine volontiers que Nielsen devint pour lui un modèle et un idéal, tant sur le plan musical que sur le plan humain. Koppel est sans doute le dernier musicien danois conséquent à avoir commencé sa carrière en lien direct avec Carl Nielsen.
Ses débuts en tant que pianiste se situent en 1930, année marquante puisque pour la première fois une de ses musiques fut aussi interprétée en public.
S’il suivit une formation en instrumentation on reconnaît qu’en matière de composition il était largement autodidacte.
Quelques mois plus tard, après que Nielsen se soit éteint en octobre 1931, l’attention de Koppel se porta davantage vers la musique moderne venue des autres pays d’Europe, notamment celle proposée par Igor Stravinsky et Béla Bartók, mais aussi par le jazz. Ainsi se positionna-t-il rapidement dans le mouvement culturel dit radical de l’entre-deux-guerres au Danemark où l’on pouvait compter des collègues comme Finn Høffding, Jørgen Bentzon et Knudåge Riisager, tous nés environ une dizaine d’années avant lui.

La curiosité de Koppel fut diverse et multiple. On le vit s’éloigner de la tradition et s’intéresser à des comédies musicales, à la musique de films, à la Gebrauchmusik (musique utilitaire selon Paul Hindemith). Il se maria avec une catholique danoise au grand dam de ses parents et gagna sa vie comme accompagnateur (par exemple du célèbre ténor danois Aksel Schiotz). La survenue du Second Conflit mondial bouscula durement son existence. L’invasion du pays par les troupes allemandes et leurs accompagnateurs nazis l’obligea à fuir en 1943 vers la Suède, neutre on le rappelle, avec sa femme et ses deux jeunes enfants. Il fallait échapper aux persécutions dont étaient victimes de nombreuses minorités en particulier les juifs. Après la guerre et son retour au pays, il aborda de nouvelles esthétiques dans le domaine instrumental et surtout vocal (influence de l’Ancien Testament). Il occupa une place de choix dans la vie musicale danoise de l’après-guerre comme professeur de piano à l’Académie de musique de Copenhague (1955-1978), comme concertiste, comme compositeur comptant dans la musique contemporaine danoise avec son style principalement néoclassique, bavard, aisé, au total d’un modernisme très modéré.
Dans la première moitié des années 1960 il proposa plusieurs pièces importantes de son catalogue parmi lesquelles on peut retenir son oratorio Moses (1964) et son Requiem (1960).

Deux de ses enfants se firent connaître dans les années 1960 : Thomas et Anders, dans le groupe de rock expérimental Savage Rose. Sa fille Therese devint pianiste et sa fille Lone une grande soprano (vraie star de l’Opéra royal danois).

Dans les années 1970 sa musique devint plus compacte, moins diluée. Il continua d’élargir son répertoire de pianiste jusque dans les années 1990, y incluant le Concerto pour piano de Schoenberg et composa jusqu’au milieu des années 1990 donnant encore des concerts deux ans avant sa mort !

Son activité de musicien dépasse largement sa notoriété de créateur. Seul son Concerto pour piano n° 3 a été joué régulièrement. Herman D. Koppel a composé énormément de musique et a bénéficié de nombreux enregistrements. Ses symphonies sont inconnues, même du public local, très rarement données en concert. Certaines seulement enregistrées pour la première fois tout récemment (1999). On compte 13 symphonies, 20 quatuors à cordes, de nombreux concertos…

Quelques indications concernant son catalogue sont fournies avec la discographie.

RUED LANGGAARD

Pour en savoir davantage sur ce compositeur (1893-1952) trop longtemps relégué dans l’ombre en dépit de partitions particulièrement novatrices pour certaines, nous renvoyons à notre étude à paraître prochainement en ligne sur Resmusica.com : Rued Langgaard. Un surdoué… fauché en plein envol !

Outre son opposition caractérisée à Carl Nielsen, il nous suffira de dire très brièvement qu’il fut pour un mois seulement, en février 1907, âgé de 12 ans, l’élève en contrepoint du maître célébré… par tant d’autres !

▲ CARL JOHAN MICHAELSEN

Ce riche industriel danois (1885-1963), un temps l’élève de Carl Nielsen (théorie musicale, 1903-1909), fit montre d’un grand sens musical. Il reçut très souvent Carl Nielsen dans sa propriété d’été de Humlebæk (Højbo). Il y travailla par exemple sur sa Symphonie n° 5 (1921) qu’il dédicaça à son ami Michaelsen qui de plus finança sa publication chez Borups Musikforlag (plus offrant que l’éditeur Wilhelm Hansen). Ce protecteur lui offrit même une voiture de type Renault ! Ils voyagèrent ensemble en Espagne (1923) en compagnie de Nancy Dalberg.
Nielsen se rendit bien des fois chez Michaelsen à Humlebæk ou encore à son domicile de Copenhague. Le seul petit film montrant Carl Nielsen a été tourné en 1926 au domicile de son bienfaiteur. Ce dernier l’incita en 1928 à écrire un futur chef-d’œuvre le Concerto pour clarinette et orchestre.

▲ IRMELIN NIELSEN

La fille aînée de Carl Nielsen et d’Anne-Marie Carl-Nielsen, Irmelin, née le 9 décembre 1891 et décédée en 1964, étudia un temps la théorie musicale auprès de son père. A l’automne 1912, elle étudia la technique rythmique de Jacques Dalcroze à Hellerau (Allemagne) puis à Genève, où l’école se transporta durant la guerre.
Son amour partagé pour Ove Scavenius, un élève de Carl Nielsen, ne résista aux circonstances de cette séparation d’autant que Nielsen ne voyait pas cette union d’un bon œil. Elle se mariera avec le docteur Eggert Møller (1893-1978), promis à une belle carrière, le 14 décembre 1919.

Il ne semble pas exister de compositions disponibles de sa main.

▲ THORVALD NIELSEN

Thorvald Nielsen (14 janvier 1891 – 26 août 1965) fait montre de belles capacités musicales dès son jeune âge et entame une belle carrière musicale. Il intègre le Conservatoire de musique de Copenhague à l’âge de seize ans (1907-1910) où il bénéficie de l’enseignement d’Anton Svendsen qu’il admirait. Il y travaille le violon et l’alto puis est engagé dans l’Orchestre de la Chapelle royale en 1914. En 1936, une pathologie neurologique du bras droit le contraint à abandonner la pratique du violon. Il forme en 1924 un fameux quatuor à cordes portant son nom avec Erling Bloch (second violon), Kassow (alto), Johan Hye-Knudsen (violoncelle), tous musiciens de la Chapelle royale. Il doit alors abandonner son poste de premier violon de sa formation. Notons qu’en 1925 Hye-Knudsen quitte le Quatuor Thorvald Nielsen pour se lancer dans une brillante carrière de chef d’orchestre. Louis Jensen le remplace. On a dit que le Quatuor avait brillamment assuré la relève du fameux Quatuor Neruda.
Thorvald Nielsen œuvre en faveur de la musique de son temps (Société de musique, 1921, avec Christian Christiansen, Svend Ch. Felumb, Knud Jeppesen, Rudolf Simonsen) parfois au grand dam des conservateurs. La Société des jeunes musiciens en prendra la relève. Thorvald Nielsen assurera les rôles suivants : enseignant à l’Académie royale de musique (1928), membre du Conseil d’administration en 1947, professeur en 1949 (jusqu’en 1961), membre du Conseil de musique de chambre à partir de 1926, président de la Société Bach, président de l’Association des professeurs de musique (1939-1949) !

Très lié à Carl Nielsen dès sa jeunesse, il était également connu pour son ouverture d’esprit, son humanité et son empathie.

