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Le Twin Paradox conceptuel de Mathilde Monnier

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Théâtre de la Ville. 9/IV/13. Mathilde Monnier : Twin Paradox. Chorégraphie : Mathilde Monnier. Musique : Luc Ferrari. Scénographie, assistante artistique : Annie Tolleter. Lumières : Eric Wurtz. Réalisation sonore : Olivier Renouf. Costumes : Laurence Alquier. Avec Cédric Andrieux, Marion Ballester, Julia Cima, Sonia Darbois, Sylvain Cassou, Jung-ae Kim, Thibault Lac, I-Fang Lin, Felix Mathias Ott, Jonatha Pranias.

Radical et conceptuel, le travail de suscite toujours autant l’intérêt qu’à ses débuts.

Installée au Centre Chorégraphique National de Montpellier en 1994, la chorégraphe n’a jamais cédé à la facilité, interrogeant inlassablement avec ses danseurs l’espace et le mouvement. C’est encore le cas avec « Twin Paradox », créé à Montpellier Danse 2012, une pièce pour dix danseurs sur une musique de Luc Ferrari.

Sur un sol de clayettes industrielles orange vif, tel qu’on en voit dans les usines, cinq duos forment des entités inséparables, jumelées comme des paires de chromosomes. Prenant prétexte des marathons de danse, qui ont formé la trame de fond du film « On achève bien les chevaux », la chorégraphe décompose le mouvement à deux sans jamais détacher les interprètes. Par les mains, les coudes, le ventre, les jambes ou les épaules, ils sont comme collés ensemble. Poids et lenteur, vitesse et légèreté, quelle que soit l’expérience tentée par les corps, le lien est toujours intensément présent.

La bande son, mêlée de bruits naturels (oiseaux, insectes, bruissement du vent dans les feuilles) et industriels (moteurs, machines), de voix et d’instruments relaie, comme l’indique le programme, « la rumeur du monde » tout au long du spectacle. « Où est-ce qu’on est ? » dit une voix à un moment. « Je vais changer de place » poursuit-elle à l’approche d’une fanfare.

Une première pause, pendant laquelle les danseurs changent littéralement de peau, passant d’un jersey tatoué à un imprimé camouflage, forme une rupture bienvenue, laissant s’échapper une nuée de particules orange. Enfin détachés, les danseurs libèrent l’énergie accumulée en s’appariant dans la deuxième partie en d’autres couples ou duos. De nouveau, la nuée orange marque un second précipité, laissant aux danseurs le loisir de revêtir de nouveaux atours plus rock. Cette troisième partie, défaite, épuisée, est indéniablement la plus belle.

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Théâtre de la Ville. 9/IV/13. Mathilde Monnier : Twin Paradox. Chorégraphie : Mathilde Monnier. Musique : Luc Ferrari. Scénographie, assistante artistique : Annie Tolleter. Lumières : Eric Wurtz. Réalisation sonore : Olivier Renouf. Costumes : Laurence Alquier. Avec Cédric Andrieux, Marion Ballester, Julia Cima, Sonia Darbois, Sylvain Cassou, Jung-ae Kim, Thibault Lac, I-Fang Lin, Felix Mathias Ott, Jonatha Pranias.

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