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Aix : Le Gustav Mahler Jugendorchester au Festival de Pâques

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Festival de Pâques. Aix en Provence. Grand Théâtre de Provence.28-03-2013. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Concerto pour piano n°4 en sol majeur ; Symphonie n°7 en la majeur. Leif Ove Andsnes, piano. Gustav Mahler Jugendorchester, direction : Herbert Blomstedt.

La 1ère édition du Festival de Pâques d’Aix en Provence accueillait jeudi soir le pour un programme très classique consacré à Beethoven. En première partie, le pianiste norvégien était le soliste vedette de la soirée sous la direction d’Herbert Blomstedt dans le plus rapsodique des concertos de Beethoven, le Quatrième.

Dès les premières mesures, les pièges de l’acoustique de la salle obligent les musiciens à quelques réglages. La transparence des premiers violons prend, en effet, le pas sur le reste. Selon où vous êtes assis, le piano couvre dans le registre piano les autres instruments ou bien semble au contraire en retrait. C’est donc en tenant compte de ce paramètre qu’il faut envisager le rapport dynamique des instruments. Andsnes a inscrit depuis peu cette œuvre majeure à son répertoire public. Il vient aussi de sortir un disque remarqué des trois premiers concertos. La fluidité du phrasé ainsi que la finesse du toucher sont comme toujours remarquables. Toutefois, son interprétation manque ici de contrastes et ne trouve pas toujours la grandeur émotionnelle attendue, surtout dans les passages lyriques extrêmes. La cadence du 1er mouvement, étonnamment légère et sautillante, en est d’ailleurs l’illustration. Or, le caractère philosophique et exalté de cette partition, reflet de la lutte prométhéenne de l’homme, mériterait une approche plus approfondie.

De même, les cordes passent à côté de la dimension mystique sous- jacente de l’Andante con Moto, d’ordinaire déchirant, avec une exécution sèche d’ensemble. Le norvégien, quant à lui, nous plonge davantage dans l’introspection en fin de mouvement. Dans le Rondo Vivace, soliste et orchestre sont à l’unisson avec plus de corps et de mordant. Les interventions inspirées du clavier font écho à l’accompagnement vif et brillant de Blomstedt pour conclure sur une note pleine de fraîcheur. Le pianiste nous offre un bis, l’Allegretto de la 22e sonate de Beethoven, parfaitement mené avec une main gauche sans faille.

Dans la 7e symphonie, le montre de belles qualités instrumentales et une pâte sonore de premier plan. Dans le Poco sostenuto – Vivace, le développement du deuxième thème introduit un climat d’allégresse mettant en lumière une homogénéité cristalline des violons ainsi qu’une présence sensible des bois. Le sublime Allegretto nous offre un vrai moment d’émotion et nous rappelle combien ce Beethoven là n’a pas d’âge. Son écriture magistrale brille avec gravité dans toute sa modernité de discours. L’architecture du Presto s’attardera principalement sur la dynamique conduit par un chef qui multiplie les gestes paternels à l’égard de ses jeunes musiciens. Pas de surprises dans le final : le bouillonnant orchestre évolue dans son jardin pour le plus grand bonheur d’un public totalement séduit.

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Festival de Pâques. Aix en Provence. Grand Théâtre de Provence.28-03-2013. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Concerto pour piano n°4 en sol majeur ; Symphonie n°7 en la majeur. Leif Ove Andsnes, piano. Gustav Mahler Jugendorchester, direction : Herbert Blomstedt.

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