Comme compositeur, il laisse notamment : Nocturne (1934) et Allegro (1936) pour petit orchestre ; Ouverture symphonique (1942), Musique de table (1945) pour cordes, cuivres et clavier ; Hominis Quaestro, pour chœur d’hommes et orchestre (1937) ; 4 Chansons (1957) ; Vignettes pour Sappho, pour clarinette et harpe (1959)…

▲ ADOLF RIIS-MAGNUSSEN

De 21 ans plus jeune que Carl Nielsen Frits Adolf Marinus Riis-Magnussen (Copenhague, 26 juin 1886 – Holbæk, 11 août 1950) s’adresse au grand et respecté pédagogue danois Orla Rosenhoff. Ce dernier avait profondément et durablement impressionné l’élève Carl Nielsen tant au plan musical qu’à celui d’une relation humaine porteuse. Nielsen ne manqua pas de lui confier par écrit, notamment lors de ses voyages d’études à l’étranger, ses impressions. Cordialité réciproque car Rosenhoff confia à Riis-Magnussen, quelques temps avant de mourir, qu’il avait été satisfait d’avoir eu pour élève celui qui occupait à présent une place bien en vue au sein de la vie musicale danoise.
En tout cas Rosenhoff accepte le jeune Adolf comme élève privé en composition et théorie. Il travaille l’orgue avec Edgar Henrichsen, le piano avec Henrik Knudsen et la musique d’église avec Thomas Laub. Voyages d’études (il reçoit une bourse Anckerke en 1924) en Allemagne, Autriche, Italie, France, Angleterre. Il travaille jusqu’à sa mort comme organiste et cantor à l’église Saint Thomas.

Il collabore avec Carl Nielsen et Thomas Laub.

Créateur de bonne qualité, non novateur ni particulièrement original, il reste sur les rails de la tradition de la romance danoise.

Il laisse surtout un certain nombre de chansons qui se rangent sous la bannière de la vraie romance. Il compose des partitions plus ambitieuses comme l’oratorio Columbus pour soliste, chœur et orchestre, 1922, sur des paroles de Johannes V. Jensen, une Suite symphonique pour orchestre (1914-1915), Andante cantabile, Menuet classique pour cordes et un Quatuor à cordes (1910-1911). Ses chansons reçoivent les numéros d’opus suivants : 1, 4, 7, 8, 10, 14, 16, 18, 20, 21 et 29. Les œuvres chorales les opus 5, 6, 11, 13, 15 et 17.

▲ OVE SCAVENIUS

Ove Scavenius représente un cas un peu particulier dans la mesure où le seul titre post-mortem qui lui revient est d’avoir courtisé une des filles de Carl Nielsen (Irmelin). Il n’eut pas l’heur de plaire au grand maître qui à tout le moins ne favorisa pas la pérennité de cette relation. Tant et si bien que l’affaire en resta là. En dépit du partage de leurs sentiments amoureux et de leur séparation physique due aux circonstances historiques ils se quittèrent définitivement.

Fils d’un propriétaire terrien il vécut chez son père (propriété de Klintholm), ne travailla pas, étant à l’abri de la nécessité. Un manque de motivation et de guidance ont contribué à le placer dans un quasi anonymat, ne laissant que quelques partitions oubliées. Quelques chansons seulement ont été publiées et interprétées.

▲ POUL SCHIERBECK

Né à Copenhague en 1888, soit vingt-trois après Carl Nielsen, il est le fils d’un médecin et grandit au sein d’une famille qui aimait et pratiquait la musique. Après ses études secondaires il commence son droit, orientation qu’il abandonne bientôt au profit de la musique avec des maîtres danois réputés comme Carl Nielsen et Thomas Laub pour la composition, Paul Hellmuth pour l’orgue et Henrik Knudsen pour le piano.
Ses débuts comme compositeur se placent au cours de l’année 1915 (il a 27 ans) et il obtient un poste d’organiste dès l’année suivante à l’église Skovshoved, poste qu’il conservera jusqu’à sa mort.

Il se marie en 1919 avec une chanteuse, Sylvia Larsen. Et, la même année il reçoit une bourse d’études Ancker qui lui permet de partir, en 1920, se perfectionner lors d’un périple qui le mène en Italie après être passé par Londres et Paris. Il retournera au Danemark en passant par la Suisse et l’Allemagne. C’est durant cette période qu’il compose son unique symphonie. Ainsi visite-t-il une Europe ravagée par la guerre.

Il est nommé professeur d’orchestration et de composition à l’Académie royale de musique de Copenhague.

Touché par un cancer, après une opération de la dernière chance à l’Institut Finsen, il meurt le 9 février 1949 et est enterré trois jours plus tard à l’église Skoshoved où il avait travaillé depuis 1916.

De tous les élèves de Carl Nielsen, Poul Schierbeck s’impose sans doute comme le plus doué et le plus personnel. Contrairement à la plupart des autres disciples du grand danois il a connu une renommée certaine quoique modérée tant de son vivant qu’après sa disparition. Schierbeck (1888-1949) sa vie durant n’a jamais minimisé son admiration sincère pour son maître. Ce dernier lui rendit un réel hommage en dirigeant sa Symphonie en création le 15 février 1922 lors d’un concert à Göteborg dont il assurait la direction de l’Orchestre symphonique régulièrement. Le critique du quotidien de la ville rapporta : « Voilà une œuvre que nous aimerions entendre de nouveau ». Julius Rabe, musicologue alors réputé, déclara : « C’est un exemple de son talent qui impose le respect et justifie que nous guettions son nom dans le futur. »

La Symphonie opus 15 fut donnée en première danoise un peu plus tard dans la même année 1922. La réception fut très bonne et on remarqua la qualité de son orchestration. Il la dirigera lui-même à Helsinki en 1923 lors d’une tournée de concerts au cours de laquelle sa femme Sylvia et lui au piano interprétèrent plusieurs de ses chansons avec un fort succès. Succès dont la presse danoise se fit l’écho.

La Symphonie fut interprétée ultérieurement à plusieurs reprises, par l’Orchestre symphonique de la Radio danoise à la salle de concert de Tivoli et par l’Orchestre symphonique de Aarhus.

La Symphonie dite n° 1 (il n’y en aura pas de seconde) d’une durée dépassant les trois-quarts d’heure se compose de 4 mouvements : 1. Allegro. Morgen ved Stranden (Matin sur la plage). 2. Lento molto. 3. Allegretto molto comodo e quasi indolente (Dolce far niente). 4. Variazioni sinfocini. Ils durent respectivement : environ 14’, 11’, 4’, 17’. Le début de la composition remonte à 1916. Il en termine le premier mouvement en 1919, année où il reçoit sa bourse d’études. Son voyage (1920) ne l’empêche pas de compléter sa partition. Pas complètement satisfait du résultat en ce qui concerne le dernier mouvement il le retravaille à Aalsgaarde (Zélande du Nord). Le point final de la symphonie est porté le 5 juin 1921.

Schierbeck précisa que sa symphonie ne reposait aucunement sur un programme musical mais qu’elle était sans doute redevable de son amour de la nature (la mer, la forêt, le soleil, le silence, le chant des oiseaux…)
« Le motif de cette symphonie est amplement dicté par mon amour de Hellebæk. »

Poul écrivit en 1938 une musique destinée à Adrienne Lecouvreur, une pièce radiophonique de Niels Hoffmeyer. La pièce avait déjà été à plusieurs reprises mise en musique. Ici le compositeur et le dramaturge favorisèrent le rôle de la musique et de l’acteur aux dépends de la participation du narrateur et certains soulignèrent la charge dramatique véhiculée par la musique elle-même.

