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Gil Shaham fait le show à Pleyel

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Paris. Salle Pleyel. 21-III-2013. Henri Dutilleux (né en 1916) : Symphonie n°1. Béla Bartók (1881-1945) : Converto pour violon n°2, Sz. 112. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Symphonie n°1 en ut majeur, op. 21. Gil Shaham, violon. Orchestre de Paris, direction : Paavo Järvi.

L’ nous proposait, sous la baguette de son directeur musical , un programme symphonique s’appuyant sur des piliers de la forme classique (deux symphonies, un concerto). Cependant, chacun des compositeurs a réussi à s’affranchir, à sa façon et de manière plus ou moins subtile et prononcée selon son époque, de certaines des contraintes liées à ces formes.

Dans la Symphonie n° 1 de Dutilleux sont déjà présents quelques éléments que l’on retrouvera, de manière plus développée, dans Métaboles, l’œuvre la plus emblématique du compositeur : par exemple, le traitement des vents – et en particulier des cuivres – et le marimba du dernier mouvement. Dans les deux premiers mouvements, qui s’enchaînent et qui sont les plus intenses et les plus rapides, l’interprétation de l’orchestre est d’un bon niveau. On soulignera en particulier la bonne cohésion des cordes dans le deuxième mouvement. Ces moments de tension étant souvent les passages les plus marquants chez Dutilleux, leur exécution est en effet plus facilement réussie, et c’est donc dans les deux autres mouvements, lents, lancinants, que les quelques défauts de l’orchestre apparaissent. Il manque parfois de clarté, et le langage sonore et harmonique complexe de Dutilleux n’apparaît pas de façon évidente. La direction de , énergique au départ, devient alors un peu transparente.

Suit le Concerto pour violon n°2 de Bartók, où l’on assiste à un véritable show du soliste . En effet, sa façon très expressive et énergique de jouer nous fait parfois nous demander si nous écoutons un violoniste salle Pleyel ou bien un joueur de guitare électrique à un concert de rock. De plus, ses mimiques – y compris lorsqu’il ne joue pas, regardant le chef ou les autres instrumentistes – ainsi que l’évident plaisir intense qu’il prend à jouer et à écouter les autres jouer font penser à un Harpo Marx, au cœur de l’attention de tous. Ce show ne pose pas de problème ici au niveau musical, car dans l’œuvre de Bartok, qui met particulièrement en avant le soliste, l’orchestre n’a véritablement qu’un rôle d’accompagnateur. De plus, les qualités de sont évidentes, que ce soit au niveau technique, de l’interprétation, ou du dialogue avec l’orchestre, et son énergie foisonnante correspond bien au caractère du concerto. Sa prestation est donc tout aussi impressionnante visuellement qu’à l’écoute.

Et puis enfin, l’orchestre montre une belle maîtrise de la Symphonie n°1 de Beethoven, qui n’est pas la plus novatrice, mais qui a la particularité de commencer par un Adagio en guise d’introduction. L’interprétation fut sans bavure, soutenue par une direction sans partition de Paavo Järvi bien plus précise qu’auparavant.

Tout au long du concert, les instrumentistes ont montré qu’ils prenaient beaucoup de plaisir à jouer, ainsi qu’une grande cohésion : on a ainsi pu souvent apercevoir des sourires s’échanger de pupitre à pupitre. L’ n’a pas toujours présenté des réalisations de cette qualité par le passé.

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