L’art du violoncelle contemporain exploré par Eric Tanguy

À emporter, CD, Musique symphonique

Eric Tanguy (né en 1968) : In Terra Pace, pour violoncelle et orchestre ; Evocations, pour violoncelle et piano ; Invocation, pour violoncelle et piano ; Quattro Intermezzi, pour piano seul ; Poème, pour piano solo. Anne Gastinel, violoncelle ; Orchestre Philharmonique de Radio France, dir. Michel Plasson ; Claire Désert, piano ; Igor Levit, piano. 1 CD Transat Live. Réf. : TR172, code barre : 3 760036 921720. Enregistrements réalisés en juin 2007 (salle Pleyel) et juillet 2010 (Théâtre de Reims). Notice bilingue : français et anglais. Durée : 78’19

 

Ceux qui connaissent le compositeur Eric Tanguy savent son attachement au violoncelle. En témoignent plusieurs partitions phares de son catalogue et de CD regroupant fort opportunément divers enregistrements majeurs réalisés entre 2007 et 2010. Rappelons, cela s’impose, que Tanguy, originaire de Caen, a étudié la composition auprès de Horatio Radulescu (1985-1988) puis au Conservatoire de Paris avec Ivo Malec et Gérard Grisey avant de devenir pensionnaire à Rome (1993-1994). Compositeur en résidence en Champagne-Ardenne (1995) et à Lille (1996) , il rend compte lui-même de son parcours depuis la sphère spectrale (Grisey) vers une « nouvelle complexité » (Brian Ferneyhough et James Dillon) avant de se situer en guise de synthèse « à la frontière du spectralisme et du post-sérialisme ». Ces vocables ou définitions, pour justes qu’elles soient, ne sont pas indispensables et l’écoute décomplexée de sa musique suffit amplement à en apprécier toutes les beautés, les subtilités et les particularités.

, dont on connait les immenses qualités, défend talentueusement In Terra Pace, œuvre de 2007, exigeant aussi un orchestre (ici le Philharmonique de Radio France) et un chef, en la personne du polyvalent et grand défenseur des répertoires français en général plutôt ancrés dans les siècles précédents, en la personne de . Cette œuvre nous semble caractéristique de l’art d’Eric Tanguy surtout si l’on se souvient que cet opus composé à la demande de Mstislav Rostropovitch n’est autre que son Troisième Concerto pour violoncelle. Dans cette composition, Tanguy noue de complexes relations entre le soliste et l’orchestre ; le premier, volontiers porté sur des pages lyriques, s’engage bientôt dans une participation plus agitée où il affronte la phalange orchestrale assurant divers tutti en quête dont ne sait trop quelle est la destination finale. Evocations et Invocation, pour violoncelle et piano, traduisent la curiosité d’Eric Tanguy et ses intéressantes recherches afin de faire chanter le violoncelle autrement. Cette ambition n’habite guère les deux pièces pour piano plutôt décevantes car uniformes et insuffisamment abouties.

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