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Metz : Les Arts Florissants et le Jardin de Monsieur Rameau

Concerts, La Scène, Musique d'ensemble

Metz. Arsenal. 4-IV-2013. Michel Pignolet de Monteclair (1667-1737) : extraits de Jephté ; Jean-Philippe Rameau (1683-1764) : extraits de La Guirlande, Hippolyte & Aricie, Les Fêtes d’Hébé, Dardanus, Les Indes galantes, Les Surprises de l’Amour – Les Sybarites, canons « Ah ! loin de rire » et « Réveillez-vous, dormeur » ; Antoine Dauvergne (1713-1797) : extraits de Hercule mourant, La Vénitienne ; Nicolas Racot de Grandval (1676-1753) : extraits de la cantate « Rien du tout » ; Christophe Willibald Gluck (1714-1787) : extraits de L’Ivrogne corrigé ; André Campra (1660-1744) : extraits de L’Europe galante. Avec : Daniela Skorka, soprano ; Émilie Renard et Benedetta Mazzucato, mezzo-sopranos ; Zachary Wilder, ténor ; Victor Sicard, baryton ; Cyril Costanzo, basse. Les Arts Florissants, direction : William Christie.

Cette année encore, et se sont produits avec de très jeunes chanteurs, tous lauréats de la sixième édition (2013) du Jardin des Voix. Le programme, savamment articulé de manière à enchaîner divers extraits d’ouvrages du XVIIIe siècle, permet de faire entendre des morceaux des grands opéras de Rameau, mais également quelques pièces d’ouvrages moins connus. Si la première partie, en grande partie consacrée à L’Ivrogne corrigé de Gluck, opte ouvertement pour la farce et la comédie, la deuxième permet au spectateur/auditeur de se laisser guider avec délices dans les méandres de la Carte du Tendre.

Si l’on pouvait craindre, lors des dix premières minutes, l’artifice du concert « mis en espace », conçu pour des chanteurs tous habillés en tenue de soirée, l’intelligence et la finesse de la réalisation scénique réglée par le ténor et la soprano ont très vite balayé toutes les appréhensions que l’on pouvait avoir. Tous parfaitement investis dans leurs rôles, les cinq jeunes lauréats se sont investis à fond dans une entreprise audacieuse, et finalement couronnée d’un véritable triomphe.

Des jeunes artistes réunis sur le plateau, c’est sans doute la mezzo-soprano Benedetta Mazzucato qui a le moins convaincu, en raison sans doute d’un timbre un peu sourd et d’une diction française souvent maladroite. L’Anglo-française Émilie Renard, impayable dans la cantate « Rien du tout » de Nicolas Racot de Grandval, avec cette classe et cette déjante toute britanniques, n’a eu aucun mal à la surclasser. Très au point également, la soprano israélienne Daniela Skorka et le ténor américain Zachary Wilder, tous deux parfaitement à l’aise dans la diction française et dans des tessitures souvent ingrates. Ce sont cependant les deux voix graves masculines, en raison peut-être du fait que le français est leur langue maternelle, qui ont fait la plus grande impression. Autant la basse Cyril Costanzo que le baryton Victor Sicard compteront sans doute parmi les grands interprètes de demain. À la tête d’un ensemble qui, dans ce répertoire, reste sans égal, ne cache pas le plaisir qu’il a à guider les premiers pas de la jeune génération. Merci, Bill, d’avoir su planter tant de belles fleurs dans le jardin de Rameau qui, à n’en pas douter, continuera à nous enchanter pour les décennies à venir.

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