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Rachmaninov, Chostakovitch et Bartók : musique de chambre à Pleyel

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Paris, Salle Pleyel. 30-I-2013. Serge Rachmaninov (1873-1943) : Trio élégiaque n° 1 en sol mineur ; Dimitri Chostakovitch (1906-1975) : Trio avec piano n° 2 en mi mineur, op. 67 ; Béla Bartók (1881-1945) : Quintette avec piano BB 33. Vadim Repin et Valeriy Sokolov, violon ; Julia Deyneka, alto ; Alexander Kniazev et Alexander Buzlov, violoncelle ; Denis Matsuev, piano.

La salle Pleyel était bien remplie pour un concert de musique de chambre, sans doute en raison des noms prestigieux des deux têtes d’affiche. Le programme était d’ailleurs suffisamment intéressant en lui-même, offrant trois œuvres de trois prodigieux pianistes. Si la puissance inouïe de l’opus 67 de Chostakovitch est bien connue, les deux autres pièces sont des œuvres de jeunesse, publiées à titre posthume, et plutôt rares au répertoire.

Du « petit » Trio élégiaque de Rachmaninov, on aurait pu penser que des artistes de la trempe de , et ne feraient qu’une bouchée. En fait, cela ressemble plutôt à un exercice d’échauffement, avec des sautes de tension et bien peu de réponses entre les musiciens. C’est dommage pour une pièce mineure, mais vraiment touchante.

Le second Trio de Chostakovitch profite mieux des particularités du jeu de chaque soliste. Le violoncelle d’ gémit comme un possédé, le piano de entonne un désespoir épique. Par contraste, le violon de sonne mince et vibre peu, mais le phrasé est très travaillé. La passacaille (3e mouvement) est lourdement sinistre, le dernier mouvement tout d’émotion brute. L’effet est puissamment ressenti par le public, malgré la taille de la salle. On est libre de supposer que cette interprétation aurait pu bouleverser davantage avec plus de finesse. Un moment fort, mais d’autres grands solistes sont allés plus loin.

Le Quintette de Bartók, écrit au sortir du conservatoire, se défend fort bien, comportant plus de beautés que de faiblesses. Il est très curieux d’entendre le langage du compositeur avant qu’il ne découvre le folklore hongrois au cours de ses collectes ethnographiques. A la place, il se délecte de rythmes à la mode tzigane, qui rappellent Liszt et Brahms. Les brillantes interventions du pianiste y trouvent leur raison d’être, sans toutefois rompre la balance avec un quatuor homogène et lui aussi somptueusement timbré. Un Finale capricieux et endiablé conclut cette soirée de haut niveau, bien que légèrement décevante.

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Paris, Salle Pleyel. 30-I-2013. Serge Rachmaninov (1873-1943) : Trio élégiaque n° 1 en sol mineur ; Dimitri Chostakovitch (1906-1975) : Trio avec piano n° 2 en mi mineur, op. 67 ; Béla Bartók (1881-1945) : Quintette avec piano BB 33. Vadim Repin et Valeriy Sokolov, violon ; Julia Deyneka, alto ; Alexander Kniazev et Alexander Buzlov, violoncelle ; Denis Matsuev, piano.

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