tous les dossiers(1)

Hommage au violoniste belge Carlo Van Neste

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

HOMMAGE À CARLO VAN NESTE – ÉCOLE BELGE DU VIOLON. Charles-Auguste de Bériot (1802-1870) : Concerto pour violon n°7 en sol majeur, op. 76 ; Concerto pour violon n°2 en si mineur, op. 32 (deux mouvements). Francis de Bourguignon (1890-1961) : Concerto pour violon, op. 86. Frédéric Devreese (1929-) : Concerto pour violon. Henri-Jacques De Croes (1705-1786) : Concerto Septimo en ut mineur. Éric Feldbusch (1922-2007) : Concerto pour violon, op. 37. Henri Vieuxtemps (1820-1881) : Concerto pour violon n°2 en fa dièse mineur, op. 19. Eugène Ysaÿe (1858-1931) : Poème élégiaque pour violon et orchestre, op. 12. Raymond Chevreuille (1901-1976) : Concerto pour violon n°2, op. 56. Albert Huybrechts (1899-1938) : Sonate pour violon et piano. Fritz Kreisler (1875-1962) : Variations sur un thème de Corelli. Franz Schubert (1797-1828) : L’Abeille, op. 13 n°9 – Perpetuum Mobile. Johannes Brahms (1833-1897) : Valse en la majeur, op. 39 n°15 ; Trios à clavier n°1 en si majeur, op. 8 ; n°2 en ut majeur, op. 87 ; n°3 en ut mineur, op. 101 ; n°4 en la majeur, op. posthume. Carlo Van Neste, violon ; Éric Feldbusch, violoncelle ; Naum Sluszny, piano (Trio Reine Elisabeth de Belgique). Orchestre de Chambre de la RTB, direction : Edgar Doneux. Orchestre Symphonique de la RTB, direction : Edgar Doneux, René Defossez. Orchestre Symphonique de l’INR, direction : Franz André, Daniel Sternefeld. 1 coffret 5 CD Pavane ADW7550-54. Code barre : 5410939755028. Enregistré entre 1928 et 1977 ; lieux non précisés, probablement à Bruxelles. ADD. Notices bilingues (français, anglais) bonnes. Durée : 70’44, 54’55, 60’41, 66’27, 56’25.

 

Il est des labels qui n’ont peut-être pas les moyens des grands majors discographiques, mais dont les réalisations rivalisent avec eux en prospection et qualité, les surclassant souvent dans ces domaines. C’est le cas de l’excellente étiquette belge Pavane qui nous a toujours conquis par ses réalisations de très haut niveau, tant du point de vue artistique que de celui de la technique sonore. Toute notre chaleureuse gratitude à son producteur Bertrand de Wouters d’Oplinter qui en est l’efficace cheville ouvrière.

Lorsqu’on évoque le violon en Belgique, la figure qui vient immédiatement à l’esprit (après évidemment) est celle d’Arthur Grumiaux (1921-1986), fleuron exceptionnel de l’École Belge du violon initiée par Vieuxtemps et Ysaÿe. Si le nom du Liégeois Henri Koch (1903-1969) rappelle encore à de nombreux mélomanes d’un certain âge d’affectueux souvenirs, celui de l’Anversois (1914-1992) n’évoque sans doute plus grand-chose à des oreilles jeunes et même moins jeunes. Et pourtant, quel rôle n’a-t-il donc joué dans la vie musicale belge, et que de trésors sommeillent encore dans les archives d’Ali-Baba de la RTBF !… Aussi ce coffret vient à point nommé pour réparer un éventuel oubli qui serait une injustice.

, tout comme d’ailleurs ses collègues Lola Bobesco (1920-2003), Maurice Raskin (1906-1984), Marcel Debot (1925-2010) ou Frédéric Petronio parmi d’autres, furent tous des musiciens d’exception, défendant notamment les compositeurs belges de leur temps, en propageant leurs œuvres surtout à la radio (RTBF), mais également en concerts publics et au disque. Un coup d’œil sur le programme de ce beau coffret de 5 CDs nous révèle d’abord que les enregistrements proviennent partie de studio ou de « live » de la RTBF, partie de gravures EMI. De plus certaines captations de la RTBF ici présentes firent précisément l’objet d’éditions en microsillons EMI de 1974 dans l’un des deux remarquables albums intitulés « École Belge du Violon » : c’est le cas du Concerto Septimo en ut mineur d’Henri-Jacques De Croes, et du Concerto pour violon n°2 en fa dièse mineur op. 19 d’. De plus, nous prenons ainsi conscience de l’importance accordée par Carlo Van Neste aux compositeurs belges, puisque nous retrouvons ici des œuvres d’Henri-Jacques De Croes, Charles-Auguste de Bériot, , , et les trop peu connus , Francis de Bourguignon, , Éric Feldbusch et Frédéric Devreese. Dans cette manne de richesses, épinglons le bref mais superbe Concerto pour violon op. 86 (1947) de Francis de Bourguignon (1890-1961) qui nous permet également de retrouver l’Orchestre Symphonique de l’INR en 1957 sous la baguette intransigeante et survoltée du légendaire Franz André, un chef dont incidemment il serait urgent de rééditer toutes les magnifiques gravures accomplies pour Telefunken.

Parmi les compositeurs belges que Carlo Van Neste a défendus mais que nous ne retrouvons pas ici, il est bon de citer (1876-1954), Léon Jongen (1884-1969), (1887-1977), (1893-1974), Godfried Devreese (1893-1972), (1901-1988), René Defossez (1905-1988), Victor Legley (1915-1994)… Quel violoniste pourrait donc s’enorgueillir d’un tel palmarès ? On découvre dans ce coffret Pavane la toute première gravure de Carlo Van Neste en 1928 (il avait 14 ans !) dans des petites pages de Schubert, Brahms et Kreisler, comme on les enregistrait souvent au temps du 78 tours. Mais dès 1949, il gravait pour La Voix de son Maître, avec son partenaire pianiste Naum Sluszny (1914-1979), la rare Sonate pour violon et piano d’ (1899-1938), un geste particulièrement généreux pour l’époque.

De plus, ce digibox réédite opportunément la magnifique mais peu connue intégrale EMI de 1977 des Trios à clavier de Brahms (y compris le probablement apocryphe Trio à clavier n°4 en la majeur op. posth.) par le Trio Reine Elisabeth de Belgique, dont Carlo Van Neste était le violoniste, Éric Feldbusch le violoncelliste et Naum Sluszny le pianiste. La Reine Elisabeth de Belgique, un an avant son décès, invita le Trio Carlo Van Neste à jouer pour elle. Lorsque les trois musiciens prirent congé de la Reine, l’ensemble s’appelait « Trio Reine Elisabeth de Belgique »… Il est vrai que Carlo Van Neste, qui visait constamment la « juste mesure entre le contrôle de l’œuvre et son émotion », eut des professeurs d’exception : Eugène Ysaÿe, Jacques Thibaud et Georges Enesco. Du premier qui devait rappeler bien des souvenirs à la Reine, il eut ce compliment : « Cet enfant merveilleux fera grand honneur à notre école » ; de l’illustre violoniste-compositeur roumain, il reçut cet éloge : « Un jeu captivant à la mise au point et à la musicalité parfaites, au style impeccable ». Sans commentaire…

Maintenant peut-on espérer de Pavane un coffret équivalent consacré à Henri Koch, Maurice Raskin et Marcel Debot ? …

Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.