Natten (La Nuit), pour orchestre, op. 41, 8’30, fut créée en 1938 à Göteborg sous la baguette de Tor Mann avec au piano obbligato, Sejr Volmer-Sørensen. Le titre original était Deux Valses grotesques transformé ensuite en Scène symphonique, il s’agissait d’un fragment symphonique de ballet, op. 35, créé en 1936. En 1938, il ajouta une partie de piano. Schierbeck appréciait particulièrement cette œuvre en quatre parties : Prologue, Brise du soir), La Nuit et Epilogue. Il a donné une note de programme…

On lui doit encore un Prélude ou paraphrase pour cordes, sur le fameux Le Danemark où je suis né, op. 43, 1938, 6’, une chanson populaire sur un texte de Hans-Christian Andersen, également mise en musique par d’autres compositeurs danois. Composée à l’occasion de son 50e anniversaire en 1938 lorsqu’il écrivit et publia 33 chansons. Joué pour la première fois la même année par l’Orchestre symphonique de la Radio danoise dirigé par Erik Tuxen.

Radio-Rapsodi (Rhapsodie pour la Radio), op. 49, 17’, 1939. Le leitmotiv de la composition est le cri des colporteurs parisiens : « marchands d’habits », reposant sur les notes do-ré-mi-ré. Structurée en 9 épisodes : Prologue-Morning in Paris- The Bells of St. Sulpice-On the Highroad- In Auteuil- The Army Strikes Camp-The Dream- Poison-Death. La création se déroula le 5 mars 1940 au Palais Odd Fellow de Copenhague grâce à la société de musique Dansk Koncertforening placée sous la direction d’ Emil Reesen.

Fyrtøjet (Le Briquet), conte de fées ou mélodrame d’après Hans Christian Andersen, op. 61, 1942, 20’, en 7 parties, pour récitant et orchestre, création en septembre 1942 avec Mogens Wieth (narrateur), Launy Grøndahl (direction) et l’Orchestre symphonique de la Radio danoise.

Ses premières musiques portent indéniablement la marque d’un Nielsen omniprésent dans la vie musicale danoise. Mais cette influence majeure n’empêche nullement sa personnalité de s’exprimer. Il connaît la musique française de son temps et en subit aussi manifestement la marque. On pense en particulier à Albert Roussel. Certaines de ses partitions proposent des dissonances.

Il écrit pour tous les genres et sa musique contient souvent la marque d’un tempérament lyrique non dépourvu d’humour, ce dont on prend note en particulier dans ses chansons. Ses compositions vocales portent le meilleur de son art tandis que la qualité de ses orchestrations a été largement soulignée.

Un de ses opus les plus importants est son opéra Fête galante, composé dans les années 1923-1930, sur une pièce de Max Lobedanz (qui la retravaillera pour en faire un livret d’opéra à la demande de Schierbeck). La création se déroule au Théâtre royal en septembre 1931, elle est suivie de six autres représentations au cours de cette saison 1931-1932. Le rôle principal était assuré par Sylvia Schierbeck. Le succès est considérable. L’œuvre disparaît ensuite du répertoire en dépit d’un certain nombre de coupures et modifications effectuées en accord avec le théâtre. Elle ne réapparaîtra qu’en 1960, plus de dix ans après la mort de Schierbeck. On s’accorde pour reconnaître à cette partition une intensification dramatique et psychologique redevable au travail du compositeur et dont semblait cruellement manquer le texte centré autour d’une intrigue à la cour de Louis XV.

L’Ouverture de l’opéra, op. 25, 9’, créée en 1930, reprend certes l’atmosphère rococo de l’histoire mais en rend bien davantage le caractère festif et élégant, tout en parvenant à infiltrer des traits véhiculant quelque chose de sinistre et inquiétant. L’Ouverture n’a pas totalement disparu du répertoire ; on la retrouve parfois comme pièce de concert indépendante.

Parmi ses chansons les plus remarquables, on citera le cycle Nakjælen, La Flûte chinoise et des chansons populaires comme « Le Danemark où je suis né » sur des paroles bien connues de Hans Christian Andersen.

La Flûte chinoise, op. 10, se compose de 4 poèmes de Hans Bethge consacré à la poésie classique chinoise en allemand : « Die chinesische Flöte », traduits en danois par Eugen Frank (1918). Ces textes intéressèrent fortement Gustav Mahler, Arnold Schoenberg, Anton Webern, Fartein Valen… Et bien sûr Poul Schierbeck qui en extraya quatre, dès la publication de l’ouvrage dans sa traduction danoise. Dès l’année suivante (1919) sa future épouse, Sylvia Larsen, les chanta en création, lui-même l’accompagnant au piano. Il décida de les parer d’un accompagnement orchestral qui ne fut achevé que bien plus tard, en 1938, enregistrant un accueil très favorable puisque l’on put les entendre en Scandinavie, Allemagne, Autriche et Etats-Unis. Outre Sylvia Schierbeck, elles furent aussi chantées par Povla Frisch et Birgit Nilsson. Les poèmes ont pour titre : Vårregnen (Pluie de printemps), De tre prinsesser (Les Trois princesses), Den trofaste hustru (La Femme loyale), Sang på floden (Chat sur la rivière), orchestrés respectivement en 1927, 1922, 1938, 1938.
Créations : Les Trois princesses en 1922 avec l’Orchestre symphonique de Göteborg placé sous la direction de l’excellent Ture Rangström ; Pluie de printemps de 1927 par l’Orchestre de la ville de Kiel sous la baguette de Fritz Stein et les deux derniers en 1939 à Göteborg.

Häxa, op. 48, pour soprano et orchestre (et orgue), durée : 6’, repose sur le poème Häxorna (Les Sorcières) du poète suédois E.A. Karlfelf, création à Göteborg en 1939 avec en soliste Sylvia Schierbeck et à la direction Tor Mann. L’atmosphère oscillant entre illusion et réalité repose sur les complexités de l’histoire, ses visions, ses atmosphères hautes en couleur et reçoit de la part du créateur un traitement tout à fait remarquable.

Il laisse également 17 cantates.

La dernière grande partition de Poul Schierbeck, composée en 1944-49, 27’, fut la Reine Dagmar (Dronning Dagmar/Queen Dagmar), une cantate pour récitant, trois solistes vocaux, chœur mixte et orchestre, en 10 sections, sur un texte de Mogens Lorenzen reprenant une histoire médiévale danoise. Bien que fatigué par la maladie, Schierbeck achève sa partition et l’œuvre est jouée lors d’un Concert radiophonique du jeudi, le 8 septembre 1949 sous la direction du chef et compositeur Launy Grøndahl.

De plus, il élabora quelques partitions consacrées à la musique de chambre et au piano seul (citées dans la discographie, cf. infra). Nous citerons succinctement les pièces suivantes.

Sonate pour violon et piano, op. 3, 1912, 24’ en 3 mouvements, dédiée à Carl Nielsen, création en février 1914 par Peder Møller et Henrik Knudsen. Rejouée l’année suivante et d’autres fois encore en concert et à la Radio danoise. Elle souffre d’un manque de maturité.

Deux Etudes fantastiques pour piano, op. 4, comprenant : 1. Obscurité, allegro pesante, 1914, 5’ et 2. Vent du soir, Presto assai, 2’50, 1913, données en création en novembre 1915 par Christian Møller.

Sou’wester, Sweater, and Shag. Small Maritime Sketches for piano, op. 31, 1927-1932, 8’, Impressions de la mer qu’il adorait. Se compose des 5 esquisses suivantes : 1. Rigging, 2. Choppy seas (close-hauled). Fresh, sweeping, pitching, 3. Lullaby of the ocean. In majestic calm, mysterious and mournful, 4. Wake (before the wind). Quick, monotonously murmuring. 5. Accordeon. Convivial, jaunty. Opus joué par Johanne Stockmarr en janvier 1928 pour les n° 3 et 4) et entièrement pour la première fois par Herman D. Koppel en mars 1936.

Capriccio, un quintette pour vents, op. 53, 1945, 5’, deux parties : 1. Poco sostenuto, 2. Allegro commodo (quite untroubled), création : août 1941 par le ‘Quintette à vent de 1932’, puis oublié.

