L’émancipation aboutie du symphoniste Carl Nielsen

À emporter, CD, Musique symphonique

Carl Nielsen (1865-1931) : Symphonie n° 2 « Les Quatre Tempéraments », op. 16 ; Symphonie n° 3 « Espansiva », op. 27. London Symphony Orchestra (LSO), dir. Sir Colin Davis. Lucy Hall, soprano ; Marcus Farnsworth, baryton. 1 CD LSO Live. Réf. : LSO0722, code barre : 8 22231 17222 2. Enregistrement public au Barbican Center de Londres les 4 & 6 décembre 2011 et 11 & 13 décembre 2011. Notice trilingue : anglais, français, allemand. Durée : 66’35

 

Il est temps de s’en rendre compte : il y a un phénomène  ! Tous les discours ne remplaceront jamais l’écoute de ce catalogue à la fois singulier, individuel, en permanente métamorphose et extraordinairement hétéroclite, au sens le plus noble du terme. Le récent succès critique et public d’une formation et d’un chef américain, le Philharmonique de New York et le remarquable Alan Gilbert (Dacapo, 2011) ont, sinon supplanté, du moins bousculé la suprématie de l’Orchestre symphonique de la Radio danoise et des chefs qui ont contribué à la survie de ce créateur comparable à nul autre.

L’Orchestre symphonique de Londres et Sir poursuivent leur intégrale avec ces mêmes symphonies, à savoir les n° 2 « Les Quatre Tempéraments » (1901-1902) et n° 3 « Espansiva » (1910-1911) que l’on peut considérer comme le premier sommet créateur d’un homme encore jeune, naturellement optimiste, formidablement curieux, parti à la conquête du monde musical et artistique avec pour tout bagage l’énergie et la fraîcheur portées par l’assurance d’une place pressentie, mais en rien programmée, du fait  d’une naissance anonyme et d’une formation relativement ordinaire. C’était assurément sans compter sur le « miracle » de l’opiniâtreté, de l’auto-développement (au sens psychologique de l’Ecole de Frankfort), de la propension illimitée à se renouveler à partir de ses propres annexions.

Les protagonistes de cette exécution ont manifestement accédé et adhéré à l’essence de l’esprit du d’avant le premier et destructeur conflit mondial. Ils exécutent ces deux symphonies avec une exactitude et une véracité confondantes, dépassant à notre avis la pourtant exceptionnelle expérience des concurrents cités plus haut. L’orchestre londonien s’avère moins massif, moins pesant, moins traditionnel, au sens de rangé et consensuel, que son confrère américain qui pour autant avait fort impressionné avec sa prestation et qui, au demeurant, figure tout prêt du sommet d’une riche discographie où s’impose cette lecture publique réalisée au centre Barbican de Londres à la fin de l’année 2011.Tout un monde scandinave et poétique s’ouvre à nous.

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