Hommage à Nagano avec Bruckner

À emporter, CD, Musique symphonique

Anton Bruckner (1824-1896) : Symphonie n°4 en mi bémol majeur WAB 104 « Romantique » (version originale de 1874) ; Symphonie n°7 en mi majeur WAB 107 ; Symphonie n°8 en ut mineur WAB 108 (version originale de 1887). Orchestre de l’Opéra d’État de Bavière, direction : Kent Nagano. 1 coffret de 4 CD Farao Classics. Enregistré entre 2006 et 2009. Référence : B 108074 ou 2 CD (Symphonie n°8 uniquement). Notice de présentation en anglais et allemand. Durée 240’92 ou 99,25 (Symphonie n°8)

 

Ces publications se veulent un hommage au mandat de à la tête de l’Opéra de Munich (2006-2013), ici dans la formation de l’Orchestre de l’Opéra d’État de Bavière. Le choix s’est porté sur des symphonies de Bruckner enregistrées au long du parcours du chef à la tête de ses forces bavaroises.  Cela représente un beau défi pour le chef américain, souvent réduit à un musicien froid et distancé qui se cache derrière une précision chirurgicale. Le défi est même doublement important car Munich est certainement la ville la plus bruckérienne de la planète. En effet,  tous les orchestres munichois et les chefs passés par la cité allemande ont marqué la discographie des symphonies du compositeur : Löwe, Kabasta, Sawallisch, Jochum, Celibidache, Thielemann, Maazel.

Le label Farao voit les choses en grand : une Symphonie n°8 captée en 2009 est éditée sur deux disques et un coffret reprend cette symphonie complétée par des interprétations des Symphonies n°4 et n°7 précédemment publiées chez Sony. A l’occasion de la parution de cette Symphonie n°4, en 2009, nous ResMusica notait déjà les qualités du Bruckner de Nagano : «  pas de métaphysique façon Jochum ou de lenteur à la Celibidache, mais un Bruckner sain, allant et équilibré. L’Orchestre possède cette musique dans les gènes avec des dynamiques et des teintes parfaites ». Au fil de ces trois symphonies, la cohérence de la vision du chef est en effet remarquable et Nagano parvient à imposer un Bruckner à la fois frais et allant. Le musicien travaille une masse orchestrale à la respiration saine et au geste naturel. La maîtrise technique de Nagano lui permet de faire surgir, ça-et-là, des inflexions du discours et des détails orchestraux.

Pour la Symphonie n°8, Nagano a opté pour la version originale de 1887. La tâche est redoutable car le matériau orchestral est très brut et il faut un solide bras allié à une puissante vision pour transcender cette édition. Nagano réussit la quadrature du cercle à la tête d’un orchestre techniquement et plastiquement magistral. Les dosages instrumentaux sont superbes à commencer par un mouvement lent à la magie certaine ; quant aux tuttis ils n’explosent jamais brutalement mais suivent la logique coulante du chef.

Nagano avait déjà fait un sort à l’édition originale de la Symphonie n°4, il récidive en rendant caduque tous les concurrents dans la Symphonie n°8 ou aucun orchestre ne peut rivaliser avec celui de l’Opéra de Bavière. Dans la Symphonie n°7, la discographie est très soutenue, mais la lecture de Nagano est incontestablement la plus belle des années 2000-2010.

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