Il a collaboré avec le cinéaste danois Carl Th. Dreyer pour écrire la musique de plusieurs courts métrages, mais surtout pour le long-métrage Vredens dag (The Day of Wrath/Jour de colère) en 1943.
Après la mort de Schierbeck, Dreyer rechercha de la musique pour accompagner le drame de Kaj Munk Ordet (« Le Monde »), alors la veuve du compositeur et le compositeur Emil Reesen sélectionnèrent des musiques du défunt pour satisfaire la demande de Dreyer.

La position historique et esthétique de Schierbeck entre deux périodes peu conciliables (d’un côté, Louis Glass, Alfred Toft, Fini Henriques, Carl Nielsen… et de l’autre, ses collègues nés à la fin des années 1890, tels Knudåge Riisager, Jørgen Bentzon, Ebbe Hamerik, Finn Hoffding… puis plus tard, Berhard Christensen, Sven-Erik Tarp…) explique en grande partie son grand isolement. De sa génération, on se souvient discrètement de musiciens nés à la fin des années 1880 comme Launy Grondhal, Emil Reesen, N.O. Raasted. Lui-même, tout en accueillant des influences venues de la musique française n’en fut pas moins un talentueux continuateur de la tradition musicale danoise. Sa situation intermédiaire ne pouvait sans doute que nuire à sa postérité par trop malmenée par l’histoire de la musique européenne de son époque.

Parmi ses propres élèves on citera Jørgen Jersild (1913- 2004) et Leif Kayser (1919-2001).
▲ HILDA SEHESTED

Cette élève de Carl Nielsen, plus âgée de sept ans, puisque née en 1858, décèdera à Copenhague en 1936, cinq années après son illustre maître. Etonnamment, elle aura le même professeur que lui, Orla Rosenhoff, dont on sait combien Nielsen lui était attaché. Elle aussi d’ailleurs.

Née à Broholm le 27 avril 1858 sur l’île de Fionie d’un père archéologue, Niels Frederik Bernhard Sehested (1813-1882) et d’une mère nommée Charlotte Christine Linde (1819-1894), elle grandit au sein d’une nombreuse famille (elle a treize frères et sœurs) qui aime et pratique la musique dans une ambiance décrite comme chaleureuse et très hospitalière.
A l’âge de 15 ans (1875) elle obtient l’autorisation de se rend à Copenhague pour neuf semaines afin d’étudier le piano avec le renommé C.F.E. Hornemann. Néanmoins le mécontentement de son père la contraint de rentrer à la maison.

Elle découvre la Carmen de Bizet à cette époque.

Hilda Sehested se fait remarquer par ses excellents dons de pianiste, par ses qualités de pédagogue et moins nettement par son travail de compositrice.

Plus tard dans l’optique de ses ambitions de compositeur de musique de chambre elle travaille l’alto.

Son amie d’enfance, Inger-Marie Ploug, est la fille du poète Carl Ploug et la sœur du compositeur Hother Ploug qui plus tard fréquentera Hilda comme ami et élève, et aussi Carl Nielsen.

Elle travaille donc l’orgue auprès de Hornemann à Copenhague et ensuite avec un professeur réputé Louise Aglaé Massart à Paris où elle séjourne en compagnie de sa sœur et de sa mère. Elle étudie aussi l’orgue auprès de Ludvig Birkedal-Barfod, organiste à la Marmorkirken de Copenhague et la composition avec Orla Rosenhoff. Elle commence la composition à l’âge de trente ans seulement et souhaite à cette époque postuler pour obtenir un poste d’organiste.

Lors de ses contacts quasi quotidiens avec Orla Rosehoff elle remarque et se rapproche d’un autre élève nommé Carl Nielsen. Dès lors leurs relations amicales perdureront, Hilda nourrissant une forte admiration pour le créateur s’intégrera au cercle de ses intimes. Elle apprécia précocement ses premières pièces pour piano et déclara avec prémonition : « Il se pourrait bien que ce petit homme devienne un grand petit homme ».

Elle a fréquenté Carl Nielsen et sa famille de manière assez intime. Les Nielsen semblent l’avoir beaucoup appréciée.

Lorsque la mère de Hilda décède en 1894 elle décide de vivre avec sa sœur Thyra à Copenhague. Elle se lie au directeur de musée et archéologue Henry Petersen qui meurt prématurément, un mois avant la date du mariage ! Ayant subi un violent choc, elle abandonne la musique, devient nurse et infirmière pendant un certain temps avant de prendre un poste d’organiste d’église et de revenir à la composition. La fortune familiale la dispense de travailler pour gagner sa pitance.

En 1904 elle se passionne pour la trompette et compose quelques partitions incluant cet instrument.

Lors d’une soirée (10 septembre 1911) au cours de laquelle Nielsen joue au piano des passages de sa symphonie Espansiva pour un certain nombre d’amis et relations, il inscrit dans son journal que sa musique a suscité « plus d’admiration que d’enthousiasme ». Il précise encore : « La seule personne qui m’a comprise fut mademoiselle Sehested. »

Elle ressentit chez Carl Nielsen de fortes potentialités créatrices. Beaucoup plus tard, quelques mois avant sa disparition, elle renouvela dans une lettre ses marques d’admiration pour son ami Nielsen, le comparant à « l’esprit des vieux maîtres », se souvenant de l’époque où il n’était pas encore très reconnu et où ses amis formaient une sorte de garde rapprochée afin de le protéger et de le défendre.

Au fil des années elle se rend serviable et active dans l’ombre du grand compositeur. Elle meurt en 1936 à l’âge de 78 ans.

Il semble que depuis peu de temps sa musique quitte le silence total pour une très relative lumière. Son style de caractère romantique rappelle à l’occasion celui de Schumann et est marqué par un élégant contrepoint et une délicate harmonie.

Le catalogue de Sehested comprend des chansons pour voix avec piano, des pièces pour instrument seul, pour orchestre ainsi qu’un opéra Agnete and the Merman (Agnete et le triton, 1914), jamais donné. Citons une Sonate pour pianoforte (1896), Intermezzi pour trio avec piano, une Sonate pour piano (1904), Suite pour cornet en si et clavier (1905), dédiée à Thorvald Hansen, créée à Copenhague en mars 1905 à la Société de Musique de Chambre (Kammermusik foreningen) avec la participation du dédicataire. Pour une exécution ultérieure avec orchestre la création se déroula au Théâtre royal avec la participation de Tycho Mohr (trompettiste de l’Orchestre royal) sous la direction de Peder Gram.

Et encore : Miniatures pour orchestre (1915), une Rhapsodie (1915), Quatuor en sol majeur pour cordes, Morceau pathétique pour trombone et orchestre (1923), Quatre Pièces fantaisies pour flûte et piano (1927). On lui doit aussi un Septuor utilisant les mêmes instruments que Camille Saint-Saëns. Suite avec clarinette soliste obligée ; Ballade et Ritournelle, pour cornet et piano ; Suite pour cordes, cornet et piano, Morceau pathétique pour trombone ténor et piano, Trois Pièces fantaisies (1906) pour violoncelle et piano, dédiées à Ernst Høberg (violoncelliste, musicien de chambre à la cour, 1871-1926, élève de Hugo Becker à Frankfurt, membre de l’Orchestre royal danois en 1892 puis violoncelle solo en 1899, chef d’orchestre en 1919…).

▲ HUGO SELIGMAN

Né à Middelfart le 24 juin 1877 et décédé à Copenhague le 8 juillet 1947, fils de médecin, Hugo Seligman fut critique musical et compositeur. Après l’obtention de ses diplômes musicaux à la Borderdyskole et par ailleurs en philosophie, il reçoit l’enseignement de la théorie musicale et de la composition avec Fini Henriques et Carl Nielsen.

Dans le domaine de la composition il laisse un quatuor à cordes et un certain nombre de chansons dont quelques-unes ont connu une certaine popularité. Mais sa renommée repose surtout sur son rôle de critique, notamment après qu’il eut succédé au célèbre Charles Kjerul au journal Politiken en 1919. Il donne un compte-rendu de la création de la Symphonie n°5 de Carl Nielsen dans Politiken du 12 décembre 1925.

