Loïc Mallié paraphrase Wagner à l’orgue de la Madeleine

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Loïc Mallié (1947). Onze improvisations sur des thèmes wagnériens : Andante ; Scherzando con fuoco ; Mysterioso ; Molto vivo, Tutti ; Caccia ; Prélude de choral ; Fugato ; Marche funèbre ; Humoresque ; Tristan ; Final. 1 CD Hortus 917. Code barre : 3487720009174. Enregistré en l’église de la Madeleine à Paris les 7 et 8 novembre 1998. Livret bilingue français/anglais. Durée totale 63’47 ».

 

Déjà publié en 1999, ce disque nous revient avec plaisir en cette année Wagner. Vêtu désormais d’une agréable pochette cartonnée, il nous livre quelques improvisations de haute volée, par l’un de nos plus grands maîtres du genre.
Retour de Bayreuth , quel beau titre, digne de Liszt lui même, pour évoquer des réminiscences glanées en ce lieu sacré. Ici ce qui est étonnant, c’est que nous sommes d’un bout à l’autre de ce discours, dans la plus totale évocation. Les thèmes wagnériens, certes présents, ne sont que de lointains prétextes à créer des climats, des impressions, des suggestions.

Les sonorités de l’orgue Cavaillé-Coll de l’église de la Madeleine à Paris sont là pour nous mettre dans l’ambiance de l’univers symphonique de Wagner. L’utilisation de cet orgue est sans doute l’une des plus belles que l’on puisse entendre au disque, tant les mélanges de jeux sont réalisés avec un goût parfait. Les jeux de fonds et en particulier les flûtes, célèbre sur cet instrument, sont d’une beauté incomparable, hypnotisantes dans l’improvisation n° 3 intitulée Mysterioso, et volubiles dans la n° 6 Prélude de choral. La suite nous réserve le tutti de l’orgue, impérial dans sa vaste acoustique. Il est à noter que cet enregistrement date de 1998, avant la dernière restauration qui a vu, entre autres, l’arrivée de trompettes en chamade. La masse est donc plus ronde quoi qu’encore très classique, l’orgue datant de 1846, première période de Cavaillé-Coll. Le jeu de cor anglais est le témoin de cette période de la facture, dite de transition, hérité des hautbois classiques au son vif, magnifiés par les frères Callinet. L’improvisation n° 5 Caccia, utilise ce jeu exceptionnel pour illustrer le thème du cor de Siegfried dans la tétralogie. Ce jeu disparaitra hélas par la suite, victime de l’évolution des goûts, mais se retrouve ici dans l’humoresque (improvisation n° 9).

Tout au long de ses improvisations s’appuie sur une harmonie wagnérienne, mais développe à sa manière un discours plus français, plus impressionniste, par moments proches de Debussy. On assiste là à une sorte de goûts réunis, comme le fit Couperin par le passé. Parfois les idées sont prises à rebrousse poil comme la Marche funèbre improvisée calme et extatique, à l’inverse de Wagner.

La prise de son est très belle, c’est une chance cet orgue pas toujours facile à bien capter. C’est un disque qui porte à la rêverie. On est ébloui par l’invention et l’inspiration de , l’un de nos plus grands, et la manière dont il a saisi ce qu’il y avait de plus beau dans cet orgue magique.

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