Till Fellner et l’Orchestre National de France

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Paris. Théâtre des Champs Elysées. 04-IV-2013. György Ligeti (1923-2006) : Atmosphères, pour orchestre ; Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Concerto pour piano n° 3 ; Sergei Prokofiev (1891-1953) : Roméo et Juliette, suite. Till Fellner, piano. Orchestre National de France, direction : David Afkham

En partenariat avec la Sidaction, Radio France inaugure avec ce concert et un don de 30 000 euros, les trois jours dédiés à une cause universelle (le SIDA).

Au programme trois compositeurs aux antipodes, trois esthétiques différentes : le symphonisme classique de Beethoven, le lyrisme de Prokofiev, la fusion acoustique des masses instrumentales de Ligeti. Non seulement l’évolution de l’orchestre au fil des siècles (de la fin du XVIIIème au XXème) mais aussi la variété de la musique cultivée et dans les cas de Beethoven et Prokofiev, le caractère mémorable des thèmes principaux.

Première œuvre présentée Atmosphère avec son mélange de timbre et sa richesse de couleurs. Les 89 instruments de l’orchestre laissent entendre chacun, sa propre partie, créant un polyphonie très dense ou, pour le dire avec Ligeti, une micropolyphonie où l’individualité instrumentale se confond avec le tout. Le tissu sonore qui en dérive est le résultat d’une technique d’écriture fondée sur la répétition et la transformation qui doit créer, selon le désir de Ligeti, une nouvelle sonorité orchestrale. Cette masse instrumentale apparemment statique bouge tout le temps créant un continuum sonore qui cesse avec le souffle du trombone.

Le Concerto n° 3 pour piano et orchestre de Beethoven qui suit, est parfait dans l’agencement des différentes parties. L’orchestre n’est pas un simple accompagnateur mais le partenaire idéal de qui montre une aisance technique et une belle sensibilité. Très beaux sont ses crescendo qui naissent du rien pour atteindre un fortissimo riche en harmoniques. Le mouvement lent, le plus réussi pour sa pureté sonore et son expressivité contraste avec le caractère joyeux et la virtuosité du Rondeau. L’acmé du symphonisme est atteint par le ballet de Prokofiev héritier des grands orchestres romantiques, qui scelle une soirée où le fil conducteur est l’orchestre dans tout ses états.

Roméo et Juliette se présente sous forme d’extraits choisis, selon la tradition, par le chef d’orchestre. L’ensemble est dansant et puissant à la fois. L’exécution des Leitmotivs très efficace à montrer le caractère des différents personnages. Remarquable est le travail du cor qui se fait entendre avec ses lignes mélodiques douces et lyriques lors de la mort de Juliette.

Malgré son jeune âge, le directeur d’orchestre David Afkam possède un talent certain et assure avec élégance son rôle. Son geste est très clair et éloquent bien que parfois pas assez émouvant. Il aurait pu oser plus et se laisser emporter davantage par la force sonore de Prokofiev. L’esprit de lutte est évident, la passion aussi mais il reste encore une flamme à allumer.

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