Ses goûts le portent vers le classicisme. Il aime Mozart mais défend également la musique de Carl Nielsen. Il a publié un petit ouvrage Carl Nielsen sur son ancien professeur. Son livre Après le concert a été publié en 1949 soit deux ans après sa mort.
▲ RUDOLPH SIMONSEN

Compositeur et pianiste danois (Copenhague, 30 avril 1889- 28 mars 1947) ayant étudié sous l’autorité d’Otto Malling (solfège et théorie) et Agnès Adler (piano), puis Teresa Carreno et Anders Rachlew ; ses débuts comme pianiste ont lieu vers 1911. Avocat (1912).

Il obtient la médaille de bronze lors de la composition artistique des Jeux Olympiques 1928 avec sa Symphonie n° 2 sous-titrée « Hellas ».

Ses quatre symphonies composées successivement en 1920, 1921, 1923 et 1925 portent les titres suivants : Zion, Hellas, Roma et Danemark.

Il prend la direction de l’Académie royale de musique danoise en 1931 (il y enseigne depuis 1916) à la mort de Carl Nielsen. Il gardera cette fonction jusqu’en 1947, année de son décès.

Alors fut-il réellement un élève de Nielsen ? Pas vraiment ! Mais une sorte de disciple sans doute comme on peut s’en rendre compte à l’écoute de ses symphonies par exemple.

Très influencé par ce dernier au début de sa carrière de compositeur comme le montre ses symphonies. Il demeure résolument dans la sphère post-romantique (influence de Sibelius, Wagner, romantiques danois).

Parmi ses autres partitions, oubliées, on pourra citer : 2 Quatuor à cordes (n° 1 en do majeur, 1923 ; n° 2 en la mineur, Tagore, 1925), un Quintette avec clarinette (1929), des chansons et des chœurs. Et encore un Concerto pour piano (1915) et trois Ouvertures pour orchestre.

Il a également écrit plusieurs ouvrages consacrés à la musique.

Personnalité très connue de son vivant au Danemark, ce juif très cultivé se distingua comme pianiste, professeur, administrateur, auteur, compositeur, conférencier, homme de radio, érudit !

▲ JOHANNE STOCKMARR

Johanne Amalie Stockmarr, pianiste danoise, née le 21 avril 1869 à Copenhague, décèdera le 2 février 1944 à l’âge de 75 ans.

Elle est devenue une des pianistes les plus célèbres du Danemark exerçant son art en soliste et dans le cadre de la musique de chambre. Ses nombreux concerts avaient lieu au pays et à l’étranger. Elle sera également professeur de piano à l’Académie royale de musique.

Sa famille d’origine saxonne s’était installée au Danemark dans les années 1700. Son père était violoniste à la Chapelle royale. Elle commence par le piano (avec sa mère Anna Stockmarr) et se perfectionne auprès de Edward Helsted à l’Académie de musique (1886-1888) puis se rend à Paris (1890-1891) pour travailler auprès de A.H. Fissot. A son retour elle se perfectionne avec Franz Neruda. Ses débuts en 1899 au Théâtre Casino de la capitale danoise sont un succès. Ses formidables capacités artistiques s’imposent rapidement et elle joue comme soliste avec orchestre, en récital et en musique de chambre à Copenhague. Elle se produit à l’étranger (Scandinavie, Angleterre). Enseignante, elle forme de nombreux pianistes (à l’académie et en privé). En 1892 elle joue sous la direction de Neruda le Second Concerto pour piano de Saint-Saëns. La première à Copenhague, elle donne le Second Concerto de Tchaïkovski en 1890. Elle effectue des tournées de concerts avec son ami Frida Schytte. Autour de 1900 elle donne des concerts en Scandinavie, Angleterre, Allemagne (avec la violoniste réputée Wilhelmine Neruda).

Elle joue le Concerto pour piano en la mineur de Grieg sous sa direction au Queen’s Hall de Londres. Elle défend des compositions de Grieg à diverses occasions.

▲ MOGENS WÖLDICKE

Né à Copenhague le 5 juillet 1897 et mort dans la même ville le 20 octobre 1988, il est actif comme chef d’orchestre, chef de chœur, organiste. Connu pour la qualité de ses interprétations des musiques baroques et classiques.

Il a préalablement étudié sous la guidance de Carl Nielsen et de Thomas Laub, obtenant son diplôme final de l’Université de Copenhague en 1920. Il gagne une immense réputation comme organiste jouant à l’église de la Marine en 1924, à l’église du Palais de Christiansborg à partir de 1931 et à la cathédrale de Copenhague de 1959 à 1972.
En 1924 il est devenu directeur de l’école de chant de Copenhague et d’un chœur de garçons puis chef de chœur de la Radio danoise en 1937.

Après la fin de la guerre il dirige l’Orchestre symphonique de la Radio suédoise (en fait entre 1943 et 1945). De 1950 à 1967 il dirige régulièrement l’Orchestre symphonique de la Radio danoise. Chef invité, il se produit en Europe et en Amérique.

est le fondateur du Chœur de la Chapelle royale de Copenhague. Sa renommée fut immense, dépassant largement les frontières du petit Danemark. Chevalier de l’Ordre danois et de l’Ordre de Vasa (Suède). Membre de l’Académie royale de Stockholm. Avec son gendre Jens , spécialiste de Haydn, il édite un livre d’hymnes de l’église danoise (1954, 1973). Il compose des chorals pour orgue, publiés en 1943, 1960, 1982.

Elèves et postérité

Nielsen n’avait rien d’un maître tyrannique. De par sa nature respectueuse il préférait analyser le caractère humain et musical de ses élèves et favoriser leur progression en fonction de paramètres compatibles avec leur tempérament. Il n’appartenait aucunement à la catégorie de ceux qui imposent parce qu’ils connaissent « la » vérité.

Tous ses élèves affichaient d’authentiques qualités musicales sans toutefois accéder, au plan de la création elle-même, à un niveau de réalisation suffisant pour permettre de les inscrire dans la grande famille des compositeurs novateurs, géniaux ou exceptionnels. Leur carrière fut-elle éclipsée par la forte personnalité de leur maître ou bien eut-elle à pâtir de l’émergence de nouvelles esthétiques européennes qu’ils ne purent ni ne surent prendre en charge et dépasser ? Sans doute un peu tout cela. Ils rejoignent donc l’impressionnante cohorte des compositeurs qui de tous les temps et sous toutes les latitudes ont œuvré tout au long de leur vie pour offrir le meilleur de leur art. Leur catalogue respectif, fort honorable dans leur ensemble, semble s’enorgueillir de temps à autre de magnifiques chefs-d’œuvre. Cette remarque s’adresse surtout à des personnalités de la trempe d’Hermann Koppel et de Poul Schierbeck. Quant aux autres, seule une très modeste proportion de leurs œuvres est encore jouée ou a été enregistrée.
Nul doute qu’ils surent souvent déguster l’opportunité d’une proximité sympathique et singulière en la personne de Carl Nielsen, fût-elle responsable en partie de leur éclipse interminable !

Discographie facilement accessible

Songs by Carl Nielsen and his pupils.

Œuvres de Poul Schierbeck, Emilius Bangert, Nancy Dalberg, Ad. Riis-Magnussen, Knud Jeppesen, Jørgen Bentzon, Paul Hellmuth, Hilda Sehested.
Lars Thodberg Bertelsen (baryton), Tove Lønskov (piano). Enregistrement au Focus Studio, en décembre 1996 et mars 1997. Danacord DACOCD 472. Durée : 65’

▲ Emilius Bangert

Ψ Songs by Carl Nielsen and his pupils (cf. références supra)
= Nu ride Vårens glade Svend (Now the spring’s merry swain rides),
(Ludv. Holstein), 1916, 2)

= Luk dine Øjne (Close your eyes) (Ludvig Holsteine), op. 5 n° 1. 1910. 3’10.
= Jeg lægger mig I Læet (I lie down in the shelter), Jeppe Aakjaæ, op. 6 n° 1. 1910. 2’53

Ψ Jeg laegger mig I laet. Procantus , dir. Per Rathje. Danica DCD 8174. In Songs by Aakjaer.

