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Essor incontestable de Annecy Classic Festival

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Annecy Classic Festival est un exemple de réussite. En seulement quatre éditions, il a acquis une notoriété internationale incontestée, avec des invités de marque (l’Orchestre de Saint-Pétersbourg et son chef Yuri Temirkanov, Gidon Kremer, Nelson Freire…) tout en laissant une place de choix à de jeunes musiciens, avec les séries « Talents prometteurs » au Château-Musée à l’heure du déjeuner.

Triple concerto Annecy ® Yannick PerrinLe 20 août, pour l’ouverture du Festival, à l’Eglise Sainte Bernadette au bord du lac d’Annecy, l’ interprète Wagner, Chopin et Ravel sous la baguette de . Prélude et Mort d’Isolde pour commencer, ample à souhait mais il faut un peu de temps pour s’habituer à l’acoustique de la salle, qui ne permet pas un équilibre optimal entre les cordes et les harmonies. Puis vient le Deuxième Concerto pour piano de Chopin, avec  au piano. Comme à l’accoutumée – et c’est bien sa marque de fabrique – la jeune pianiste géorgienne prend beaucoup de liberté dans son exécution, notamment sur le plan du tempo (surtout dans le finale très rapide), ce qui crée quelques décalages avec l’orchestre. Elle semble faire toute confiance à sa technique, laissant libre cours à son intuition de l’instant, sans trop se préoccuper de la structure globale de l’œuvre. Ou bien, essaie-elle de casser l’image de Chopin par ce parti pris ? L’orchestre, très présent par rapport au piano, a certainement influencé le jeu de la pianiste qui tentait probablement de s’imposer dans ce « concerto », qui n’est en définitive qu’une grande sonate avec agrément orchestral ! Après l’entracte, honneur à Ravel avec Pavane pour une infante défunte et le fameux Boléro où la performance des cuivres laisse à désirer.

Le lendemain le mercredi 21, toujours à l’Eglise Sainte Bernadette, c’est la soirée Beethoven : L’Ouverture de Coriolan, le Triple Concerto et la Septième Symphonie. Très dynamique tout au long du concert, offre son meilleur savoir-faire orchestral et la fusion entre les musiciens et le chef est plus qu’heureuse. Dans le Triple Concerto, Katia Buniatishvili nous livre une autre facette, cadrée et rigoureuse. La complicité de au violon et d’ au violoncelle joue certainement beaucoup ; les solistes proposent une version débordante à la fois de fraîcheur et d’énergie, jouant à fond leur rôle et créant ainsi un impressionnant effet de catalyseur d’enthousiasme. C’est à cette véritable communion entre la scène et la salle que le public applaudit généreusement.

Le 22 août à midi, lKana Okada 2 -® Yannick Perrina première d’une des nouveautés de cette édition : le concert des talents prometteurs. C’est la pianiste japonaise , élève de Franck Braley, qui inaugure la série, avec les Scènes d’enfants de Schumann, Après une lecture de Dante de Liszt et Carmen Variation de Bizet-Horowitz. Le public qui remplit la grande salle du Château des Ducs de Savoie découvre un grand talent : lauréate du Concours International Piano Campus en février dernier, demi-finaliste au dernier Concours Reine Elisabeth, est animée d’une rare expression poétique (Schumann), ce qui ne l’empêche pas de faire preuve par ailleurs de sens dramatique (Liszt) et de virilité (Bizet-Horowitz).

Le soir, dans le programme Mozart intitulé « Eloge de la Pureté », nous fait les témoins de sa métamorphose : très à l’aise sur scène, techniquement plus mature que jamais, d’une voix éclaircie et ayant gagné en pureté, elle exprime des pensées intimes (« Deh vieni mon tardar » Les Noces de Figaro ; « Non mi dir », Don Giovanni) ou des souffrances (« Nel grave tormento », Mitridate re di Ponto, « Frai pensier piu Funesti », Lucio Silla). Sous la direction de , la version de chambre de l’ accompagne la cantatrice en faisant ressortir le meilleur de celle-ci, tandis que la Symphonie n° 40 n’est sans doute pas ce que les musiciens pouvaient offrir de mieux.

Mentionnons une autre nouveauté, Annecy Campus Orchestra, qui rassemble de jeunes étudiants russes et français pour une formation professionnelle, en partenariat avec l’orchestre des « Etoiles du Lac Baïkal » et la ville d’Irkoutsk. Une raison de plus pour aimer ce Festival, qui investit pour les talents de demain.

Photos : © Yannick Perrin

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Annecy Classic Festival est un exemple de réussite. En seulement quatre éditions, il a acquis une notoriété internationale incontestée, avec des invités de marque (l’Orchestre de Saint-Pétersbourg et son chef Yuri Temirkanov, Gidon Kremer, Nelson Freire…) tout en laissant une place de choix à de jeunes musiciens, avec les séries « Talents prometteurs » au Château-Musée à l’heure du déjeuner.

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