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Light : le répertoire béjartien côté kitsch

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Théâtre national de Chaillot. 6/VI/13. Béjart Ballet Lausanne : Light. Chorégraphie : Maurice Béjart (1981). Musiques : Antonio Vivaldi, The Residents, Tuxedomoon. Costumes : Henri Davila, d’après les maquettes de Nuno Côrte-Real. Lumières : Dominique Roman. Avec Kateryna Shalkina (Light), Elisabet Ros (La femme), Lisa Cano (Venezia), Julien Favreau (Poverello), Gabriel Arenas Ruiz (Le Marquis), Oscar Chacon (Le prêtre roux), Marco Merenda (Giraluce) et les danseurs du Béjart Ballet Lausanne.

Grand succès du Béjart des années 80, Light n’avait jamais été remonté depuis. , directeur artistique du , ressuscite avec faste cette pièce un peu kitsch, conçue par le chorégraphe comme un pont entre San Francisco et Venise. Une occasion pour les solistes de la compagnie d’exposer leur talent dans de splendides solos et duos aux lignes très pures.

Pour évoquer Venise, ses palais, son Grand Canal et son prêtre roux, Béjart choisit la musique d’, en particulier sa musique religieuse, dans une interprétation enregristrée qui sonne aujourd’hui épouvantablement datée. On ne joue plus aujourd’hui Vivaldi comme le Rondo Veneziano ! San Francisco est incarné par la figure d’une pionnière, Elisabet Ros, qui donne naissance à un enfant lumière, Light. L’argument – une apparition de Saint-François d’Assise à cette pionnière américaine – est aussi alambiqué que les apparitions successives d’un marquis, de personnages de la comedia dell’arte, du prêtre roux Vivaldi ou de Saint-François lui-même. Les toiles peintes de Nuno Côrte-Real, pâles copies des peintures de Canaletto ou de Guardi, ajoutent une dimension carton-pâte à cette vision carnavalesque de la Sérénissime.

Mais, abstraction faite de cette vision onirique et un peu ridicule de la Cité des Doges, qui a plutôt mal vieillie, Light offre de magnifiques moments de danse. Le corps de ballet, en particulier masculin, illumine de toutes sortes de couleurs les parties collectives. Du côté des solistes, si Elisabet Ros danse le rôle d’une mère un peu maniérée, la blonde et longiligne (Light) est d’une finesse exceptionnelle ! Dès son apparition, qui marque le début de la seconde partie du ballet, elle illumine littéralement le spectacle. Du côté des danseurs masculins, Julien Favreau est formidablement ascétique en François, le Poverello d’Assise, Gabriel Arenas Ruiz impressionnant en marquis. Tous portent la marque de qualité de cette compagnie de très grands danseurs, au service d’un répertoire béjartien d’inégale valeur, mais toujours d’un grand intérêt.

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Théâtre national de Chaillot. 6/VI/13. Béjart Ballet Lausanne : Light. Chorégraphie : Maurice Béjart (1981). Musiques : Antonio Vivaldi, The Residents, Tuxedomoon. Costumes : Henri Davila, d’après les maquettes de Nuno Côrte-Real. Lumières : Dominique Roman. Avec Kateryna Shalkina (Light), Elisabet Ros (La femme), Lisa Cano (Venezia), Julien Favreau (Poverello), Gabriel Arenas Ruiz (Le Marquis), Oscar Chacon (Le prêtre roux), Marco Merenda (Giraluce) et les danseurs du Béjart Ballet Lausanne.

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