▲ Jørgen Bentzon

Ψ Songs by Carl Nielsen and his pupils(cf. références supra)
= Lirekassen (Tom Kristensen), op. 38 n° 3. 1938. 1’15 (The Barrel Organ)
= Opfordring (Tom Kristensen), op. 13 n° 3.

Ψ Racconti
Racconto n° 1, op. 25, 1935, pour flûte, saxophone alto, basson et contrebasse. 12’28.
Racconto n° 2, op. 30, 1936, pour flûte, violon, alto et violoncelle. 12’30.
Racconto n° 3, op. 31, 1937, pour flûte, clarinette et basson. 9’38.
Racconto n° 4, op. 45, 1944, pour violon, cor anglais et piano. 11’30.
Racconto n° 5, op. 46, 1945, pour flûte, hautbois, clarinette, basson et cor français. 8’31.
Racconto n° 6, op. 49, 1948-1949, pour 2 violons, alto et violoncelle. 9’40.
Orchestre de chambre de Randers. E=1998. Dacapo 8.224119.

Ψ Musique de chambre.
Sonatina, op. 7, pour flûte, clarinette et basson, 1924, 16’21.
Divertimento, op. 2, pour violon, alto et violoncelle, 1921, 10’26.
Intermezzo, op. 24, pour violon et clarinette, 1933-1934, 5’59.
Mikrofoni n° 1, op.44, pour baryton, flûte, violoncelle et piano, 1939, 16’34.
Variazioni interrotti, op. 12, pour clarinette, basson, violon, alto et violoncelle, 1925-1926, 13’11.
E=1997-98-99. Lars Thodberg Bertelsen (baryton), Danish Chamber Players. Dacapo 8.224129.

Ψ Mikrofoni n° 1, pour flûte, violon, violoncelle, baryton et piano, op. 44. E= 1967. EMI-Odeon Pask 2005.

Ψ Thèmes et Variations, op. 14, pour clarinette. Jens Schou (clarinette). DMA 072.

Ψ Racconto n° 1. Scandinavian Chamber Players. 1996. Classico CLASSCD 184.

▲ Dancy Dalberg

Ψ Songs by Carl Nielsen and his pupils(cf. références supra)
= Jeg ved en Småfugl (Martin Andersen Nexø), 1924, 1’38. I know a little bird
= Under Bøgeløvet (Hans Bagge/Theodor Storm), 1924, 1’44. Under the Beech Leaves)

Ψ Capriccio pour orchestre en si mineur. Scherzo pour orchestre à cordes, op. 6. Quatuor à cordes n° 2 en sol mineur, op. 14. Fantaisie pour violon et piano.
Chansons : Luk dine øjne (Close Your Eyes), 1922, 3’52 ; Glæde (Joy), 1935, 1’40 ; Sensommer (Late Summer), 1935, 2’54 ; Svanerne (The Swans), 1935, 4’58 ; Marianne Siclairs sang (The Song of Marianne Sinclair), 1935, 2’05 ; Der sidder en munk I bure (A Monk Sits in a Bower), 1919, 4’05 ; Det suser mig for øret (A Singing in My Ears), 1935, 2’50 ; Zigeunersang (Gypsy Song), 1922, 1’28.
Orchestre philharmonique danois, dir. Frans Rasmussen. Quatuor Carl Nielsen. Lars Thodberg Bertelsen (baryton) et Frode Stengaard (piano). Søren Elbæk (violon et Morten Mogensen. Enregistrements de 1999. Dacapo 8.224138.

▲ Paul Hellmuth

Ψ Songs by Carl Nielsen and his pupils(cf. références supra)
= Se, det summer af Sol (Holger Drachmann), 1916, 1’37. (May Song)
= Sus, du Birk (Aage Berntsen), 1912, 1’04,( Rustle, O birch)
= Nu killes Skyer ad (aage Berntsen), 1912, 1’01. (Now the Clouds are Parting)

▲ Knud Jeppesen

Ψ Songs by Carl Nielsen and his pupils(cf. références supra)
= Gensyn med Danmark (Johs. V. Jensen), 1952, 1’13 (Reunion with Denmark)
= Sommervise (Ludvig Holstein), 1953, 3’08 (Song of Summer)
= Høstdrøm (Ludvig Holstein), 1953, 2’45 (Autumn Dream
= Angelus (Ludvig Holstein), 1943, 1’18 (Angelus)

Ψ Lille Trio en ré majeur (Petit trio) « La Primavera », pour flûte, cor et piano. Ingegård Øien (cor), Per Øien (flûte), Geir Henning Braaten (piano). E=1980. BIS-CD-171. In The Scandinavian Horn. Durée : 16’18 (+ œuvres de Carl Nielsen, Johan Kvandal, Sparre Olsen, Hugo Alfvén, Niels Viggo Bentzon, Peter Heise).

Ψ Fjorden, pour chœur (texte de Valdemar Rørdam). Chœur de chambre de Malmö, dir. Dan-Olof Stenlund. E=1974. BIS-CD-14. In Scandinavian Choral Music. Durée : 2’27 (+ oeuvres de Jan Håkan Åberg, Otto Olsson, Karl-Erik Svedlund, Ingvar Lidholm, Bernhard Lewkovitch, Svend S. Schultz, Knudåge Riisager, Jørgen Jersild, August Söderman).

▲ Herman D. Koppel

Herman D. Koppel a été particulièrement gâté par l’enregistrement. Nous en proposons ici seulement une sélection largement suffisante pour se faire une bonne idée de son style.

Ψ Musiques pour orchestre, vol. 1.
Symphonie n° 6, op. 63, “Sinfonia breve”, 1957, 5 mouvements, 15’ ; Symphonie n° 7, op. 70, 1960-61, 3 mouvements, 32’52 ;
Concerto pour orchestre, op. 101, 1977-78, 4 mouvements, 25’52. E= 1999. Orchestre symphonique d’Aalborg, dir. Moshe Atzmon. Dacapo 8.224135.

Ψ Musiques pour orchestre, vol. 2.
Symphonie n° 1, op. 5, 1929-30, 3 mouvements, 27’56 ;
Symphonie n° 2, op. 37, 1943, 3 mouvements, 40’43.
E=2001. Orchestre symphonique d’Aalborg, dir. Moshe Atzmon. Dacapo 8.224205.

Ψ Musiques pour orchestre, vol. 3.
Symphonie n° 3, op. 39, 1944-1945, deux mouvements, 29’12 ;
Symphonie n° 4, op. 42, 1946, 3 mouvements, 34’49
E=2000-2001. Orchestre symphonique d’Aalborg, dir. Moshe Atzmon. Dacapo 8.226016.

Ψ Musiques pour orchestre, vol. 4.
Prélude pour une symphonie, op. 105, 1981, 5’30 ;
Symphonie n° 5, op. 60, 1956, 4 mouvements, 32’10 ;
Concerto pour piano n° 3, op. 45, 1948, 3 mouvements, 33’47.
E=2000-2003. Nina Kavtaradze (piano), Orchestre symphonique d’Aalborg, dir. Moshe Atzmon. Dacapo 8.226027.

Ψ Concertos.
Concerto pour flûte et orchestre, op. 87a, 1971, 3 mouvements, 17’57 ;
Concerto pour violoncelle et orchestre, op.56, 1952, 3 mouvements, 27’17 ; Concerto pour piano et orchestre n° 2, 1936-37, 4 mouvements, 33’03.
Rune Most (flûte), Michaela Fukacova (violoncelle), Ulrich Stærk (piano), Orchestre symphonique de Odense, dir. Paul Mann. E=2004. Dacapo 8.226032.
Ψ Concerto pour violoncelle et orchestre, op. 56.
Erling Bløndal Bengtson (violoncelle), Orchestre symphonique de la Radio danoise, dir. Ole Schmidt. E= 1976. BIS-LP-78.

