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Belle harmonie chez le Quatuor Ebène

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Paris, Auditorium du Louvre, 23-I 2012. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Divertimento en si bémol majeur K. 137 ; Félix Mendelssohn-Bartholdy (1809-1847) : Quatuor en la mineur opus 13 ; Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Quatuor n° 14 en ut dièse mineur, opus 131. Quatuor Ebène.

L’un des plus grands plaisirs que procure l’écoute du quatuor Ebène tient au fait de pouvoir goûter à cette atmosphère de franche camaraderie qui règne entre les quatre musiciens et également à l’harmonie musicale résultant de leur lien à travers une attention mutuelle. D’où certainement cette résonance particulièrement agréable qui imprègne la salle. Tout cela est une garantie de plus de la qualité de leur interprétation. Ce soir-là, cette harmonie s’est manifestée, par exemple, vers la fin de l’« intermezzo » du Quatuor de Mendelssohn, lorsqu’un large arpège descendant s’enchaîne sur les quatre instruments, du premier violon au violoncelle, comme si l’on n’entendait qu’un seul instrument.

Après le Divertimento, pour lequel Mozart s’amuse en inversant l’ordre des mouvements (Andante, Allegro di molto et Allegro assai – qui est un menuet), et où les Ebène insistent sur le côté espiègle en jouant avec le tempo (le 2e mouvement presque presto et beaucoup de contrastes entre majeur et mineur dans le finale), nos musiciens nous livrent un Mendelssohn étonnamment mature et profond, laissant en même temps libre cours à l’énergie propre à l’adolescence ; en effet, l’œuvre, un véritable chef-d’œuvre, est contemporaine de l’Octuor pour cordes et du Songe d’une nuit d’été. Cette explosion d’énergie juvénile, évidente dans les deux mouvements extrêmes, est aussi présente dans l’« Adagio » dont les artistes expriment les différents événements comme s’ils tournaient successivement des pages du journal intime du compositeur, et pour ce faire, ils n’hésitent pas à changer nettement le tempo.

La deuxième partie de la soirée est entièrement occupée par le 14e Quatuor de Beethoven. Une musique mûre et philosophique, et son interprétation est à la hauteur de la musique. Vers la fin du « Presto », les sons étouffés créent un effet très inattendu, et quel plaisir de suivre ce son étrange qui « résout » vers une sonorité riche, pleine et entière ! Quelques défauts tout de même : les deux violons ont parfois un problème de justesse lorsque la note aiguë fait suite à un grand saut d’intervalle. Après une telle profession de foi, aucune autre musique n’est nécessaire. Les quatre musiciens sont donc partis sans bis.

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Paris, Auditorium du Louvre, 23-I 2012. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Divertimento en si bémol majeur K. 137 ; Félix Mendelssohn-Bartholdy (1809-1847) : Quatuor en la mineur opus 13 ; Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Quatuor n° 14 en ut dièse mineur, opus 131. Quatuor Ebène.

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