Ψ Quatuor avec piano, op. 114, 1988, 1 mouvement, 11’09 ;
Neuf Variations, op. 80, pour violon, violoncelle et piano, 1969, 10 sections, 9’14 ;
Quintette avec piano, op. 57, 1953, 3 mouvements, 27’50.
Arne Balk-Møller (violon), Ida Speyer Grøn (alto), Henrik Brendstrup (violoncelle), Christina Bjørkøe (piano), Johannes Søe Hansen (premier violon dans le Quintette). E=2005-2006. Dacapo 8.226003.

Ψ Herman D. Koppel. Composer and pianist.
CD1. Trois Psaumes pour ténor solo, choeur mixte, choeur de garçons et orchestre, op. 48. 1949, 3 mouvements, 27’, enregistrement du 16 mars 1978.
Peter Lindroos (ténor), Orchestre symphonique national danois, Chœur national danois, Chœur de garçons de Copenhague, dir. John Frandsen.
Cinq Chants bibliques pour ténor et piano, op. 46, 1949, 5 parties, 13’, E=1976. Kurt Westi (ténor), Herman D. Koppel (piano).
Quatre Chants d’amour sur la chanson des chansons pour soprano et piano, op. 47, 1949, 7’, 4 parties, E= 1950. Karen Heerup (soprano), Herman D. Koppel (piano).
Quatre Chants de l’Ancien Testament pour mezzo-soprano et piano, op. 49, 1949, 4 parties, 9’, E= 1969. Gurli Plesner (ms) et Herman D. Koppel (piano).
Deux Psaumes pour soprano et piano, op. 55, 1951, 6’, E= 1965. Lone Koppel et Herman D. Koppel.
Deux Chants bibliques pour soprano et piano, op. 59, 1955, 6’, E = 1965. Lone Koppel et Herman D. Koppel.
Psaume 42 pour soprano et piano, op. 68, 8’. E= 1981. Lone Koppel et Herman D. Koppel.

CD2. Trois Chants sur le Psaume 142, The Song of Songs et Psaume 100, op. 96, 1975-76, 9’. E=1981. Lone Koppel et Herman D. Koppel.
Deux Chants sur des poèmes de Johannes V. Jensen pour ténor et piano, op. 51, 1950, 7’30. E=1977. Kurt Westi et H.D. Koppel.
Six Chants sur des poèmes de Paul La Cour pour soprano et piano, op. 54, 1951, 11’. E=1963. Lone et Herman D. Koppel.
Cinq Chants sur des poèmes de Paul La Cour pour soprano et piano, op. 64, 1957, 6’. E=1963. Lone et Herman D. Koppel.
Trois Chants sur des poèmes de Nelly Sachs, op. 84, 1971, 8’. E=1981. Lone et Herman D. Koppel.
Trois Chants sur des poèmes de Tom Kristensen et Paul La Cour pour soprano et piano, op. 119, 1989, 11’. E=1990. Lone et Herman Koppel.
Trois Chants sur des poèmes de Verner von Heidenstam, Gustav Fröding et Erik Gustav Geijer, op. 121, 1990, 6’. E=1991. Björn Asker et Nikolaj Koppel.
2 CD Danacord DACOCD 567-568.

Ψ Suite pour piano, op. 21, 1934, 3 mouvements, 7’.
Herman D. Koppel (piano)
Ternio, pour violoncelle et piano, op. 53b, 1951, 3 mouvements, 12’30.
Steven Thomas (violoncelle), Herman D. Koppel (piano)
Quatuor avec piano, op. 114, 1985-86, 1 mouvement, 10’07.
Edna Michell (violon), Philipp Naegele (alto), Steven Thomas (violoncelle), Frank Glazer (piano)
Cantilena, Duo pour violon et violoncelle, op. 117, 1988, 1 mouvement, 6’04.
Edna Michell (violon), Steven Thomas (violoncelle)
E=1988. Point PCD 5082

Ψ Sonate op. 62, pour violoncelle et piano. Anders Grøn (violoncelle), Jørgen Hald Nielsen (piano). E=1987. Danica DLP 8093.

Ψ Sonate op. 62, pour violoncelle et piano. E. Blømdal Bengtsson (violoncelle) et Herman D.Koppel (piano). Louisiana 1959 LRLP 3003.

Ψ Quatuor à cordes n° 2, op. 34. KoppelKvartetten. E=1959. ODEON MOAK 12.

Ψ Quintette pour piano et quatuor à cordes, op. 57. Suite pour piano, op. 21.
15 Miniatures, op. 97a. Herman D. Koppel (piano). Den Danske Qvartet. DMA 059.

Ψ Introduction, Tema med Variationer og Epilogo, pour violoncelle solo, op. 85. E=1971. Gert von Bülow (violoncelle). DMA 045.

Ψ Variationer over en jødisk folkedans.
Københavns Kammertrio. E= 1983. Philips 074.

Ψ Concerto pour piano n° 3, op. 45.
E=1976. H. Koppel (piano), Orchestre symphonique de la Radio danoise, dir. V. Neumann.
Concerto pour hautbois et orchestre, op. 82.
E=1971. J. Hammergaard (hautbois), Orchestre symphonique de la Radio danoise, dir. Leif Segerstam. Philips DMA 039.

Ψ 6 Songs to texts by Poul La Cour. Arstiderne.
Peder Severin (ténor), Dorte Kirkeskov (piano). 1994. Marco Polo Dacapo 8.224010.

Ψ Three Pieces for Mixed Choir with Texts from the Psalms of David, op. 74.
Danish National Vocal Ensemble, dir. Søren Kinch Hansen. E=2009-2010. Dacapo 8.226051. In Hymn to the Sun (+ oeuvres de , Peter Bruun, Bo Holten, Per Nørgård, Jørgen Jersild, ).

Ψ Moses, pour voix solistes, chœur et orchestre, op. 76, E=1963-64, 59’40.
Elisabeth Meyer-Topsøe (soprano), Kirsten Dolberg –mezzo-soprano), Kurt Westi (ténor), Michael Kristensen (ténor), Pr Høyer (baryton), Christian Christiansen (basse). Chœur et Orchestre symphonique national de la Radio danoise, dir. Owain Arwel Hughes. 1996. Dacapo 8.224046.

▲ Adolf Riis-Magnussen

Ψ Songs by Carl Nielsen and his pupils(cf. références supra)
= Aaliv (Viggo Stuckenberg), op. 4 n° 1, 1918,1’54 (Stream Life)
Tre jyske Viser (Anton Berntsen),op. 16, 1925 (Three Jutland ballads) ; Mi Kuen (My wife), 1’25 ; Snak (Chat), 0’54 ; Gammel-Magrete (Old Magrete), 1’39
= Vinterlandskab (Chr. Winther), Winter Landscape, 1927, 1’16

▲ Poul Schierbeck

Ψ Songs by Carl Nielsen and his pupils(cf. références supra)
= Hafiz’ Grav (Le tombeau du poète Hafiz) (Eugen Frank/Paul Verrier), op. 13. 1921. 3’08
= Balladen om Købmand Glad og Hustru (Aage Berntsen), op. 20 n° 3. 1924. 3’29 (The Ballad of the Grocer Happy and his wife)
= Et advarende Ord til en Afholdsprædikant (Aage Berntsen), op. 20 n° 2. 1925. 1’54 (A word of warning to preachers advocating total abstinence)
= Aftensalme (Alex Garff), op. 42 n° 23. 1938. Hymn at evening). 1’19
= Det sidste Smil (Marinus Børup), op. 42, n° 28. 1938. The last smile. 1’32

Ψ Symphonie n° 1, op. 15. Radio-Rapsodi, op. 49.
Orchestre philharmonique Arthur Rubinstein, dir. Ilya Stupel. E = 1993. Danacord DACOCD 413. Durée : 46’12 + 16’45

Ψ Häxa, pour soprano et orchestre, op. 48.
Susanne Lange (soprano), Jens Kaas (orgue). 6’02
Natten (The Night), pour orchestre, op. 41.
Anne Øland (piano obbligato)
Ouverture des Fêtes galantes, pour orchestre, op. 25
La Flûte chinoise (Den kinesiske Fløjteà, pour soprano et orchestre, op. 10.
Susanne Lange (soprao).
Orchestre symphonique du Jutland du Sud, dir. Michael Schönwandt. 1987. Point PCD 5085.

Ψ Kammermusik/Chamber Music
Sonate pour violon et piano, op. 3, 1912. 3 mouvements : 1. Allegro non troppe ma molto energico, 10’42 ; 2. Largo e dolce, 6’16 ; 3. Allegretto risoluto, 6’23.
To Fantastiske Etuder, op. 4 : Mørke. Allegro pesante, 1914, 4’49 ; Natteblæst. Presto assai. 1913, 2’46.
Den Kinesiske Fløjte, op. 10, 1918.
Sydvest, Sweater og Shag, op. 31, 1927-1932 (Maritime Smaarids for Klaver) : Rigning (1’38) ; Krap sø (Bidevind) (1’34) Frisk, fygende, stampende ; Oceanets vuggesang (2’08) I Storladen ro, saelsomt og sørgmodigt ; Kølvand (fordevind) (1’28) Hurtigt, enstonigt, pludrende ; Harmonika Gemytligt, forsorent (1’00)
“I Danmark er jeg født”, op. 43 for strygeorkester 1938, 5’58 (Praeludium eller parafrase over sangen I danmark…
Capriccio, op. 53, 1941, 4’53 (Quintette à vent)

Marianne Granvig (violon) et Rosalind Bevan (piano)
Rosalind Bevan (piano)
Elsebeth Elmedal Johansen (chant) et Hanne Hokkerup (piano)
Københavns Yngre Strygere (KYS), dir.Moren Ryelund Sørensen.
Thomas Jensen (flûte), Jørgen Frederiksen (hautbois), Troels Thorstein (clarinette), Martin Gottschalck (cor), Karen Anderen (basson).
1998-1999. Classico CLASSCD 290.

Ψ Den kinesiske Fløjte (The Chinese Flute), op. 10. 12’08
Dronning Dagmar (Queen Dagmar), cantate pour récitant, solistes, choeur et orchestre. 27’32
Fyrtøjet (The Tinder-Box), op ; 61, conte de fées d’après Hans Christian Andersen.
Inger Dam-Jensen (soprano) ; Kirsten Dolberg (mezzo-soprano), Morten Frank Larsen (baryton), Johnny van Hal (ténor), Kurt Dreyer (récitant), University Choir Lill MUKO, Orchestre symphonique d’Odense, dir. Giordano Bellincampi. 1998. Dacapo 8.224104.

Ψ Complete works for solo piano.
Sonate en sol mineur, op. 5, 1913, en 3 mouvements : Allegro volubile, Lento, Allegro fuoccoso ; Sydvest, sweater og shag : maritime smårids (South west, sweater and tobacco : maritime sketches), op. 31. En partie, 1932. Suite des Esquisses maritimes ; 2 Fantaisies Etudes, op. 4, 1914 ; Intermezzo, op. 8, Andante, 1920 ; 3 Pièces op.7, 1915, comprend 1. Valses en sol majeur, Valses en fa mineur, Mazurka en do mineur ; Pièce rhapsodie, en sol majeur.
Tove Lønskov (piano). Enregistré en 1999-2000. Kontrapunkt 32310.

Ψ Songs/Chansons
I Danmark, op. 21 (1927) n° 1, 5 et 7.
Alverden går omkring, op. 42 (1938) n° 11,12, 16, 30, 31, 32 33.
Sommerklange og vintertoner, op. 6 (1918) n° 1 et 4.
Fjerne melodier, op. 1 (1912) n° 5.
Fem sange, op. 2 (1916) n° 1 à 5.
Nakjælen, op. 14 (1921) n° 1 à 10.
Henriette Bonde-Hansen (soprano) et Christen Stubbe Teglbjæg (piano). E=1995. Dacapo 8.224017.

▲ Hilda Sehested

Ψ Songs by Carl Nielsen and his pupils(cf. références supra)
= Folkevise (Johannes Jørgensen), 1912, 1’38 (Ballad)
= Elvervise (Ludvig Holstein), 1918, 3’13 (Song of the Elves)

Ψ Trois Pièces fantaisies [Caprice ; Alla romanesca ; Humoreske].
Morthen Zeuthen (violoncelle), Amalie Malling (piano). E=1996. Marco Polo Dacapo 8.224052. In Cello and Piano (+ œuvres de Asger Hamerik, Percy Grainger, Louis Glass).

Ψ Suite pour cornet ou trompette en si et piano.
Ketil Christensen (trompette) et Alice Nørregaard (piano). E=1982. Rondo RCD 8350. In Original Danish Romantic Brass Music Played by members of the Royal Danish Orchestra (+ œuvres de Thorvald Hansen, Rued Langgaard, Axel Jørgensen).

▲ Rudolf Simonsen

Ψ Symphonie n° 2.
Orchestre symphonique de la Radio danoise, dir. Launy Grøndahl. E=1954. Danacord DACOCD 370-371.

Ψ Concerto pour piano et orchestre en fa mineur.
Oleg Marshev (piano), Orchestre symphonique d’Aalborg, dir. Matthias Aeschbacher. E= 2005. Danacord DACOCD 641 (+ Bendix). In Danish Piano Concertos, vol. 4.

Ψ Quintette avec clarinette.
Quatuor à cordes n° 1
Quatuor à cordes n° 2
Quatuor Kontra, Henry Linder (clarinette). Classico CLASSCD 635

Ψ Ouverture en sol mineur.
Symphonie n° 1 Zion, Symphonie n° 2 Hellas.
Sønderjyllands Symfoniorkester, dir. Israel Yinon. E=2006. CPO 77 7229-2.

Il a beaucoup enregistré notamment des musiques baroques dans les années 1930. Il enregistre Saul, la Passion selon saint Mathieu, Messe du temps de guerre, des symphonies de Haydn, des concertos et des œuvres chorales de Nielsen.
« Chefs d’œuvres de la musique antérieure à 1750 » et l’intégrale des cantates de Dietrich Buxtehude.
On signalera son enregistrement du Concerto pour clarinette de Carl Nielsen qu’il dirige en concert le 19 mai 1954 avec le soliste Ib Eriksson à la tête de l’Orchestre symphonique de la Radio danoise. Danacord DACOCD 354.
Il a aussi joué et enregistré les Trois Motets a cappella, op. 55 ainsi que cinq des Préludes pour orgue, op. 51, de Nielsen également. Enregistrement de mars 1982 paru sous le titre Musica Sacra (avec des œuvres de Diderich Buxtehude) chez Unicorn-Kanchana DKP 9023.

Sources

Elles sont multiples, parcellaires, très incomplètes et attendent patiemment un semblant de concrétisation par le biais de l’édition de partitions et d’enregistrements en première mondiale.
Il nous a fallu picorer sans compter pour rassembler la matière suffisante pour nous permettre de présenter à très grands traits ces artistes qui, leur vie durant, ont espéré se faire connaître, se faire jouer, se faire applaudir, se faire un nom pour la postérité. Et si peu d’élus au total !
Tant mieux si le temps d’une rapide lecture il nous a été possible de rappeler tous ces artistes devenus aussi silencieux que leur musique perdue.

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